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5 comics pour découvrir Jordie Bellaire

Jordie Bellaire est certainement la coloriste la plus talentueuse du moment. On n'a rarement manqué d'éloges à son encontre lors de nos diverses critiques. C'est à l'occasion de la sortie de sa première série en tant que scénariste, Redlands, que nous vous proposons de découvrir son travail avec 5 titres représentatifs.

Journey into Mystery #646 - 655

Marvel Comics • Par Kathryn Immonen, Valerio Schiti & Jordie Bellaire • 2013
Le grand public a certainement découvert Jordie Bellaire sur cette série consacrée à Lady Sif - même si le titre fut arrêté assez rapidement faute de ventes. La coloriste accompagne un dessinateur très talentueux et dynamique. Ensemble, il y a une alchimie qui se crée. Les dessins de Schiti sont plutôt simples, travaillant beaucoup les contours et les poses alors que la couleur apporte la profondeur, les lignes de mouvements et les textures rendant l'ensemble vraiment magnifique. Même si Schiti travaillera plus tard avec de talentueux coloristes, ces pages restent à ce jour ce que je préfère de l'artiste et c'est grâce au travail de Bellaire.

The Manhattan Projects

Image Comics • Par Jonathan Hickman, Nick Pitarra & Jordie Bellaire • Depuis 2012
Dans cette série (complètement folle), Jordie Bellaire a une toute autre approche. Tout d'abord, elle doit composer avec ce que son prédécesseur avait installé sur les 2 premiers épisodes : des flash-backs avec des aplats de rouge et de bleu. Mais, elle va vite apporter quelque chose de plus à la série. Tout d'abord, elle remet en valeur le trait du dessinateur, Pitarra, qui était plutôt bouffé par la couleur avant son arrivée. Ensuite, elle va jouer avec des contrastes prononcés accentuant certains effets désirés par le scénario ou le contexte. Par exemple, elle n'utilise pas la même palette de couleur sur des aliens qui débarquent sur Terre que sur les terriens et les décors. Chaque espèce a donc sa colorimétrie marquant cette différence. Le travail de Bellaire sur cette série est vraiment minutieux.

Pretty Deadly

Image Comics • Par Kelly Sue DeConnick, Emma Rios & Jordie Bellaire • 2013
Emma Rios est une dessinatrice au trait particulier. Parfois, il s'apparent à de l'estampe japonaise. Jordie Bellaire va coloriser ses dessins de manière à ne pas dénaturer cet effet. Elle va même jusqu'à accentuer certains traits en les recouvrant de couleur. Et ça rend le tout superbe. En plus de ça, le style de Bellaire est vraiment reconnaissable ici ; cette manière de créer des dégradés partant du haut et descendant sans jamais en faire trop c'est typiquement sa marque de fabrique.

Moon Knight (2016 - 2017)


Marvel Comics • Par Jeff Lemire, Greg Smallwood & Jordie Bellaire • 2016 - 2017
Jeff Lemire a proposé un énorme challenge à la coloriste qui devait alterner d'ambiance très régulièrement tout en respectant les espaces négatifs dont Greg Smallwood - narrateur de génie - aime abuser. Ainsi, chaque emplacement où l'action se passe à sa propre manière d'être colorisée, la perception de la réalité de Marc Spector est très différente de ses visions. Mais ça se complique encore plus avec le second arc où d'autres dessinateurs apportent leur propre univers graphique et nécessite leur propre palette de couleur qui serait le premier élément qui indiquera au lecteur que l'action a changé de point de vue. Clairement, la série à la structure complètement barrée tient beaucoup grâce au travail de Bellaire qui se permet, en plus, d'avoir une colorisation très appliquée. Selon moi, il s'agit du meilleur travail de la coloriste à ce jour.

Injection

Image Comics • Par Warren Ellis, Declan Shalvey & Jordie Bellaire • Depuis 2015
Impossible de parler de Jordie Bellaire sans évoquer le duo qu'elle forme avec Declan Shalvey. Certes, il s'agit de son conjoint mais leur travail commun est assez unique surtout que le dessinateur semble emmener la coloriste dans d'autres directions. Par exemple, sur Moon Knight, il lui a fait travailler avec beaucoup d’aplat de couleurs compacté par des textures très présentes - technique qu'elle a réutilisée avec Smallwood ci-dessus. Avec Injection, nous sommes dans un travail plus brut, plus froid, avec des changements de tons très marqués. Bellaire retrouve ses gimmicks sur les flashbacks - moments plus "joyeux" de l'histoire - et elle va avoir un style très différent, plus proche de la peinture à la main dans les moments fantastiques.

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