The Mighty Blog

Daredevil Saison 2

Pourquoi Elektra ?

Disponible depuis le mois d'avril 2016 (du retard, nous ?), la deuxième saison de la série TV Daredevil était plutôt très attendue. Faut dire que le première avait suscité l'engouement du public. Pour donner encore plus envie, Netflix et Marvel Studios intègrent deux personnages populaires à l'univers cinématographique de Marvel : le Punisher et Elektra. Mais, était-ce une bonne idée ?

Même s'il a arrêté Wilson Fisk à la fin de la première saison, les ennuis continuent de s’amonceler pour Matt Murdock alias Daredevil (Charlie Cox). Tout d'abord, son meilleur ami, Foggy Nelson (Elden Henson) , ne lui fait plus confiance. Ensuite, un tireur sur-entraîné s'attaque aux gangs de la ville. Enfin, son ex réapparaît avec un secret qui pourrait coûter la vie à notre héros. Bref, le programme est chargé et nous promet de ne pas nous ennuyer. Ce qui n'est pas tout à fait vrai puisque comme sur la précédente saison, ces 13 épisodes proposent un rythme assez lent dans le développement de l'intrigue qui s'étale en longueur et l'exact même schéma adapté pour recevoir le casting plus large.

Pourtant, l'équipe créative de Daredevil a changé. La première saison était conduite par Steven S. DeKnight qui se reposait sur le synopsis de Drew Goddard. Les fans du Buffyverse - comme moi - savent que c'était un gage de qualité. Goddard est toujours présent comme consultant mais ce sont Doug Petrie (également ancien scénariste de Mutant Enemy la boîte de production de Joss Whedon) et Marco Ramirez qui sont les showrunners. Ayant tous les deux bossé sur la première saison, il n'y a aucun risque qu'ils dénaturent la série. D'ailleurs, ce n'est pas le cas. De plus, les séries Marvel Studios sur Netflix semblent emprunter la même structure de série ce qui garantit l'envie des producteurs de conserver la recette de leur succès.

La saison est décomposée en quatre intrigues différentes qui viennent à se croiser mais qui n'ont pas la même importance. Bien évidemment, la première repose sur les conséquences directes de la fin de la première saison. Elles arrivent tardivement dans la saison - et de manière aussi lourde que le Caïd - mais n'auront pas autant d'importance que les nouveaux éléments apportés au show. Finalement, ce n'est pas bien grave cela remplit de manière convenable quelques épisodes de la saison. La seconde intrigue implique la relation entre Matt Murdock et Foggy Nelson. Le dernier a appris que son meilleur ami allait combattre le crime la nuit et cela change la dynamique du duo. La confiance n'est plus là et le duo évoluera à partir de cette rupture idéologique.

Mais, l'histoire s'articule principalement autour des deux autres intrigues, celles autour des nouveaux personnages de la série. Tout commence avec le Punisher (Jon Bernthal) qui fait sa propre loi dans les rues de Hell's Kitchen. Sa manière d'agir ne va pas plaire à Daredevil qui va tenter de l'arrêter. Mais, derrière la vengeance d'un homme qui a perdu sa famille, il y a une affaire plus importante et le bureau d'avocats Murdock et Nelson va se trouver au milieu d'une histoire qui lui échappe. C'est surtout Karen Page (Deborah Ann Woll) qui sera la plus affectée par cette histoire. Elle va s'appliquer plus qu'il ne faudrait ce qui va déplaire à Murdock.

Pour Daredevil, la situation est encore plus difficile puisque son ex, Elektra Nachos (Elodie Yung), refait surface après des années d'absence et lui demande de l'aider à affronter la Main, une organisation de ninjas rudement préparés et qui ont de quoi déstabiliser notre héros. Ce dernier va se laisser consumer par l'histoire d'Elektra et va délaisser son associé et, surtout la secrétaire de son cabinet, Karen Page au moment où ils en ont le plus besoin.

Je n'ai pas autant apprécié cette saison que la précédente. La multiplication des intrigues n'en est pas la cause. D'ailleurs, les scénaristes gèrent très bien l'ensemble. Je dirais même qu'ils ont tous les éléments pour évider que le rythme de la saison de 13 épisodes puisse redescendre. Je note en tout cas l'effort parce que, dans les faits, ce n'est pas toujours réussi.

Le premier problème est le même que celui que je ferais à la seconde saison de Dexter : la relation entre le héros et sa maîtresse prend le dessus sur le reste et gâche l'intention de montrer que Daredevil a besoin de quelqu'un qui le comprenne - malgré le fait qu'il laisse croire qu'il est plus heureux seul. Et comme c'était le cas pour Dexter, l'amante s'avère insupportable. Ce n'est pas la faute de l'actrice ni de son interprétation mais bel et bien de l'écriture du personnage. Arrogante, prétentieuse, hautaine et menteuse, Elektra n'a rien pour plaire. Elle embarque Daredevil dans une histoire dont on ne connait ni les tenants ni les aboutissants tellement la vérité est camouflée sous la tonne de mensonges qu'Elektra peut sortir. Heureusement pour elle, Matt Murdock semble plutôt réfléchir avec sa b**e qu'avec son cerveau, du coup, il la suit sans broncher. Pourtant, l'épisode avec le flashback montre que Matt s'était déjà fait avoir par le passé de la même manière.

Mais, afin d'appuyer le fait que Murdock se sente obligé de s'approcher d'Elektra, les scénaristes pensent qu'ils faut obligatoirement détruire sa zone de confort, sa famille. Le problème c'est que c'est lourd. Murdock passe pour un égoïste autant auprès de ses amis que des spectateurs alors que ce n'est pas l'intention des auteurs. Ainsi nous avons le droit à la même scène qui se répète jusqu'à ce que les relations se brisent vers la fin de la saison.

Du coup, entre la destruction du petit groupe Murdock/Nelson/Page, l'entêtement de Karen, Elektra et le retour forcé de Fisk, la saison s'avère assez pénible dans le sens où les showrunners font tout pour casser ce que la première saison à apporter pour essayer d'en retrouver l'énergie. À ça vient s'ajouter l'intrigue de la Main vouée à ne pas être résolue dans cette saison et qui ajoute des histoires de mystères et/ou de conspirations en utilisant des techniques faiblardes en faisant en sorte que Elektra - mais aussi Stick - connaisse plein de choses sur leurs ennemis mais préfère sortir à Daredevil son joker "tu n'es pas prêt d'entendre la vérité" que d'expliquer la situation. Du coup, on a vraiment l'impression que les producteurs des séries Netflix ont eu cette idée mais ne savent pas trop quoi en faire.

Ainsi, la saison a un gros passages à vide de l'épisode 4 au 9 inclus, avec cette destruction intensive du "cocon" de Murdock et cette conspiration. Mais à partir du 10, les showrunners redressent la barre - même si Elektra est toujours aussi insupportable et Karen Page le devient tout autant - et arrivent même à nous donner envie de lire la suite - qui, maintenant on le sait devrait être dans la série Defenders.

Il y a d'autres choses plutôt réussies dans la saison mais elle reste vraiment en-dessous de la première niveau qualité. Les showrunners pensent même à proposer une scène en plan séquence comme celle déjà mythique de la précédente saison mais, là encore, c'est bien moins réussi. Et je pense que ça résume bien ces 13 épisodes.

Paperblog : Les meilleures actualités issues des blogs