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Star Wars: Le Réveil de la Force

Que de mystères autour du retour de la saga mythique créée par George Lucas en 1977. Toute la promotion était basée autour de ce mystère afin de clairement faire monter l'excitation auprès des fans mais, aussi, de nous permettre de découvrir le film en salle et non pas lors de la promo. Et, nous y voilà, jour officiel de la sortie de Star Wars: Le Réveil de la Force, l'Episode VII annonçant l'arrivée de la franchise entre les mains de Disney et de J.J. Abrams. Voici, notre critique du film garantie sans spoilers.

star-wars---le-reveil-de-la-forceStar Wars: Le Réveil de la Force

Par J.J. Abrams • Avec Daisy Ridley, John Boyega, Oscar Isaac, Adam Driver, Harrison Ford, Peter Mayhew, Carrie Fischer, Lupita Nyong'o, Andy Serkis, Mark Hammill...
Dans une galaxie lointaine, très lointaine, un nouvel épisode de la saga Star Wars, 30 ans après les événements du Retour du Jedi...

Je me rappelle encore de la sortie de La Menace Fantôme, premier volet de la seconde trilogie sorti en 1999. Je suis sorti de la projection essayant de me convaincre que le film était bien. Malheureusement, je ne peux que constater qu'il n'apportait en rien ce que la première trilogie avait su procurer en moi. Ce film manquait de personnages attachants. De nombreuses scènes semblaient être bêtement imposées pour coller aux précédents. Quant à l'intrigue, elle se perdait dans trop de directions différentes. Si comme moi, vous avez été déçu à ce moment-là, rappelez-vous de cette frustration en sortant de la salle avec cette envie presque injustifiée de crier "c'est de la merde" en comparant inévitablement l'Episode I au IV qui avait su vous faire frisonner gamin. Remettez-vous bien dans ce contexte et dites-vous qu'en sortant de celle où vous aurez vu Le Réveil de la Force vous n'aurez pas du tout la même impression.

En effet, à chaque instant, je me suis dit "c'est un film Star Wars". Même si, à un moment donné J.J. Abrams part dans ses délires propres à lui - mais cela renforce l'univers et le mystère autour d'un personnage, le réalisateur reste fidèle à l'œuvre originale. On pourrait critiquer le fait qu'il reprenne le schéma de l'Episode IV mais, vu qu'il détourne tellement de codes et qu'il n'oublie pas de raconter son histoire, cela reviendrait donc à chipoter. En tout cas, le fait de découvrir le film en salle fait que la magie opère encore plus.

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Il est très difficile de parler du film sans trop en dévoiler mais sachez que dès la trame de départ est lancée, j'ai été rassuré. Abrams commence cette trilogie sur une base simple mais saine nous dévoilant au fur et à mesure du film certains événements qui se sont déroulés depuis Le Retour du Jedi. D'ailleurs, je tire mon chapeau aux dialoguistes qui écrivent des textes relativement simples mais efficaces et, ce, couplé à la mise en scène, tout est alors compréhensible sans pour autant tenir la main du spectateur afin de lui expliquer par A plus B ce qui s'est passé.

En plus du contexte plutôt bien pensé, la force - sans vilain jeu de mots - de cet Épisode VII vient des personnages. Je parle surtout des nouveaux protagonistes, à savoir Poe Dameron, Finn, Rey et Kylo Ren. Bien qu'à chacune de leurs premières apparitions on s'amuse à les comparer aux héros de l'ancienne trilogie, très vite ils prennent leur envol et deviennent identifiables. En tout cas, ils ont le terreau nécessaire pour devenir cultes, selon moi. En plus de ça, J.J. Abrams s'amuse à casser les clichés avec Rey (Daisy Ridley) une héroïne à la Buffy qui, au jeu de la femme en danger, aurait tendance à se débrouiller toute seule. Finn (John Boyega) est un homme qui n'hésite à parler de ses sentiments. En tout cas, il leur donne un nom. En plus, il est attachant et apporte son lot de bonnes situations humoristiques et de bravoure. Poe (Oscar Isaac) est un pilote de chasse sympathique bien loin du macho tout droit sorti de Top Gun. Enfin, Kilo Ren (Adam Driver) est le personnage le plus subtile de tous. Le spectateur met du temps avant de le cerner mais, très vite, nous nous rendons compte que Abrams ne veut pas nous faire un Darth Vader bis. Plus le film avance, plus le personnage est intéressant. Et il vient, avec Rey et Finn, trianguler la thématique principale du film qui a pour but de nous montrer des personnages bousillés par la vie et qui essaient de ne plus être seuls. Vous comprendrez mieux en ayant vu le film, je vous rassure.

