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Daredevil Saison 1

Arrivée en avril sur le service de vidéo à la demande Netflix, la série Marvel's Daredevil a su autant surprendre qu’être appréciée. Il était temps pour nous de vous parler plus longuement de la série que nous l'avions fait jusqu'à présent.

Je m'étais lancé dans un exercice plus compliqué que je ne l'aurais espéré en essayant de critiquer épisode par épisode la série. Vous pouvez d'ailleurs lire mon avis sur le premier et le second épisode. Le fait est que j'ai dévoré la série en trois soirées et que de me souvenir en détail de chaque épisode n'est pas forcément évident. Mais, la véritable raison qui m'a poussé à écrire la critique globale de la première saison est que les treize épisodes qui la constitue ressemble plus à un long film qu'à une série télé conventionnelle.

Le format des "séries originales Netflix" ont cette particularité de ne pas donner cette impression d'être compartimentée. Souvent, il faut laisser le temps aux séries de se mettre en place avant de pouvoir réellement juger de leur qualité. Prenons l'exemple de Daredevil, bien que l'ambiance posée est saisissante dès le début l'histoire ne commence réellement qu'au quatrième épisode. Le reste est une mise en place nous montrant le contexte, nous présentant les personnages et nous dévoilant l'obtention des pouvoirs de Matt Murdock (Charlie Cox), celui qui deviendra Daredevil.

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L'histoire n'est pas sans rappelée celle de la mini-série Daredevil: Man Without Fear de Frank Miller et John Romita Jr publiée aux États-Unis en 1994 et qui vient d'être publiée à nouveau en France chez Panini Comics. Nous découvrons donc, dès les premières secondes de la série, comment un enfant en tentant de sauver un aveugle sera percuté par un camion de produit chimique. Ceux-là rendent le garçon aveugle mais développent ses autres sens.

Des années plus tard, nous retrouvons ce garçon, Matt Murdock, qui est avocat et qui monte son cabinet avec son meilleur ami, Foggy Nelson (Elden Henson). Ensemble, ils veulent aider les démunis face aux requins de la justice dans le quartier où ils ont grandit, Hell's Kitchen. Sauf que le quartier est en train de se métamorphoser. Certains profitent de l'attaque de New-York par des extra-terrestres pour semer la terreur et pour lancer du marchandage d'êtres humains.

Murdock décide donc d'utiliser son don, le sens radar, lui conférant une habilité à percevoir plus rapidement les mouvements, afin de combattre la pègre envahissante le quartier. Pour cela, il se masque et s'habille de noir pour roder la nuit sans que ses proches se doutent de quelque chose.

L'angle d'attaque de la série est plutôt quelque chose de réaliste et les auteurs arrivent tout de même à intégrer les événements fantastiques sans que cela fasse tâche. Ainsi, lorsque Murdock se bat, il ne voltige pas dans tous les sens, il a une manière de se battre très réaliste. Il commet des erreurs, il tombe, il a du mal à se relever, il frappe comme il peut et il se laisse guider un peu trop souvent guider par ses émotions.

Il s'agit certainement du point fort de la série, la caractérisation des personnages. Matt Murdock est quelqu'un de secret mais il reste sympathique auprès de ses proches. Lorsqu'il passe du bon temps avec eux, il le dit et le montre. Et lorsqu'il se comporte en homme mystérieux, ceux-ci n'hésitent pas à le lui dire. "Ceux-ci" désigne Foggy mais aussi Karen Page (Deborah Ann Woll), une cliente qui va devenir leur secrétaire après qu'elle soit tombée dans un piège la faisant accusée d'un meurtre qu'elle n'a pas commit. Murdock va également interagir avec Claire Temple (Rosario Dawson) que Steven S. DeKnight, showrunner de cette première saison, va adapter en sorte de Night Nurse mais réservée à Murdock. C'est une femme qui elle aussi va essayer de faire du bien dans son quartier mais à son échelle et essayant de soigner Murdock de ses blessures afin qu'il soigne Hell's Kitchen du mal qui le ronge. Leur relation est plus "professionnelle", il n'y a pas la même connivence qu'avec Foggy et Karen, il est évident que Murdock essaie de garder ses distances et cela s'avérera d'autant plus vrai au fil de la série.

Murdock n'est pas un personnage simple à cerner puisqu'il est tiraillé entre son envie de faire la justice légalement (avocat) et la faire soi-même. Il porte un fardeau qu'il s'impose à cause du sacrifice qu'a fait son père par excès d'amour envers lui.

