The Mighty Blog

Fitzlionheart

Croyez-le ou pas mais il n'y a pas que des comics dans le monde de la bande-dessinée. Mais ça, je l'ai appris récemment en devenant libraire.

Après avoir passé des années dans la microsphère comics sur les internets et un peu dans la presse papier, j'ai été obligé de m'ouvrir aux BDs d'où qu'elles viennent et j'y ai trouvé autant de trucs géniaux que dans les productions américaines (et autant de trucs à peine passables aussi).

Alors puisqu'il faut passer par la présentation des œuvres indispensables qui m'ont fait tel que je suis maintenant, je préfère vous prévenir, il n'y a pas que du comics. Et il n'y a même pas que de la BD.

Je suis sympa, je vous passe le classique combo The Dark Knight / Watchmen découvert à 18 ans. Ces deux titres ont été mes deux premiers comics et restent bien au dessus de tout ce que j'ai pu lire mais ils font tellement l'unanimité qu'on va se passer de mentionner Frank Miller et Alan Moore dans cette sélection. Par contre...

Transmetropolitan

transmet Helix/Vertigo • De Warren Ellis et Darick Robertson • 1997-2002
... impossible de ne pas parler de Warren Ellis. Là aussi j'ai du faire un choix, entre Transmetropolitan et Planetary. Deux titres parfaits de bout en bout portés en plus par des dessinateurs au plus fort de leurs talents. J'ai finalement choisi Transmet parce que la claque qu'il m'a donné a fait naître en moi une conscience politique et sociale.
Et pourtant, cette dernière est à l'opposé de celle du personnage de Spider Jerusalem. Je ne suis ni misanthrope ni aussi fou que lui mais je fais attention à ce qui se passe autour. Je m'informe et j'essaie de bien le faire.
J'ai grandi avec ce titre. Je le sais. Et je vous conseille vous aussi de vous plonger dans cette oeuvre gigantesque, vous n'aurez pas d'équivalent dans le monde de la bande-dessinée.
P.S.: la traduction française de Jérémy Manesse est excellente si vous ne voulez pas vous frotter à la complexe prose de Warren Ellis.

Invincible

invincible Image Comics • De Robert Kirkman et Cory Walker puis Ryan Ottley • Depuis 2003
Allez, un peu de super-héros quand même. Mais ni Marvel ni DC.
J'aurais aimé que cette série rencontre le même succès que Walking Dead, crée elle aussi par Robert Kirkman à la même époque. Mais cela l'aurait peut-être empêché de construire un univers aussi cool et foisonnant.
Invincible (et les autres séries qui gravitent autour comme Brit ou Gardians of the Globe), c'est le bac à sable de Kirkman depuis 13 ans. Il y écrit tout ce qu'il voudrait voir dans une série de super-héros: de l'action bien gore avec des combats d'une puissance folle et en même temps le tragique de la vie anormale de personnages ayant des responsabilités mondiales.
Je ne me suis jamais ennuyé durant les 125 issues que comportent la série grâce aux à l'humour omniprésent, aux références innombrables disséminées au fil des numéros, et aux enjeux qu'il arrive à mettre à chaque fois.
Et quels dessins bon sang ! À part pour les tous premiers numéros dessinés par Cory Walker, le co-créateur de la série (et toujours character designer sur le titre), c'est Ryan Ottley qui se charge de mettre en image les centaines d'aliens, les entrailles sortant des corps, les costumes les plus dingues, les séquences de batailles chorales avec des dizaines de personnages, mais aussi les scènes plus intimistes en intérieur, sans action.
Cet homme est un génie et qu'il reste fidèle à Kirkman sans partir chez DC ou Marvel est une preuve que la magie opère sur ce titre.

Eden It's an Endless World

eden Afternoon • Par Hiroki Endo • 1998-2008
Ivre, il ose mettre un manga dans une sélection sur un site comics.
Et oui les p'tits gars. Mais c'est pas n'importe quelle série. Si graphiquement, ça ressemble pas mal à Akira, je trouve que Eden dépasse largement la série d'Otomo, que ce soit dans la mise en scène, l'écriture des personnages et surtout le scénario qui monte en tension au fil des 18 tomes.
Pour résumer vite l'histoire, on est dans un monde un peu futuriste dans lequel 80% des humains sont morts suite à l'apparition d'un virus qui assèche les corps jusqu'à la mort. On suit au début un jeune garçon, rapidement pris au milieu d'un règlement de compte entre une milice et des soldats.
Ça, c'est juste le début. Après on va se focaliser sur certains personnages qu'il rencontre pour avoir un état des lieux de ce monde et des enjeux politiques qui le régissent, pour aller jusqu'à un final apocalyptique dantesque.
Mais malgré ça, Hiroki Endo approfondit beaucoup les personnages. L'action et le scénario servent à montrer les réactions extrêmes de chacun.
Je crois n'avoir jamais vu de scènes d'action aussi bien chorégraphiées et lisibles dans une BD. Je me rappelle entre autres d'un combat au couteau très long, muet, brutal qui m'a laissé un moment un peu hagard.
UN PUR CHEF D’ŒUVRE !
Le seul souci de cette série, c'est que l'éditeur la laisse tomber dans l'oubli sans la rééditer. Et cet éditeur n'est autre que Panini. Comme quoi, il n'y a pas que pour les comics que leur politique de réimpression fait grincer des dents.

