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Faith : Hollywood and Vine

Faith, personnage de l'univers Valiant, a eu droit à sa mini-série début 2016 des mains expertes et aimantes de Jody Houser, Francis Portela et de la sublissime Marguerite Sauvage, fierté nationale s'il en est. A l'occasion de sa sortie en volume relié, retour sur une mini forte de ses symboles.

Faith : Hollywood and Vine (puisque c'est ainsi que la série a été renommée à sa sortie en relié) propose une histoire somme toute bien dans les clous des récits classiques de super-héros mais nous verrons bien vite que ce n'est pas là que réside ses atouts. Le personnage est attachant. Volontaire, optimiste, courageuse face à ses propres dilemmes, Faith "Zephyr" Herbert n'a qu'un seul désir après les événements tragiques qu'elle a traversé dans Harbinger : un peu de calme et, surtout, une vie un peu plus normale. Alors oui, suivre les aventures d'un personnage qui aspire à la normalité peut sembler de peu d'intérêt mais, à nouveau, là n'est pas l'essentiel. Certes, le personnage se crée une identité secrète aussi discrète que celle de Superman, bien sûr, elle est grillée à 100 mètres MAIS elle essaye, elle essaye vraiment fort de rentrer dans le moule et cette volonté naïve et sans faille commence à nous donner un petit aperçu de qui elle est, de qui elle désire être. Et on s'attache.

faith 4Mais revenons au scénario de l'ouvrage : la super-héroïne respectée, Zephyr, souhaite faire profil bas pendant un moment. Fraîchement célibataire, elle décide de se créer une identité secrète directement inspirée de Doctor Who et se fait embaucher dans la rédaction d'un blog de potins. Oui, Doctor Who. Car j'ai peut-être omis de préciser que Faith est ce qu'on appelle une fangirl. Adepte de toutes les séries de science fiction créées à ce jour, elle fantasme régulièrement sur un acteur qui aurait tendance à faire penser à Chris Evans (impossible de la blâmer pour ce choix) et elle initie religieusement son entourage à ses passions (c'est son devoir en tant que fangirl, soyons clairs). Mais le crime ne prends jamais de repos et Zephyr découvre que des gamins avec de potentiels pouvoirs disparaissent. Elle va mener l'enquête et découvrir de biens vilains motifs derrière ces disparitions.

Malgré des débuts très classiques, le scénario a tout de même de jolies choses à offrir, quelques retournements de situation qui font sourire et une galerie de personnages très complète. Le hasard fait vraiment bien les choses chez Faith et on se demande si elle n'a pas un sixième sens pour les gens bizarres. Elle trouve une personne cool ? Tac, elle trempe dans un mystérieux complot. Cet enfant l'intrigue ? Tac, il a des pouvoirs. On aimerait que Jody Houser, scénariste d'Orphan Black, se lâche un peu plus et on peut l'espérer pour la suite ! Reste une lecture d'été efficace à savourer avec un cocktail sur une plage ensoleillée (n'oubliez pas la crème solaire).

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Le volume est agréable tant à l’œil que par l'histoire qui s'offre à nous. Les planches de Marguerite Sauvage sont à encadrer, même si on peut regretter le fait qu'elles s'éloignent un peu de l'idée de ne pas sexualiser gratuitement le personnage lorsque ça n'est pas nécessaire. Entendons-nous bien, elles sont superbe : couleurs, dessin, mise en page, c'est toujours un plaisir que de tourner une page pour arriver sur une double de Sauvage mais le changement est parfois brutal, la taille un peu plus marquée et les "défauts" plus facilement gommés, réduits. On peut cependant l'expliquer puisqu'il s'agit pour cette seconde dessinatrice de mettre en page les fantasmes de Faith, ces passages où elle imagine ce qui pourrait arriver dans le monde merveilleux et idéal de son imaginaire. Alors certes, les changements ont parfois un peu chatouillés ma fibre féministe de base mais, tout bien réfléchi, le tout est motivé, pensé et justifié alors ne boudons pas notre plaisir.