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Il y a d'autres personnages qui font leurs premiers pas. Ceux-ci sont joués par Lupita Nyong'o et Andy Serkis. La première incarne un personnage assez énigmatique dans sa fonction mais qui est une ouverture de l'univers de Lucas et de la Force qui avaient tendance à uniquement tourner autour des Jedi et des Sith. Le second ne surprend pas beaucoup dans son interprétation mais il tient un rôle important qui risque de s'étoffer pendant cette troisième trilogie.

Comme vous le savez, nous retrouvons (certains de ?) nos héros préférés. À l'instar de son Star Trek, J.J. Abrams fait passer le relais de héros âgés à des jeunes mais dans Le Réveil de la Force, c'est bien mieux pensé et exécuté. Surtout que l'intrigue s'articule autour de ces personnages de l'ancienne trilogie. Je ne révélerai rien de tout ça. Sachez que Abrams a bien décidé de nous montrer qu'il est du côté de ceux qui défendent le fait que Han Solo (Harrison Ford) a tiré le premier. Je mettrai un petit bémol sur Leia Ortaga (Carrie Fisher) qui a perdu de son caractère mais pas de sa détermination, c'est déjà ça.

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Enfin, un bon film Star Wars a aussi des droïdes. Si C3-PO est très drôle et balance une phrase qui se moque de nombreuses théories vues pendant la promotion, il reste le droïde insupportablement attachant. R2-D2 est utilisé modérément et un peu facilement mais ça nous fait plaisir de le voir. Enfin, il y a le nouveau venu, BB-8, attachant par sa forme il l'est encore plus dans le film sans jamais être lourd. Ils ont très bien travaillé sa gestuelle pour qu'il soit mignon et qu'il rappelle un chien par moment ou un chat par d'autres. Vous aurez compris il apporte une touche d'humour au film qui en regorge mais aucunes grosses blagues infantiles en vue. Dans le même ordre d'idée, J.J. Abrams balance de nombreuses références aux précédents volets de la saga sans pour autant que cela soit mécanique.

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Comme je l'écrivais plus haut, en plus d'être un pur space-opera dans la tradition de la première trilogie, le film a un fond, avec ces personnages perdus qui tentent de s'attacher aux autres. Mais, il y a aussi une thématique importante amenée par le Premier Ordre, les ennemis héritiers de l'Empire que combattent nos héros. En plus de prononcer d'avantage l'imagerie Nazi, J.J. Abrams se permet de mettre en scène un discours sur le rassemblement autour d'une idée de rejet de la société et de se réunir autour de la terreur rappelant certains discours actuels de l'Extrême Droite. Cette scène est exécutée avec talent, sans aucune musique, mettant ainsi l'accent sur la gravité de la situation.

Justement parlons d'esthétisme, J.J. Abrams modernise clairement les codes visuels de Star Wars auxquels il ajoute de nouveaux éléments. Les scènes de bataille spatiale sont magnifiques à regarder et jamais brouillonnes. Certains plans sont géniaux. Et même si, parfois, il lèche ses plans cela n'est jamais sans trahir sa narration. Je prendrai volontiers l'exemple d'une ellipse temporelle menée avec une sortie puis une rentrée de champs de BB-8 nous faisant comprendre le saut dans le temps de quelques heures. Certaines scènes sont purement magnifiques, d'autres marquantes. J'ai notamment celle de Rey se ruant bâton en avant sur un certain voleur dans le marché de Jakku qui me hante. Dans le même ordre d'esprit, les scènes de combat au sabre-laser sont très réalistes, les protagonistes essaient de faire mal à leur adversaire et pas de faire des chorégraphies et des salto-arrières inutiles comme dans la Trilogie du début des années 2000.

En plus de tout ça, la direction des acteurs est impeccable. Tous se démènent à la tâche même si Adam Driver sort largement du lot. J'ai aussi été bluffé par celle de Domhnall Gleeson (interprétant le Général Hux) à cause de ce rictus jouissif presque sadique devant son arme. Vous l'aurez compris, nous en avons plein la vue. Les oreilles aussi sont chéries et pour vous expliquer cela, je n'utiliserais que deux mots : John Williams.

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Je suis sorti de la salle conquis avec un sourire scotché au visage et, plus j'y pense, plus je me dis que j'ai passé un très bon moment. Ainsi, cette nouvelle trilogie qui débute a une base très solide afin de nous offrir de bons films par la suite, surtout qu'à la fin de celui-là certains mystères planent toujours et la scène finale est tout simplement parfaite.

Le gamin de 7 ans que j'étais lorsque j'ai vu la première fois la trilogie est ressorti du plus profond de moi afin de dire merci à J.J. Abrams puisqu'il a donné le film que j'espérais voir après Le Retour du Jedi. C'est simple, si voulez voir un bon film Star Wars, Disney, Lucafilm et J.J. Abrams vous l'apportent et il est en salle à partir d'aujourd'hui.

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