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L'ombre du père et son influence sont deux thématiques que nous retrouvons également dans le personnage de Wilson Fisk campé par Vincent D'Onofrio plus en forme que jamais. Ici, les auteurs ne tentent pas de nous trouver d'excuse à la cruauté du personnage. A l'instar de Murdock et en suivant le principe de tabula rasa, le personnage crée sa propre expérience et le père - joué par l'excellent Domenick Lombardozzi - ne représente que le moment où la vie du personnage bascule.

Le personnage de Fisk est en conflit avec soi-même entre le fait de ne pas sombrer comme son père et être quelqu'un de respectable et agir, quitte à se salir les mains, lorsqu'il faut punir. Tout le semblant d'équilibre que Fisk aura trouvé pour résoudre ce conflit internet sera bouleversé par Murdock et c'est pour ça que le chef de la pègre en voudra personnellement à son rival.

Toute la série est une montée en puissance qui mène à l'instant tant attendu, la confrontation entre les deux hommes. Entre les deux, nous découvrons aussi d'autres personnages comme l'excellent Toby Leonard Moore en Wesley, le conseiller et meilleur ami (?) de Fisk, Vondie Curtis-Hall en Ben Ulrich et Ayelet Zurer en Vanesse Marianna, un personnage complexe dans la pure veine de Frank Miller. Mais aussi Scott Glenn qui campe à merveille Stick ou Bob Gunton qui joue Leland Owlsey.

Avec autant de contenu, et avec ce format assez spécial qu'est ce lui de Netflix, il y a toujours le problème de la fin de saison qui semble précipité. Chacune de leurs séries que j'ai vue, il y a ce côté dérangeant que toutes les résolutions doivent être dans les deux derniers épisodes. Ici, tout semble se décanter à la fin et un peu trop facilement. C'est d'autant plus dommage que Steven S. DeKnight et son équipe ont réussi un sans faute jusque-là.

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La série TV Daredevil est mature, violente, prenante mais elle a aussi son lot d'humour bien placé et d'émotion vive. Les personnages sont fort bien travaillés avec des acteurs crédibles. Je tiens à saluer la prestation de Charlie Cox qui est l'acteur idéal pour le rôle de Murdock, il le joue avec talent et il sert pleinement la complexité du personnage tout en le rendant sympathique. Ce qui est encore plus remarquable, c'est que l'équipe créative a su prendre le format Marvel Studios et proposer à sa manière leur lecture de ce schéma imposé. Il faut dire qu'avec près de 13 heures pour raconter la naissance de Daredevil, il est plus évident pour eux de sortir des sentiers battus par les films de la firme. En tout cas, j'espère que le prochain showrunner arrivera à capter l'essence de cette première saison et nous offrir quelque chose d'aussi bon et que l'ajout de nouveaux personnages charismatiques comme le Punisher et Elektra ne gâcheront pas l'efficacité de la série.

  • pacclerouge

    C'est marrant notre timing respectif car j'ai terminé hier soir le visionnage de la saison 1. Effectivement Daredevil est une bonne série, et peut-être, à mon goût, la meilleure production de Marvel (je ne suis pas trop fan de leurs conneries cinématographiques, tu l'auras bien compris). Aussi réussie soit-elle, il y a quelques scories :
    - Karen est insupportable, et c'est à l'acting déplorable de Woll (dans la lignée de sa performance dans True Blood). Entre elle et Rosario qui est capable de te transmettre un truc même si la ligne de dialogue est pas terrible.
    - Le costume final de Daredevil. Mais ça je l'impute globalement à mes goûts car que ce soit dans les films, mais surtout les séries, j'ai l'impression de voir un mauvais cosplay. Surtout quand tu passes de Superior Iron Man et le DD de CInar à ... ça. Ce qui fait que pour moi, le plan final est assez ridicule.
    - Quoiqu'on dise le plot sur la chute de Fisk n'est pas très finaud. Cela aurait mérité une meilleure construction. Ce n'est pas aussi désastreux que Gotham, mai c'est dommage.
    - Il y a les défauts du mainstream qui force le trait. Ce qu'ils ont de Melvin est très très contestable. Des dialogues sont forcés et viennent nuire au travail de caractérisation par ailleurs plutôt réussi sur un ensemble de personnages. Par exemple l'échange entre Foggy et Matt une fois que le premier découvre l'identité du second est assez raté.

    Mais bon, cela reste une bonne série avec effectivement pas mal de promesses pour la saison 2.

    • Le costume sur les images promo est potable. Dans la série, il est très moche, on est d'accord 😉

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