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The Fade Out: Act One

Ed Brubaker et Sean Phillips se retrouvent encore un fois, cette fois-ci pour la série The Fade Out. Celle-ci, dont le premier acte est abordé ici, est justement centré sur le monde du cinéma, et plus particulièrement Hollywood dans les années 40. Mais la série prend un intérêt particulier parce qu'elle est complètement ancrée dans l'Histoire de ces années-là.

The Fade Out est centrée autour de Charlie Parish, un scénariste plutôt réputé à Hollywood, mais qui n'est plus capable d'écrire suite à sa participation à la Seconde Guerre mondiale. Celui-ci se réveille dans une baignoire, après une soirée un peu trop arrosé. Il essaie difficilement de se remémorer les événements quand il s'aperçoit que Valeria Sommers, star du film dont il est scénariste est étendue morte dans le salon. Et il prend la décision - peu courageuse - d'effacer toute trace de son passage et de quitter les lieux sans avertir la police.

Voilà donc le héros que Brubaker dépeint. Comme souvent avec lui, il n'a rien d'héroïque, n'a pas beaucoup de qualité et a été abîmé par son passé. Mais par contre, il a des remords. Cela va l'empêcher d'oublier Valerie, surtout quand il s'aperçoit que ce qui ressemblait à un meurtre a été annoncé publiquement par le studio comme un suicide. Brubaker émet donc plusieurs critiques sur Hollywood, tout du moins celui des années 40. Cette industrie y est décrite comme très patriarcale. L'auteur fait aussi mention de La Liste Noire d'Hollywood (liste empêchant de travailler les personnes suspectées d'être sympathisants du parti communiste américain), notamment avec le collègue de Charlie, Gil Mason, qui écrit ses scénarios pour lui, dans la discrétion la plus totale.

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Et comme c'est Hollywood, la défunte est remplacée par Maya Silver, une autre jeune femme en quête de célébrité. L'occasion pour Ed Brubaker de mettre en scène les techniques utilisées par les studios pour manipuler le public. Grâce à ses nombreux personnages, la série exploite au maximum l'ambiance de l'époque et la rend très réaliste. Beaucoup de personnages sont très bien caractérisés, ce qui leur donne beaucoup d'épaisseur et rend leurs interactions crédibles.

Comme avec Fatale, une femme est au centre de l'histoire, même si c'est moins direct ici. La relation Valeria-Charlie va être au centre des prochains numéros, et permettra d'en savoir plus sur ce qu'il se passe dans le Hollywood de Brubaker. Et celui-ci est pour l'instant très sombre. Alcool, femmes, mensonges, passage à tabac, le portrait dépeint par les auteurs n'est guère réjouissant. Brubaker écrit une nouvelle fois (et avec brio) une histoire noire, dans un environnement particulièrement adapté.

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Pour faire cela, il est aidé par son acolyte Sean Phillips et par la coloriste Elizabeth Breitweiser (Velvet, Fatale). Le duo fonctionne parfaitement ; on se croirait vraiment dans les années 40. L'encrage caractéristique de Phillips est très bien mis en valeur par Breitweiser, et les deux livrent des pages au jeu d'ombres impeccables. Chaque personnage est reconnaissable (ce qui aide quand il y en a autant), et les passages de flashback/rêves sont assez astucieux, notamment avec un dessin beaucoup moins précis. Bref, si vous connaissez Sean Phillips (et j'espère que c'est le cas!), The Fade Out, c'est du très bon Sean Phillips. Ses pages sont détaillées, il n'y jamais de case vide. C'est vraiment un plaisir de lire cette série.

The-Fade-Out-v1-CoverThe Fade Out: Act One

Image Comics • Par Ed Brubaker & Sean Philips • $9.99
Le premier arc de The Fade Out est une réussite. Ed Brubaker et Sean Phillips introduisent parfaitement leur série, en leur donnant un côté très réaliste. Les personnages de sont pas des coquilles vides, l'intrigue est intéressante et quelques indices sont déjà donnés pour la suite. Leur Hollywood est sale, mais tellement attractif, on a vraiment hâte de lire la suite.

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