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Jessica Jones Saison 1

Depuis le 20 novembre, vous pouvez voir entièrement la série Jessica Jones, la nouvelle coproduction entre Netflix et Marvel Studios. Ce show créé par Melissa Rosenberg nous présente dans l'univers cinématographique de Marvel l'héroïne créée par Brian Michael Bendis et Michael Gaydos pour le label destiné à public adulte, Marvel MAX. Composé de treize épisodes, la série Netflix nous montre le combat de tous les jours de la détective privée afin de combattre le terrible Kilgrave, un homme capable de contrôler les esprits.

jessica-jones-posterJessica Jones Saison 1

Par Melissa Rosenberg • Avec Krysten Riter, David Tennant, Rachael Taylor, Eka Darville, Carrie-Anne Moss...
La super-héroïne Jessica Jones s'est reconvertie en détective privé. Hantée par un événement traumatisant de son passé, elle se cache à New York et se contente de sordides affaires adultère. Une nouvelle enquête va faire resurgir de vieux démons...

Une fois le magnifique générique passé, nous découvrons de belles images HD de New-York et une voix-off rappelant les films noirs avec la musique jazzy en fond. Il n'y a pas de doute, la série Jessica Jones (Krysten Riter) capte les mêmes influences que Alias, le comicbook de Bendis et Gaydos. D'ailleurs, le premier épisode nous montre de nombreuses scènes extraites de la BD et, tout au long du show, nous retrouverons certaines punchlines de Jessica. Par exemple, pas une minute après le début du show, nous voyons la première scène de Alias #1 avec le client pas content qui passe à travers la vitre du bureau de Jessica.

La showrunner, Melissa Rosenberg, refuse de faire une "origin story". La plupart des personnages se connaissent ou se sont croisés, donnant une dynamique particulière au premier épisode qui est un ensemble d'expositions qui s'avère pourtant assez intriguant et pousse à continuer de suivre l'histoire. Il y a quelques scènes de sexe "gratuites" mais cela donne le ton de la série qui se veut très mature.

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C'est le cliffhanger de cet épisode qui nous fait rentrer complètement dans l'histoire, celle qui fait basculer Jessica Jones dans le cauchemar. La mise en scène et le jeu d'acteur de Erin Moriarty incarnant Hope rendent cette scène incroyablement intense. Du genre, celle qui vous restera gravée en mémoire après avoir vu la série en entière tout en nous faisant percevoir la menace que représente Kilgrave (David Tennant), jusque-là seulement évoqué ou montré en tant qu'ombre dans les cauchemars éveillés de Jessica Jones.

Le méchant s'avère en effet très léger au début du show. Peu présent ou ses premières apparitions semblent aller dans le sens de ceux qui prennent Jones pour une folle. Ainsi, Rosenberg préfère en faire une sorte de légende dont la cruauté semble n'être que dans l'imagination de Jessica Jones. Seule sa meilleur amie, Trish Walker (Rachael Taylor), la croit. Mais, notre héroïne préfère ne pas être prise pour une victime et ce comportement de dure à cuire va plutôt lui être défavorable. Mais derrière tout cela, Rosenberg nous propose un récit basé autour d'une femme violée qui se bat pour rester digne et paraître moins bousillée qu'elle ne l'est vraiment. Le message et la représentation sont forts et très bien retranscrits.

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Toute la saison est l'histoire d'une femme qui a l'impression d'avoir échoué et qui tente de se racheter une seconde chance. En effet, Jones se considère comme responsable de son viol (psychique et physique) et, elle n'arrive pas à se raisonner. À son sens, l'histoire de Hope lui donne l'opportunité de pouvoir se rattraper. Et, nous, téléspectateurs, nous comprenons qu'elle fait fausse route. Elle est une victime, et ses reproches envers elle-même sont injustifiés.

Jones est une femme forte en apparence mais son violeur, qui a abusé d'elle pendant des mois, a toujours une emprise sur elle. À chacune de ses apparitions ou même à l'évocation de son nom, Jessica est sur le point de se mettre en position de foetus. Rosenberg arrive à retranscrire plein de concepts forts, réussissant son analogie au viol et mettant mal à l'aise à certains moments. Jones se sent seule, non comprise et finit par s'isoler et à cacher ses sentiments derrière le cynisme.

Comme vous l'aurez compris, l'intrigue emmène Jessica à devoir affronter son violeur, un personnage puissant que rien ne semble arrêter, ni son pouvoir ni la manière dont il l'utilise. Dans ce rôle, Tennant est tout simplement incroyable. J'adore l'acteur depuis des années mais, ici, il rayonne. Il vole la vedette à Krysten Ritter, mais, là, encore parce que le rôle qu'il tient impose qu'il écrase Jessica Jones par son aura pour la faire douter à chaque instant.

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Malgré les thèmes utilisés, Jessica Jones n'est pas seulement dramatique. Il y a de nombreuses pointes d'humour avec les fameuses punchlines tirées du comicbook ou les quelques moqueries sur le costume et le nom Jewel, patronyme qu'utilise Jessica Jones en tant que super-héroïne. Il y a d'autres éléments comiques comme le cynisme de l'héroïne faisant penser à un mélange entre Daria et Faith de la série Buffy contre les Vampires. Mais ce qui étonne le plus finalement, c'est comment la série s'éloigne du "genre" super-héroïque avec une représentation des super-pouvoirs plutôt réalistes. Jones a une force plus élevée que la normale mais elle n'est pas Hulk ou Thor, elle est moins forte même que Captain America.

Sur les treize épisodes, Rossenberg ne s'arrête pas à un seul traitement de la persécution et des traumatismes humains. L'histoire de Patricia 'Trish' Walker va dans ce sens. Elle vit un drame personnel qu'elle essaie d'affronter à chaque instant. Malcolm (Eka Darville) et son groupe de parole montrent aussi comment les gens ont besoin de se rassembler entre eux afin de partager un traumatisme commun. Même l'histoire de l'avocate Jeri Hogarth (Carrie-Anne Moss) prouve que la showrunner veut faire de cette histoire de super-héros une véritable histoire humaine. Enfin, il y a la raison qui pousse Jessica Jones à suivre Luke Cage (Mike Colter) qui va dans ce ce sens.

Justement, l'utilisation du personnage de Cage - en plus de faire écho aux comics - est un moyen non-dissimulé pour les producteurs de Marvel Studios d'élargir l'univers de leurs séries Netflix. Dans la même ordre d'idée, il y a toute la sous-intrigue autour de Will Simpson (Will Traval) qui pourrait venir à ouvrir d'autres intrigues dans la suite de Jessica Jones ou une toute autre série.

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En attendant, la série Jessica Jones se suffit à elle-même. Son traitement est efficace et l'intrigue est passionnante même si les sous-intrigues viennent parfois enrayer la machine et ralentissent le rythme afin d'étaler l'ensemble sur treize épisodes. En tout cas, je trouve cette première saison plus intéressante et plus réussie que celle de Daredevil. Pourtant, le schéma est identique. Les pics d'intérêt et les twists apparaissent sensiblement au même moment dans le déroulé de la saison. Mais, Jessica Jones est une série plus folle. L'ennemi est une menace à chaque instant ; Kilgrave n'a aucune limite. Mais, surtout, Jessica Jones est le parfait mélange entre Buffy et Faith, et cela est forcément un traitement qui me plaît. Sans compter que le supporting cast est moins irritant que celui de Daredevil.

Vous l'aurez compris je vous recommande fortement Jessica Jones et, j'espère, que la prochaine saison me procurera autant de plaisir.

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