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Batman: Arkham Knight (PS4, Xbox One, PC - 2015)

Rocksteady Games revient sur la franchise Batman en jeu vidéo terminant ainsi la trilogie entamée par Batman: Arkham Asylum. Ce dernier chapitre, Batman: Arkham Knight, destiné aux consoles nouvelles générations propose une grosse nouveauté sur laquelle capitalise le studio anglais : la Batmobile.

Rocksteady est un studio de développement anglais qui s'est fait remarquer avec Batman: Arkham Asylum. S'inspirant des meilleurs jeux d'action/aventure comme Metroid, Castlevania et Legend of Zelda, ils ont su parfaitement maîtrisé la gestuelle et l'univers de Batman, notamment grâce à l'aide de Paul Dini, papa de la série d'animation sur le héros. Ainsi, Rocksteady nous a offert un jeu profond et dans laquelle les fans du Chevalier Noir avaient vraiment l'impression de prendre les commandes de leur héros. En plus de ça, les anglais y ont incorporé un système de combat très dynamique avec une précision incroyable, assez proche du rythme game mais assez permissif pour rendre ses scènes accessibles.

Tous ces éléments ont été retrouvés dans la suite du jeu, Batman: Arkham City transposant le système global dans un monde plus étendu et ouvert. Et, Rocksteady réitère en élargissant le monde et en y incorporant la Batmobile. En revanche, ce dernier épisode n'est plus écrit par Paul Dini mais par Geoff Johns. Et ça se sent.

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L'histoire est bien maîtrisée avec un bon rythme, Rocksteady évitant de pénaliser le flot du jeu avec trop de cinématiques comme ce fut le cas dans Batman: Arkham Origins, spin-off des jeux Arkham développés par Warner Games Montréal. Mais, l'histoire est un peu débile, prévisible et les personnages bien moins gérés. En gros, Oracle devient une fille agaçante qui se fait kidnapper, Robin un ado rebelle - au physique d'un homme de 20 ans passés, les ennemis sont trop manichéens. Finalement, seuls Batman, Alfred et le Joker sont réellement bien écrits. Et encore, si je ne relève les incohérences dans le comportement de Batman qui refuse que Robin combatte à ses côtés mais tolère Nightwing, Catwoman ou Azrael. Mais passons.

L'histoire nous emmène donc dans Gotham déserté par ses habitants suite à une attaque de masse de l'Épouvantail. La ville est à la merci des méchants. Seule une poignée de flics est encore là afin de rétablir l'ordre. Heureusement, ils peuvent compter sur Batman. Malheureusement pour lui, l'Épouvantail est aidé par un personnage masqué qui s'autoproclame le Chevalier d'Arkham et son armée. Mais qui est ce mystérieux personnage qui connait les points faibles de Batman ? Telle est la question à laquelle notre héros tentera de répondre tout en faisant respecter l'ordre dans la ville, un mystère facilement résolu à quiconque qui lit un tantinet les comics. Autant dire que ce secret de polichinelle est un peu lourd au niveau du jeu.

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Heureusement, un jeu vidéo est surtout défini par son gameplay et, de ce point de vue là, on n'est pas en reste. Très rapidement, nous retrouvons la formule qui a fait le succès de la série. Batman est agréable à manier et les combats sont dynamiques. Le jeu repose donc sur un open-world - monde ouvert - avec de nombreuses activités. Afin de maîtriser au mieux le rythme de son jeu, Rocksteady évite de trop ouvrir le monde dans les premières heures de jeu. Cela permet de créer une sorte de tutoriel et surtout d'éviter de perdre le joueur en lui offrant trop d'activités annexes comme ce fut le cas sur Batman: Arkham City. Le monde s'ouvre à des moments clef. Et c'est ce que je préfère dans le jeu. À chaque coin de rue, il y a une activité différente. Ou alors, il faut bien fouiller afin de trouver des pompiers kidnappés, des cadavres suspendus ou des mines au sol. Sans compter les nombreux trophées du Riddler (l'Homme Mystère en français) toujours présent.

Mais là où les développeurs de Rocksteady montrent qu'ils savent maîtriser leur flot de jeu c'est que l'aventure principale propose des pauses dans lesquelles Alfred demande explicitement à Batman de faire autre chose que la mission principale. De plus, de nombreuses missions de l'arc central dévoile les concepts des diverses missions annexes comme courser des commandants de la milice ou désactiver des postes de surveillance. Là dessus, le studio anglais est un exemple à suivre, tellement il arrive à maîtriser ce monde, leur jeu mais aussi à renouveler ce qu'ils avaient pu proposer dans leurs deux précédents jeux. En plus de ça, la fin du jeu dépend directement des missions annexes terminées. En effet, Rocksteady pousse les joueurs à terminer à 100% le jeu. Et, vu la qualité du jeu, ce n'est pas trop difficile de se motiver à y arriver.

