The Mighty Blog

Katchoo

C'est au tour de la grande Katchoo de nous raconter sa vie... en comics, bien entendu. La fameuse Lesbian Geek blogueuse aime parler d'égalité, de héros LGBT et des filles... dans les comics, bien entendu. Mais ne vous attendez pas à trouver du Wonder Woman ou du Batwoman dans sa sélection, elle arrive à nous surprendre et à nous passionner avec. Si vous aimez le ton et la passion qu'elle transmet dans ces quelques lignes, alors rendez-vous sur son site, c'est tout autant passionnant.

Edit: Vu que je suis un gros boulet, j'ai raté la note écrite en gras au-dessus du document que m'a transmis Katchoo qui stipulait "Ma vie en comics spécial Halloween !". Moi qui pensait que ça allait être parfait pour la veille de sa conférence à la Paris Comics Expo. Bref, je m'excuse, je publie ça un mois plus tard mais il n'y a pas d'époque pour avoir peur ni pour lire de bons comics (et voir de bonnes séries TV).

Arena (Marvel Graphic Novel #45)

Arena 1Marvel Comics • Par Bruce Jones • 1989
Arena écrit et illustré par Bruce Jones, est un one-shot publié en 1989 dans la collection Marvel Graphic Novel, une série de TPB grands formats de 48 pages dont le premier opus date de 1982 et n’est autre que The Death of Captain Marvel de Jim Starlin.
Mêlant très intelligemment plusieurs genres à la fois (la science fiction et l’horreur en tête, mais également le réalisme d’un drame familial qui se déroule sous nos yeux), Arena raconte l’histoire de Sharon et sa fille Lisa qui voyagent en voiture vers une direction inconnue. En perpétuel conflit avec sa fille, Sharon décide de faire une pause pour admirer un paysage luxuriant et est le témoin du crash d’un avion. Cherchant où l’appareil a percuté le sol, Sharon arrive à communiquer avec la pilote sans pouvoir la voir, comme si elles appartenaient à deux dimensions différentes. Mais les deux femmes viennent en fait de deux époques bien distinctes, la pilote venant du futur et s’étant crashée à l’ère préhistorique elle va devoir gérer quelques petits problèmes de dinosaures et d’homme des cavernes…
Pendant ce temps Sharon se fait enlever par un redneck qui la surveillait depuis un certain temps et qui la séquestre auprès de sa famille de dégénérés, les références à Massacre à la tronçonneuse et La colline a des yeux nous font craindre le pire, alors que sa fille a réussi à retrouver la piste de sa mère et ne peut qu’assister impuissante à la tentative de viol de celle-ci.
Une faille spatio-temporelle permet à la pilote (ainsi que quelques dino, sinon c’est pas drôle) de rejoindre l’époque de Sharon et Lisa, et c’est en retrouvant leur voiture qu’elle se rend compte qu’elle appartient à sa propre mère, tuée dans des conditions affreuses 20 ans auparavant sous ses yeux...
Je m’arrête là dans ce résumé pour ne pas vous gâcher la suite et l’intensité de cette histoire originale et prenante, qui fonctionne parfaitement bien malgré le challenge du mélange des genres qui aurait pu s’avérer suicidaire. Mais c’est sans compter sur le talent narratif de Bruce Jones, un habitué des histoires horrifiques dont la maîtrise du sujet a même été adaptée dans un épisode de l’excellente série Master of Horror intitulé Jenifer et réalisé par Dario Argento (l’histoire originale de cet épisode se trouve dans Creepy #63 illustré par Bernie Wrightson en 1974).
On pourrait éventuellement froncer un sourcil (ou deux) sur certaines cases ou les héroïnes sont représentées dans des poses assez suggestives, et de manière quand même assez inutiles si ce n’est que pour attirer l’oeil du lecteur tout autant que du redneck de l’histoire. Mais le graphisme, parfois à la limite du photo réalisme offre une ambiance générale digne des films d’horreur les plus percutants des années 70-80.
Arena se lit et se relit avec toujours autant de plaisir, et vous marque par sa fin très forte et percutante, ce qui donne à ce comic-book une valeur ajoutée digne d’un des meilleurs épisodes de La quatrième dimension qui vous laisse pantois un bon moment après son visionnage.