Powers

powers Image Comics / Marvel Icon • De Brian Michael Bendis et Michael Avon Oeming • Depuis 2000
En grandissant (on peut aussi dire en vieillissant), je me rends compte que j'aime de plus en plus les polars (la finalité sera peut-être de kiffer mater un épisode de Derrick en bon grabataire de 90 ans).
Mais bref, je disais donc que le polar, c'est quand même cool. Alors quand un polar intègre des super-héros. Quand le scénario même de ce polar consiste à résoudre des crimes et délits commis par ou contre des super-héros, c'est un peu du caviar pour un gars comme moi.
Alors imaginez en plus que cela soit écrit par un vrai connaisseur de ces deux genres, ayant mastiqué, digéré et régurgité un style alliant à la perfection le thriller d'une enquête et l'action du comics, alors là, on tient un immanquable.
Et cet immanquable, c'est Powers. Pas la série télévisée, hein, le comics dont elle est adaptée. L'oeuvre dans laquelle on peut vraiment tout voir sans que ça fasse cheap, et où les scénarios ne sont absolument pas adaptables à l'écran.
Parce que Powers est une oeuvre très graphique, grâce à son dessinateur de toujours Michael Avon Oeming. Ambiance sombre, beaucoup d'éléments cachés par les ombres, un décor presque toujours nocturne.
Fan de Bendis, de ses dialogues et de la façon dont il fait mettre en page ses scénarii (souvent avec des longues cases horizontales ou des double pages), je ne peux qu'aimer Powers depuis bientôt près de 100 numéros VO.

ZAÏ ZAÏ ZAÏ ZAÏ

zai 6 Pieds Sous Terre • Par Fabcaro • 2015
Pas encore tout à fait sobre, il termine sa sélection avec une BD française. Certes, mais il s'agit de l'album le plus drôle que j'ai jamais lu jusqu'à maintenant. Je crois que rien ne m'a fait plus rire de tout 2015 et peut-être depuis de très longues années avant.
Fabcaro arrive à écrire un album à sketch, où chaque page est une séquence propre, mais au sein d'un scénario général assez ... comment dire ... con ?
Jugez par vous-même: un artiste de BD va acheter un poireau au supermarché. Au moment de payer, la cassièrre lui demande sa carte de fidélité. Se rendant compte qu'il l'a oublié dans son autre pantalon, alors au sale, l'auteur décide de fuir, pourchassé et jugé par la populace française qui ne s'arrêtera pas de médire sur ce triste homme, ennemi public numéro 1, assez fou pour oser oublier sa carte de fidélité.
Voilà, ça c'est la base. Et je vous passe les scènes de la roulade arrière, de la voiture Renault, du journal télévisé, ou du débat de position de main (il est normal que vous ne compreniez pas ces références sans l'avoir lu mais je vous prie de croire que ceux qui connaissent cet album sont mort de rire à la lecture de ces quelques mots).

Voilà pour la BD. Fin de l'exercice horrible parce que j'en ai oublié des dizaines. Et que ces titres pourraient changer au fil des mois et des années. Fear Agent, Asterios Polyp, Un Ocean d'Amour, Universal War One, La Guerre Éternelle, Full Metal Alchemist, Echo, Top 10, la liste est trop longue.

Vilain Noisybear ! Vilain !


Hors catégorie

Un peu de série TV tout de même ! Avec la plus grande de toute.

À La Maison Blanche

west-wing NBC • Créé Par Aaron Sorkin • 1999-2006
Voilà l'oeuvre qui a terminé de me faire avec Transmetropolitan. Si Transmet est désespéré et dresse un tableau sombre, The West Wing (le nom VO de la série) représente le côté lumineux de la politique et de l'humanité.
Les personnages principaux sont l'équipe qui entoure un président des États-Unis progressiste, Aaron Sorkin est depuis connu du très grand public avec les films The Social Network et Steve Jobs qu'il a écrit mais c'est au départ un scénariste et créateur de séries télé. Il écrit tout simplement les meilleurs dialogues du monde. Des gars comme Bendis avouent clairement s'inspirer de son style rapide et son jeu de ping-pong entre les personnages quand ils écrivent leurs scénarios (et c'est évident pour des titre comme Powers).

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