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Invincible #1-125

Après The Walking Dead, c'est au tour d'Invincible de Robert Kirkman de subir le binge-reading. On a tenté de lire les 125 numéros de la série pour "rattraper" la parution mensuelle, est-ce que c'était aussi bien que la saga zombie ?

Oui, un million de fois oui ! Il ne servirait à rien de faire durer le suspense vu que je vais m'épancher après sur cette saga, mais j'ai tellement aimé que je me demande pourquoi on ne fait pas plus de bruit dessus. Pour ceux qui découvriraient comme moi, ou qui n'en avait entendu parler que de loin, Invincible suit l'histoire du héros éponyme, fils d'un super-héros venu d'une planète étrangère et qui va hériter des pouvoirs de son père. Si les premiers numéros sont un hommage à peine voilé à Superman qui aurait eu un enfant, la suite va aller beaucoup plus loin. Par exemple, un des premiers retournements de situation de la série est que le père du héros, qui fait partie d'un pastiche de Justice League, va massacrer ses collègues car il est en fait sur Terre pour coloniser la planète. Ce n'est qu'un twist parmi tant d'autres, et sur les 125 numéros de la série, je me suis laissé balader comme jamais.

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Noisybear avait parlé de la série il y a quelques temps, et son opinion n'était pas du tout la même que celle que j'ai ici. Il avait noté que le titre se montrait répétitif, que le schéma "un méchant, une défaite, un mort, une victoire, et on recommence" était trop présent, et je ne pense pas qu'il avait tort. Le titre utilise quand même assez souvent les mêmes ressorts dramatiques, mais ça ne m'a pas choqué plus que ça. Comme souvent chez Kirkman, la lecture en bloc s'impose, et je risque d'être très impatient chaque mois. Je peux comprendre qu'une simple dose mensuelle posera problème, et mon avis ne sera probablement pas la même chose dorénavant, mais ça marchait remarquablement bien d'une traite. Se pose alors la question de la lecture en blocs ou au format "original", mais c'est un autre débat...

En l'état, c'était génial, et j'ai passé des nuits entières à dévorer ces aventures. Tout le monde est attachant, les personnages sont hilarants et les situations oscillent entre le loufoque et l'atroce. On retrouve en effet des passages comiques très drôles, parfois méchants envers les comics en général, mais toujours avec plein d'amour. J'ai éclaté de rire à de nombreuses reprises sur les scènes de sexe "avec témoin qu'on empêche de dormir" par exemple... Les personnages sont humains, ils ont tous des motivations propres et l'action ne s'arrête jamais, donc ça fonctionne. On se laisse porter par les différentes intrigues successives sans arrêt, on s'attache à des personnages puis on les déteste et on a par moment un vrai côté "sitcom", qui rend le tout agréable.

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Si on a une reprise des codes du genre (par exemple, le héros qui perd ses pouvoirs et se voit remplacé par un allié, encore plus s'il est noir, ou le sidekick), c'est toujours avec moins d'ironie que d'amour, et c'est systématiquement intelligent. Il y a un regard critique de l'auteur sur des situations absurdes du genre, mais il s'en sert toujours de manière intelligente et censée pour faire avancer son histoire.

J'ai parlé plus haut de scènes atroces, et c'est le moins qu'on puisse dire. Les personnages meurent, sont démembrés, massacrés, des millions de personnes disparaissent et c'est toujours avec une violence aussi gore que comique. Les scènes de combats sont bluffantes, toujours utilisées avec parcimonie et sont un vrai régal pour les yeux. Parfois, certaines effusions de violence sont assez inutiles, et ne trouve pas forcément de résolution. Si Kirkman aura mis une vingtaine de numéros pour se rappeler d'une intrigue honteusement laissée en suspens (le viol), il aura quand même réussi à faire un quasi sans faute quant à la personnalité de ses personnages au long de tous ces numéros. Ils évoluent, changent, ont des motivations propres et on peut très bien délaisser les aventures d'Invincible pour aller passer trois numéros dans une dimension parallèle, pour comprendre les agissements d'un personnage secondaire. Peu de séries peuvent se permettre de faire ça.

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Le dessinateur Ryan Ottley (qui a récupéré la série après la prestation sympathique de Cory Walker) fait des merveilles, son style s'est vraiment développé au fil du temps et ce qui n'était au départ qu'un chouette comic-book assez joli s'est transformé en véritable chef d'œuvre visuel. Certaines compositions m'ont fait rêver, d'autres m'ont marqué, mais passés les débuts hésitants, c'est devenu incroyable. Les scènes de baston sont colossales, on ressent chaque coup, la violence est très présente (et c'est peu dire) et certains passages débordent d'héroïsme et de passion.

Au final, dire que j'ai adoré ma lecture serait un euphémisme. Si les premiers numéros m'ont laissé de marbre, il aura suffi d'un retournement de situation complètement dingue pour me rendre accroc. 125 numéros plus tard, j'aime toujours autant, voire beaucoup plus. C'est une des meilleures séries du genre, qui montre ce dont est capable un auteur à la liberté créative totale, et met à l'amende toutes les séries solos de Marvel et DC. Robert Kirkman, je t'aime !

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