Sorrow

sorrow-01-coverImage Comics • Par Rick Remender, Seth Peck & Franco Francavilla • 2007 - 2008
Sorrow est une mini série de 4 numéros parue chez Image en 2008 qui prouve encore une fois que les histoires les plus effrayantes débutent décidément par une balade en voiture.
C’est ce que vont découvrir trois amis et un auto stoppeur partis en vadrouille dans le désert du Nevada, sur les terres d’une ville fantômatique aux habitants mystérieux et plus qu'inquiétants.
Lorsque Danni, Sheryl et Matt accompagnés de Dalton qu’ils viennent juste de prendre en stop arrivent dans la petite ville de Sorrow, on sent immédiatement que les choses vont rapidement mal tourner pour eux.
Matt qui est au volant est soudainement pris d’une envie de montrer ce que son engin a sous le capot et accélère, c’est à ce moment là qu’une créature sort de terre juste devant leurs yeux provocant un accident d’une violence telle qu’il éjecte le conducteur. Lorsque Danni se réveille, elle est entourée pas des habitants accoutrés de vêtements d’une autre époque, et voit Matt se relever comme si de rien n’était malgré la violence du choc.
Sans pouvoir cerner ce qui ne tourne pas rond dans cette ville, Danni est pourtant témoin du comportement étrange de la part des habitants sans parler de celui de Matt, qu’elle ne portait pas vraiment dans son coeur mais qui devient carrément flippant.
Alors que Dalton se fait arrêter pour détention de tabac (!), les trois voyageurs sont hébergés chez l’habitant, et c’est ainsi que démarre une longue nuit cauchemardesque…
Lorsque Rick Remender s’attaque au genre horrifique, c’est dans la plus grande tradition des films et des séries d’épouvante des années 50 dont l’ambiance particulière et angoissante est parfaitement bien rendue par le noir et blanc et le style de Francavilla, à des années lumières de ce qu’il fait actuellement (c’est dire que si je n’avais pas lu qu’il s’occupait de la partie graphique, je ne m’en serais jamais doutée).
Plus on avance dans le récit et plus on se met à trembler pour Danni, qui est pourtant loin d’être le genre de personnage stéréotypé que l’on retrouve dans ce genre d’histoire et qui passe son temps à crier en attendant que le héros vienne enfin la secourir.
Sorrow est donc une surprise très sympathique qui fera plaisir aux amateurs du genre ainsi que ceux qui apprécient les histoires où la tension va crescendo.

The Strain

The StrainFX • Produit par Guillermo Del Torro • 2014
N’ayant lu ni les livres écrits par Guillermo del Toro et Chuck Hogan (oui je sais, c’est pas bien) ni la série de comics éditée chez Dark Horse sous la plume de David Lapham et le crayon de Mike Huddleston (là aussi, je suis minable), c’est avec un regard vierge que je me suis laissée tenter par cette série TV dont je n’arrêtais pas d’entendre le plus grand bien.
Alors je vais annoncer la couleur dès le départ, The Strain n’est pas une histoire de vampire comme les autres, et elle n’est heureusement pas vendue comme si c’était le cas.
Un avion atterrit à l'aéroport international John F. Kennedy avec toutes lumières éteintes et les portes scellées. L'épidémiologiste Dr. Ephraim Goodweather et le Dr Nora Martinez sont envoyés pour enquêter, à bord, ils trouvent deux cents six corps et seulement quatre survivants. La situation se dégrade quand les corps commencent à disparaître de la morgue. Goodweather et un petit groupe se retrouvent à devoir se battre pour protéger les leurs et même la ville entière d'une ancienne menace envers l'humanité.
Je ne sais pas si le roman est du même acabit (bon, je suppose que c’est le cas) mais l’une des grandes qualités de cette série est sa maîtrise totale du suspens, l’intrigue démarrant assez lentement (voire mollement diront certains) pour nous rendre accros dès la fin du premier épisode.
Autre atout non négligeable, le traitement des nombreux personnages que l’on va suivre avec intérêt sans être totalement certain de tous les revoir dans les épisodes suivants. Cette approche (où les protagonistes finissent finalement par tous se croiser) a déjà été employée dans d’autres séries (Lost en tête, dont l’un des scénaristes se trouve être également le créateur de la série. Coïncidence ?) cela n’empêche pas d’être toujours aussi efficace.
On peut également citer comme exemple la quasi perfection des effets spéciaux qui sont pour beaucoup dans le succès d’une série de cette ampleur, petite déception toutefois lorsque l’on découvre à quoi ressemble le fameux maître des vampires, son visage reste le moins réussi par rapport aux créatures qu’il dirige, mais cela reste un détail.
Et pour finir, qu’il est bon de retrouver Guillermo del Toro dans ce qu’il sait faire le mieux, c’est à dire le conte horrifique et le film de monstre, ainsi que ses thèmes de prédilection qui parsèment sa filmographie : le vampirisme et la quête de l’immortalité, la contamination, les horreurs d’un régime fasciste. Il y a du Cronos dans le sous-sol d’Abraham Setrakian, il y a du Mimic dans l’apparence du Maître, de L’Echine du Diable et du Labyrinthe de Pan dans l’histoire d’A230385… autant d’Easter Eggs (puisque c’est le terme à la mode) que le spectateur prend beaucoup de plaisir à découvrir, surtout lorsqu’il est fan du Monsieur.
L’attente de la seconde saison va être un vrai supplice mais il vaut mieux cela que de se mettre à entendre des voix, c’est en général très mauvais signe.

