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L'amour est l'amour

En hommage aux victimes de The Pulse et leurs familles

Fin décembre, IDW Publishing et DC Comics s'associent afin de publier le projet de Marc Andreyko, Love Is Love, une anthologie de courtes histoires en hommage aux victimes de la tuerie homophobe qui s'est déroulé l'année dernière à Orlando faisant 49 morts et 53 blessés.

Cette semaine, nos LGBT Heroes sont des personnes bien réelles mais qui ne sont plus forcément avec nous, ce sont les personnes présentes dans le night-club The Pulse de Orlando le 11 juin 2016. Ces gens ont vécu l'horreur. Malheureusement, ces derniers temps de plus en plus de gens la connaissent à travers le monde, que ça soit en Turquie, au Burkina Faso, en Somalie ou, encore, en France. Mais ceux du Pulse ont été ciblés plus que d'autres parce que leur sexualité ne rentre pas dans les cases d'un livre écrit il y a 1400 ans.

Pour les LGBT américains, il s'agit d'un drame qui ponctuait plusieurs actes homophobes suite à l'ouverture du mariage pour les couples de même sexe. En effet, plusieurs Etats ont vu être proposés des lois ouvertement discriminatoire envers les LGBT, notamment, interdisant aux personnes transsexuelles d'aller dans les toilettes de leur genre mais, plutôt, dans celles de leur naissance, ou proposant aux médecins chrétiens le droit de refuser de soigner un patient LGBT. L'une des malheureusement plus célèbres de ses propositions de loi est celle de Géorgie qui a vu se révolter de nombreuses stars et certaines grandes entreprises comme Marvel Studios - qui a menacé de ne plus filmer dans cet Etat dans lequel ils possèdent un de leur plateau de tournage.

Depuis ces dernières années, alors que de nombreux LGBT avaient constaté une meilleure représentation dans les médias et une meilleure acceptation de leur sexualité, tout semble foutre le camp. Nous l'avons vu en France avec les débats stériles proposés à la télévision sur le Mariage pour Tous et, malheureusement, nous avons aussi vu des gens publier des messages ouvertement homophobes sur les réseaux sociaux suite au massacre de The Pulse. Bref, le constat est grave : la lutte contre la discrimination envers les LGBT est loin d'être gagnée.

Marc Andreyko est un scénariste et dessinateur de comics ouvertement homosexuel. Il a notamment travaillé sur Torso avec Brian Michael Bendis et nous avons pu apprécier son travail d'écrivain sur Wonder Woman '77. Attristé par les événements du 11 juin, il a décidé de réunir des auteurs de comics de tous horizons, de tous genres, de toutes confessions religieuses, de toutes couleurs de peau et de toutes sexualités afin de rendre hommage aux victimes de The Pulse. Chacune de ces personnes a accepté de travailler gratuitement afin de faire un maximum de bénéfices qui vont aux victimes de The Pulse et à leurs familles.

C'est alors que, depuis le 21 décembre, nous pouvons avoir en mains ce recueil de 144 pages. 144 pages qui sont plein d'amour, le vrai ; celui qui rempli le cœur d'émotions divers et varié ; celui qui peut nous donner envie de sourire, de pleurer, de crier ; celui qui nous donne espoir et celui qui fait broyer du noir.

Ces 144 pages sont la perception d'artiste d'événement tragique qui leur permet de s'exprimer sur le sujet. Bien évidemment avec DC Comics en tant que co-éditeur, nous retrouvons les héros de la Distinguée Concurrence s'intéresser à la communauté LGBT - bien que pour moi, il est évident que les super-héros ne fassent pas le distinguo entre une personne hétérosexuelle et une autre homosexuelle. Nous y trouvons également d'autres héros d'autres éditeurs qui les ont "prêtés" pour l'occasion. Mais, ce n'est pas le plus marquant - surtout lorsqu'il s'agit de montrer Deathstroke touché par une tuerie de masse ce qui n'est pas très crédible. Le plus marquant - et notable - est les petites histoires plus humaines montrant des jeunes gens qui ne peuvent pas vivre leur sexualité comme ils le voudraient à cause de la pression familiale ou sociale.

Il y a les histoires de gens qui pensent à ce moment-là de rappeler à leurs proches qu'ils les aiment, parce que ça fait du bien malgré le drame. Il y a celles de ceux qui découvrent la tragédie à la télévision. Il y a celle du chien qui ne voit pas son maître adoré rentrer un soir. Il y a celles des personnes qui s'aiment, qui s'embrassent ou qui font l'amour comme si c'était la dernière fois. J'aime particulièrement cette illustration de Fernando Blanco montrant une porte fermée mais d'où s'émanent des bruits de jouissances. Ça pourrait être un homme et une femme, deux hommes ou deux femmes, peu importe, ils passent ensemble un moment partagé de pur bonheur et de liberté.

Il y a les auteurs qui dénoncent : l'homophobie, l'extrémisme religieux (et l'Islam n'est pas le premier visé), l'amalgame, le rejet des LGBT, le rejet de l'autre, le port légal d'armes aux Etats-Unis, etc. Enfin, il y a ceux qui évoquent le drame ; qui nous mettent face à cette réalité ; qui nous rappellent que ces gens dans cette boîte de nuit se lâchaient et oubliaient certainement leurs soucis quotidiens, qu'ils venaient dans ce club pour faire la fête et être comme ils sont ; qui nous font imaginer que la mauvaise surprise était bien plus grande pour eux que pour nous...

Clairement, Love Is Love est une oeuvre engagée mais qui s'adresse au grand public, et ce la fait fort longtemps que je n'avais pas eu entre les mains un tel objet. Surtout que cette anthologie fait réfléchir sur la condition humaine dans son ensemble. Mais, ce que je préfère noter c'est qu'elle porte bien son nom, l'Amour est l'Amour. Chaque auteur a posé ses tripes et a dévoilé son amour non seulement aux LGBT mais à tous les êtres humains. Autant dire que vous avez là 144 bonnes raisons d'avoir foi en l'humanité.

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