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Scott Pilgrim vs. The World: The Game (PS3/Xbox 360 - 2010)

Scott Pilgrim, la création de Bryan Lee O'Malley, est certainement le comicbook qui se prête le plus à l'adaptation vidéoludique. En effet, la BD (et le film dont le jeu s'inspire le plus) était un savoureux hommage à la japanimation, aux jeux vidéo et au rock. Ubisoft avait alors plein d'ingrédients pour pouvoir en tirer un bon jeu. Mais, pourtant, la déception est là...

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Le jeu est sorti en 2010, afin de correspondre à la sortie du film outre-Atlantique. Pour la petite histoire, je travaillais sur un brawler game à la même époque, du coup, j'ai vraiment analysé de fond en comble le jeu d'Ubisoft afin de décortiquer ce que le studio de Shanghai avait réussi et ce qu'il avait raté. Sur de nombreux points, Scott Pilgrim vs. The World: The Game était plus qualitatif que notre jeu, Lucha Fury. Mais sur le plaisir immédiat, la coopération et le renouvellement du gameplay, nous étions bien meilleur.

Scott Pilgrim vs. The World est donc un jeu de baston dans la rue, ou brawler, hommage à Double Dragon et Street of Rage, les cadors du genre. Ubisoft a alors misé sur la fibre nostalgique en proposant un jeu en pixel art - c'était moins la tendance que maintenant - et avec une musique 16-bits. L'éditeur mise même sur des stars d'Internet pour participer au jeu avec l'artiste Paul Robertson (qui s'est fait remarqué pour ses courts métrages incroyables) pour les graphismes et le groupe de chiptune Anamanaguchi pour la bande-son. L'effet "wahou!" fonctionne à merveille et, ce, dès le lancement du jeu. Les nostalgeeks adhèrent de suite, les autres aussi. Quant au genre de jeu, il est plutôt bien trouvé parce que le brawler a véritablement marqué le début des années 90, époque à laquelle Bryan Lee O'Malley rend hommage dans sa BD, mais aussi parce que, peu de temps avant Castle Crashers avait dépoussiéré le genre en lui apportant quelques modifications, notamment un côté RPG qu'on retrouve d'ailleurs dans Scott Pilgrim vs. The World.

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Mon principal problème avec le jeu est sa maniabilité qui se veut rétro mais qui est en fait mal pensée à cause des boutons contextuels qui font que l'action exécutée n'est pas celle souhaitée. Pourtant, l'idée de n'utiliser que deux boutons comme à l'époque de Double Dragon aurait été à saluer mais, vu le nombre d'actions possibles, c'est un mauvais choix de design. L'autre problème vient du Level Design qui propose des niveaux trop répétitifs et des ennemis tous identiques. Même si certains ennemis ont des types d'attaque, le petit nombre de patterns force la répétitivité des combats. De plus, je trouve dommage que les développeurs n'aient pas intégré - peut-être par faute de temps - plus de gameplays différents. Cela manque d'un niveau shooter, d'un plateforme et d'un combat de boss tel un combat de Street Fighter II, jeu auquel O'Malley ne manque pas de faire référence. Mais même sans ça, les niveaux sont désespérément plats, on trouve des trous dans le décors qui sont ni justifiés ni justifiables par le gameplay mais qui tentent vainement de casser une structure trop identique. C'est dommage.

Et ça définit bien Scott Pilgrim vs. The World. C'est dommage. Avec une meilleure maniabilité (ce n'est pas non plus injouable, je vous rassure) et plus de variété dans le gameplay, le jeu serait devenu un incontournable du genre. Surtout que la partie artistique (graphisme et son) est magnifique et que les réglages de difficulté sont bien foutus.

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