Pour ceux qui liront Faith sans connaître l'univers, et ils seront nombreux je n'en doute pas, précisons aussi que Zephyr est grosse et que ça n'est jamais un problème. Je me permets d'utiliser librement le terme grosse parce que, contrairement à ce qu'on nous enseigne, ça n'est pas une insulte. Son poids est toujours dessiné de façon réaliste sous la plume de Francis Portela, sans chercher à gommer ce que les journaux féminins qualifient d'imperfections. Ça fait plaisir, c'est très naturel, et ça ne l'empêche pas du tout de se taper les mecs qui lui plaisent et surtout de vivre sa vie comme elle l'entends. C'est clairement un des aspects principaux de cette série : puisque l'idée de base n'est pas follement novatrice, on trouve un intérêt clair à la lecture dans la façon dont le personnage diffère des autres. Faith n'est pas une bonasse dont on peut dessiner seins et fesses en même temps en prenant quelques liberté sur les bases de l'anatomie. Comme Ms. Marvel et d'autres séries, on a ici à cœur de ne pas sexualiser pour rien. Attention, ce n'est pas à dire que Faith n'est jamais sexy, non. Quand elle veut l'être, elle l'est suffisamment, quand elle doit sauver des bébés chiens et des gamins kidnappés, elle ne l'est pas, parce que c'est le moment de sauver des vies, pas de taper des poses.

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Niveau format, on a ici le classique format des autres volumes reliés Valiant, le choix de couverture est charmant et très représentatif du personnage, optimiste, dans les nuages mais en même temps vissée aux dernières news sur les séries qu'elle adore. Il faut voir ce volume davantage comme une introduction au personnage, presque une première origin story, sans l'origin story. Apprécions aussi le fait que Valiant soutienne cette série à fond. Si la maison d'édition a souvent donné dans les bases très classiques imposées par les éditeurs mainstream, les équipes ont toujours su embrasser les clichés pour les faire leur, voire les détourner. Bien sûr à première vue Bloodshot c'est le Punisher, bien sûr Quantum et Woody en appellent à Deadpool, et bien sûr, ils ont encore du boulot niveau personnages féminins. Mais ils se donnent à fond, ils tentent des choses et aujourd'hui, une seconde série a commencé pour Faith en juillet 2016, une vraie cette fois, une dont on ne sait pas quand elle finira et qui commence sur les chapeaux de roue avec trahisons et action. Valiant réimprime, fait de la pub, soutiens à fond le personnage de Zephyr qui prend sans cesse plus d'ampleur dans leur univers. FAITH_ONGOING_001_COVER-A_WADA1Sa nouvelle série est aujourd'hui la première d'un événement qu'ils nomment "The Future of Valiant" et le numéro sorti en juillet est la meilleure vente de l'année pour un premier numéro d'une série indépendante. Et que dire du fait qu'elle est le seul personnage féminin gros à avoir sa propre série ? La représentation, j'espère que vous le savez, c'est très très important et aujourd'hui, Valiant nous permets de faire un pas de plus.

Faith : Hollywood and Vine est attendu en France pour le printemps 2017 alors soyez patients et surtout, soutenez le personnage lors de sa sortie, achetez les volumes, physiques ou numériques, c'est aussi comme ça qu'on fait avancer les choses (et puis c'est cool à lire je vous dis alors n'hésitez pas !).

faith-TP-001-couvFaith : Hollywood and Vine

Valiant Entertainment • Par Jody Houser, Francis Portela & Marguerite Sauvage • $9.99
Lisez Faith. D'abord parce que c'est beau et plaisant, mais aussi pour voir ce que ça change que de lire un personnage gros, différent : c'est à dire rien. Elle reste une super héroïne avec des préoccupations de super héroïne, des gens à sauver, une identité secrète à préserver, une sociabilisation difficile parce qu'avoir des amis c'est les protéger, bref et de bout en bout, une super héroïne comme les autres tout en étant totalement autre chose. Faith est d'avance une icône, un symbole, les comics évoluent à travers elle.

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