Remains

Remains-1IDW Publishing • Par Steve Niles et Kieron Dwyer • 2004
Parce qu’il n’y a pas que The Walking Dead dans la vie !
Cette mini-série de 5 numéros sortie chez IDW en 2004 se situe bien entendu en pleine apocalypse zombie et nous montre les péripéties de deux survivants, Tom, un croupier de Black Jack et Tori, une serveuse strip teaseuse qui ont eu l’excellente idée de forniquer dans une pièce totalement hermétique pendant qu’une explosion détruisait le reste de l’humanité tout en la transformant en zombie.
Dès lors le couple malgré lui tente de survivre, et chacun ne sais plus trop ce qui est le plus difficile à supporter, son compagnon d’infortune ou les macchabées toujours plus nombreux.
Traité avec un peu plus de légèreté que l’oeuvre fleuve de Robert Kirkman, Remains a l’originalité de s'intéresser à la zombie-apocalypse du point de vue des premiers concernés, qui vont évoluer tout au long du récit jusqu’à retrouver la faculté de parler (et que peut bien pouvoir ou vouloir dire un zombie ? Je vous le donne dans le mille !) et bien plus encore…
Les dessins de Kieron Dwyer, dont le style est à mi chemin entre ceux de Tony Moore et Phil Noto, apportent beaucoup à ce qui aurait pu être une énième histoire de mort-vivants sans grand intérêt, et Steve Niles en maître incontesté de l’horreur s’en donne à coeur joie et évite les poncifs inhérents à ce genre de scénario qui tient pourtant dans un mouchoir de poche.

Simon Dark Tomes 1,2 et 3

Simon-DarkDC Comics • Par Steve Niles et Scott Hampton • 2007 - 2009
Steve Niles encore, ici dans une série de 18 numéros publiée entre 2007 et 2009, cette fois-ci sur une légende urbaine de Gotham dont les enfants s’amusent à chanter la comptine comme dans Nighmare on Elm Street.
Mais Simon Dark est loin d’être un serial killer s'immisçant dans vos rêves, il est un justicier un peu particulier, une sorte de créature de Frankenstein amnésique qui protège ceux qui croisent son chemin, dans un quartier déserté par le Caped Crusader.
Créature à la fois fragile et indestructible, Simon évolue dans un Gotham dont nous découvrons un nouveau visage. Nous sommes ni dans Batman, ni dans Gotham Central, et pourtant ce qu’on appelle le Village, sujet à des rites occultes et des meurtres en série, a pourtant lui aussi droit à son ange gardien.
C’est ce que va découvrir la médecin légiste Beth Granger qui enquête sur deux meurtres ayant l’air de s’être déroulés en plein rituel sur les ruines d’une église de Gotham. Mais c’est à la morgue qu’elle va faire plus ample connaissance avec Simon, un adolescent portant un masque inquiétant criblé de cicatrices, et dont le corps entier semble être assemblé de dizaines de morceaux différents.

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