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The Walking Dead #1-150

J'ai dévoré la série de Robert Kirkman

The Walking Dead, vous connaissez ? Cette petite série, qui marche plutôt pas mal, avec des zombies ? Apparemment, ils en ont même fait une ou deux séries TV, des jeux, des livres... On a décidé de lire toute la série d'un coup en comics, pour constater si la réputation était justifiée.

En constatant le succès de la série TV, on voit une chose : The Walking Dead a dépassé les limites du comic, et de très loin. En plus de la popularité incontestée des aventures sur le petit écran (pas forcément à juste titre, vu la catastrophique saison 2 qui m'a fait abandonner), le titre se classe chaque mois en haut des ventes de TPB, aussi bien en France qu'aux Etats-Unis, et de très loin. Du coup, j'ai décidé de voir ce que ça donnait en rattrapant d'un coup les 150 numéros de la série, sans souffrir du rythme mensuel.

Sans enfoncer les portes ouvertes, on rappelle qu'on suit l'épopée de Rick Grimes, policier père de famille qui se réveille après l'apocalypse zombie. La civilisation est tombée, les morts reviennent à la vie pour dévorer les vivants, les survivants tentent de rester en vie comme ils peuvent dans un monde où la mort est absolument partout.

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Alors pour remplir 150 numéros avec ça, il fallait le vouloir, et pourtant, Robert Kirkman semble s'être laissé porter par son succès, et a réussi. D'une histoire simpliste de zombies déjà vue et revue, on est passé à des arcs bien plus riches et complexes, avec toujours une réflexion sur le bien et le mal, et avec finesse. Certains personnages "méchants" ont plus d'une dimension, se montrent plus riches que prévus et questionnent constamment le lecteur. Ils sont peu à être uniquement méchants, et ils ont un très grand rôle, mais les autres, ceux qui veulent se défendre et éventuellement protéger leurs proches, ce sont eux qui font qu'on ne s'ennuie pas.

La série est divisée en arc bien distincts, qui suivent globalement le même schéma : le groupe arrive quelque part, nettoie l'endroit, quelqu'un ou quelque chose vient tout gâcher, et on repart. Sauf qu'entre temps, beaucoup de personnages sont morts. Et quand on dit beaucoup, c'est beaucoup, vraiment. Personne n'est à l'abri, des personnages principaux y passent sans aucune pitié, et c'est aussi génial à lire qu'horrible à constater. Passé un certain temps, le lecteur attend les morts, et c'est à chaque fois avec regret qu'on les voit arriver. Kirkman profite de la liberté de ton offerte par Image Comics pour massacrer ses personnages, et toujours avec une imagination horrible qui laisse choqué. Si vous pensiez qu'on ne pouvait pas découper un personnage principal devant les siens pour envoyer un message dans un comicbook, vous aviez tort.

Mais s'il ne s'agissait que de choquer, la série n'aurait probablement pas rencontré un tel succès. Si on accroche, et moi le premier, c'est qu'il y a de vrais personnages qu'on aime, qu'on déteste, mais qui font réagir. J'ai lu dans la série un des méchants les plus horribles que j'ai pu voir depuis très longtemps, je l'ai détesté, mais j'ai marché comme un gamin à chacune de ses apparitions (je parle évidemment du porteur de Lucille...). L'auteur a un vrai don aussi bien pour créer des situations intrigantes que pour créer des personnages, et ça force le respect. Arrivé au numéro 150, on a vu les personnages évoluer, changer aussi bien physiquement que mentalement, et on a vécu ça avec eux (si tant est qu'ils sont restés vivants, ce qui n'est vraiment pas gagné).

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Malgré un départ assez lent et classique, la série m'a accroché assez vite, au point que je finisse par lire des arcs entiers jusqu'à 3h du matin, avec toujours la même phrase en bouche, "encore un et je vais dormir". Sauf que ça ne marchait jamais, et que je me retrouvais toujours à continuer, parce qu'il y a un sens du rythme vicieux et malin. Chaque numéro se termine par un cliffhanger plus ou moins facile, mais qui marche et fait revenir le lecteur. Même là où on s'attendrait à avoir des bouleversements pour les numéros anniversaires (les #25, 50 et autres), ce n'est pas souvent le cas, et ça meurt à tout bout de champ sans prévenir. Sauf qu'on veut savoir les conséquences, on veut savoir comment vont réagir les héros, comment ils vont s'en sortir, parce qu'on les aime. Kirkman est un grand malade qui joue avec ses jouets comme un enfant colérique, et c'est génial.

Les débuts de la série ont été illustrés par Tony Moore, qui est parti vers d'autres horizons ensuite, et c'est Charlie Adlard qui a repris le flambeau, du 7ème au...150ème, sans interruption. Pour Moore, c'est comme toujours magnifique et très cartoon sur les débuts, puis un peu bâclé sur la fin, ce qui explique l'arrivée d'Adlard. Le rythme aura parfois été erratique, notamment dans les doubles sorties chaque mois pour faire des TPB plus rapidement pour Noël, mais le trait d'Adlard m'a laissé bluffé du début à la fin. La série, complètement en noir et blanc, a une âme visuelle phénoménale, aussi bien violente qu'émouvante, et le travail sur chaque numéro est hallucinant. Si on sent bien quelques rares moments de fatigue sur certains numéros un peu faciles, les personnages sont tous reconnaissables, les décors sont toujours riches, et on se prend des petites claques inattendues régulièrement, au détour d'une horde de milliers de zombies décomposés et purulents qui surgissent sans prévenir. L'artiste est soit drogué, soit un alien, mais c'est à chaque fois génial.

Bien sûr, tout n'est pas parfait. Si j'ai pris un plaisir monumental à tout lire d'un coup, je pense que les lecteurs qui ont attendu dix ans pour en arriver à ce stade ont dû sérieusement détester ce rythme. Par moments, il ne se passe pas grand chose pendant trois ou quatre numéros, et ça peut refroidir chaque mois. Par ailleurs, prise dans sa globalité, la série se permet quelques facilités, notamment dans le rythme ou les résolutions. On retrouve souvent le schéma "arrivée, sécuriser l'endroit, attaque de rôdeurs, disputes, départ avec 15 personnes décédées entre temps". Si les morts sont systématiquement efficaces, on finit parfois par refuser inconsciemment de s'attacher à un personnage, parce qu'on sent qu'il ne sera pas là demain. Enfin, si la technique du cliffhanger de dernière page marche bien, elle ne sert parfois pas à grand chose le mois suivant, vu que certaines intrigues sont pliées rapidement. Dans tous les cas, rien de bien grave, sur 150 numéros, vous aurez de quoi faire.

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Pour conclure, si je ne devais avoir qu'un seul regret, ça aura été de ne pas carrément attendre la fin de la série qui ne semble pas arriver de sitôt, pour pouvoir tout lire d'un coup. Parce que là, attendre chaque mois va être une vraie torture, vu que j'ai passé un excellent moment avec ses personnages. Humaine, violente, et finalement réaliste dans les émotions montrées, la série est une perle, loin des errements de sa version TV.

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