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Renato Jones: The One%: Season One

C'est beau, et c'est un peu tout...

Kaare Kyle Andrews a quitté les deux grands éditeurs pour monter tout seul Renato Jones: The One%, une série sur un justicier qui va violemment faire payer les riches... Que vaut la série après son premier volume ?

J'ai lu peu de choses de l'auteur, qui est surtout l'homme de deux grandes séries: Spider-Man Reign - la version Spidey de The Dark Knight Returns (et qui est plutôt chouette) - et Iron Fist. Lassé de la manière dont il était traité chez Marvel, l'auteur a décidé de monter tout seul sa série chez Image Comics. Il écrit, dessine, colorise, et a un contrôle total sur le tout. C'est une bonne chose pour le créateur, qui peut dessiner l'histoire qu'il veut sans aucune retenue.

Et il va se faire plaisir, entre la violence, la nudité, et l'aspect choquant de très nombreuses scènes. Renato Jones fait partie des 1%, ces quelques personnes qui possèdent plus de la moitié de la richesse de la planète. Bien décidé à faire payer les siens pour leurs actions, il va mettre un masque et commencer son massacre... On a un croisement de Batman, du Punisher, et de Robin des Bois, la série devrait fonctionner, non ?

Non. Je sais que Kévin a adoré les numéros précédents, mais je n'ai pas réussi à rentrer dans ce volume. Si l'objet en lui-même est très beau (dix dollars pour un TPB avec une couverture aux inscriptions en léger relief et des bonus à la fin, tout de même!), l'histoire tombe à plat. J'ai été au mieux blasé, au pire franchement gêné devant tout ça. Kaare Andrews écrit une fable politique ultra-violente, mais ne donne aucune épaisseur à l'ensemble. On nous répète douze fois par page que les riches sont mauvais, mais c'est tellement cliché que chaque découverte d'un ennemi tombe à l'eau.

Entre les riches aux désirs sexuels inhumains ou le dirigeant d'une usine qui traite ses employés comme des esclaves, rien n'est bien fou et inédit dans l'ensemble. On sent qu'Andrews veut choquer en montrant des choses vraiment sales, mais l'accumulation tombe systématique à plat. Ils sont méchants, très, mais tellement vus et revus qu'ils se transforment en chair à canon.

J'ai par moments eu l'impression de lire les écrits d'un adolescent de 16 ans qui a vu Fight Club avant de venir (j'ai vécu tout ça, je sais de quoi je parle!), et tente d'écrire l'histoire la plus choquante possible sans aucun fond. Les situations s'enchaînent sans grande logique, et j'ai refermé ce volume sans avoir lu quelque chose qui m'a touché. On met un temps fou à découvrir le background du personnage, qui est bien la seule chose intéressante, et pendant ce temps-là l'auteur oublie de construire correctement ses personnages dans le présent. Entre la meilleure amie du héros qui est aussi insupportable que cruche, les méchants clichés et un Renato moderne qui n'a absolument aucune personnalité, rien ne fonctionne du côté des personnages.

Il reste pourtant des bonnes idées, notamment dans le rapport de Renato avec son grand-père, ou l'univers construit. Les quelques touches super-héroïques, avec les méchants qui se transforment en gros Hulk, laissaient penser que la série partirait dans une autre direction, mais non, on reste désespérément ancré dans un monde semi-réaliste cliché (sauf quand on se prend une lame dans la tête, on peut s'en sortir sans encombre et sans cicatrice...).

Par contre, si je dois reconnaître une chose au créateur, c'est sa partie artistique qui est époustouflante. Il a toujours eu un trait brut, presque sale, et là il se surpasse. Entre les scènes d'action, le découpage qui laisse sur le côté la concurrence, c'est beau, c'est magnifique, c'est triste que ça soit utilisé sur un aussi mauvais scénario. Je pense à certaines pages où il "inverse" les rapports entre les couleurs, notamment des séquences entières avec le noir en couleur dominante: l'utilisation de l'espace vide est fabuleuse, et rien que pour ça, je ne regrette pas trop mon achat.

Renato Jones: The One%: Season One

Image Comics • Par Kaare Kyle Andrews • $9.99
Il y avait un gros potentiel, mais je n'ai pas accroché à cette histoire trop clichée. Mon collègue semble avoir adoré et il peut avoir raison, donc je vous invite à tenter l'expérience à ce prix-là. Rien que pour les dessins, ça vaudra le coup. Je lirai quelques numéros de la suite en espérant que ça décolle...

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