Une chose ne change pas ou peu, c'est le système de combat. Toujours aussi dynamique, Rocksteady a en revanche plus travaillé encore les "patterns" de combat des ennemis. On peut parler plus d'ajouts que de véritables changements. Faut dire que la véritable nouveauté du jeu est la Batmobile et les développeurs ont bien forcé pour imposer la voiture de Batman.

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Bien entendu, il s'agit d'un moyen de locomotion hyper fluide, rapide permettant en plus d'éjecter Batman dans les hauteurs de Gotham en fonction de l'élan pris. Mais pas seulement. La voiture est équipée d'un treuil électrique et d'un canon qui serviront Batman à se frayer un chemin dans la progression de certains "donjons" du jeu. Sur ce point, les Level Designers du jeu ont été très astucieux. Le niveau dans Ace Chemicals est exemplaire avec les ascenseurs qui bloquent le passage qu'il faut tirer avec le treuil électrique de la Batmobile pilotée à distance par le héros. Il y a aussi les phases d'infiltration demandant à Batman d'ouvrir une porte afin de faire rentrer sa Batmobile afin qu'elle fasse le ménage avec sa capacité de se transformer en tank. Vous trouvez l'idée ridicule ? Sur le coup, Rocksteady fait preuve d'auto-dérision. En effet, vous trouverez dans le monde de nombreux bandits en train de parler à d'autres et dire que ce mélange Batmobile/Bat-tank est douteux. Quoiqu'il en soit, cette transformation est liée aux besoins du jeu. En effet, en maintenant la gâchette gauche appuyée, la voiture se met en position tank et permet des combats dynamiques. Rocksteady arrive à repenser son système de combat et l'appliquer dans les grandes lignes au combat de tank. Petit problème, le manque de visibilité peut rendre les combats frustrants surtout que les attaques viennent également en hauteur. En revanche, le système d'amélioration - je reviendrai sur ce point plus bas dans l'article - est véritablement récompensant. Améliorer le temps de rechargement ou les techniques de combat est flagrant et rend les combats toujours challengeants mais plus agréables.

Autre soucis avec la Batmobile, à part le fait que le développeur l'impose de trop (comme certaines "énigmes" du Riddler), il y a des puzzles liés au déplacement du véhicule. Etant très maniable mais avec trop d'inertie, il est facile de tomber des plateformes ou des corniches que le véhicule doit traverser. Il n'y a rien de pire que de devoir recommencer depuis le début un puzzle parce le véhicule n'est pas assez maniable pour cela. Dans le même ordre d'idée, il est assez pénible de rater une mission à cause de la répartition des commandes sur la manette. Par exemple, pour moi amateur de jeux de voitures, freiner avec le bouton Carré (ou X sur Xbox One) de la manette est une hérésie. Combien de fois, je me suis retrouvé dans les choux parce que, dans le feu de l'action, j'ai appuyé sur la gâchette gauche afin de freiner ? Beaucoup trop de fois. Au bout d'une dizaine d'heures, j'ai commencé à prendre l'habitude, certes.

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C'est d'autant plus dommage que Batman est très maniable et, surtout, que les interfaces ont été repensées et sont bien mieux ergonomiques. L'arbre de compétence est regroupé en compétences générales (armes de la Batmobile, gadgets, combat, armure...). Là encore, Rocksteady n'est pas resté sur ses acquis. Si on garde le meilleur de Arkham City comme la progression lisible à chaque fin de mission annexe. De même, la vue "détective" est très bien pensée et tout est compréhensible notamment avec l'utilisation de code couleur bien distinctif.

Batman: Arkham Kinght est encore une réussite malgré son gros défaut qui est la Batmobile et son histoire plate. Retrouvez tous les personnages que l'on croise, se balader à pied, en planant ou en roulant dans Gotham City est très agréable et on ne s'ennuie à aucun moment. L'histoire principale propose une variété non-négligeable de mission avec de nombreuses idées ingénieuses comme déplacer calmement un objet explosif, utiliser la Batmobile pour se frayer un chemin à pied ou utiliser le plateau d'un dirigeable afin de bouger des caisses. Vous l'aurez compris, je considère ce jeu comme une belle tuerie. Moins surprenant que son prédécesseur il reste bien mieux inspiré que Batman: Arkham Origins.

Malheureusement, pour les joueurs PC, malgré les nombreuses tentatives de Rocksteady Games, il reste quasi injouables pour les "petites" configurations et, apparemment, même avec du 12Go de RAM, ce n'est pas la fête. Pour le coup, y jouer sur console de salon est obligatoire.

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