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Eternal Warrior

La colère du guerrier éternel

Dans ce grand tome de Eternal Warrior, Bliss Comics y compile la série complète écrite par Robert Venditti s'intéressant à Gilad le guerrier éternel de Valiant et à sa famille qui ne l'est pas, éternelle, elle.

Si l'histoire fait suite à Book of Death - publié par Bliss il y a quelques mois, l'histoire de Eternal Warrior reste accessible à n'importe qui, lecteur assidu de Valiant comme les autres. La seule chose à savoir est que, comme son nom l'indique, notre guerrier est éternel - mais pas immortel - et, par conséquent, il a eu plusieurs vies en 6000 ans d'existence.

Maudit, Gilad Anni Padda ne peut rester mort. Après être tué, il est dans un purgatoire peu commun où il peut profiter un court instant des gens qu'il a aimé durant toute sa vie : la femme de sa vie, Leena, et tous ses enfants issus de diverses unions. Mais lorsque la nuit tombe et que son nom résonne dans les ténèbres de la forêt, Gilad s'en va affronter des hordes de démons afin de retrouver vie sur Terre.

C'est avec cette situation peu commune que commence l'histoire de Venditti montrant les deux facettes de Gilad, un homme au paradis perdu dans la mort et le guerrier implacable et violent. Mais l'histoire principale de cette saga en 14 chapitres se dévoile petit à petit et sert de fil conducteur à la série. Il s'agit de la relation compliquée entre Gilad et son fils aîné Kalam qui évolue au fil des épisodes - peut-être de manière un peu brutale d'ailleurs.

Chaque arc narratif a sa propre recette, sa propre aura. Si le premier introduit ce purgatoire et les règles qui le régit, le second s'intéresse au passé de Gilad lorsqu'il vivait avec la mère de Kalam. Le troisième - et je m'attarderai plus longuement ci-dessous - utilise la mécanique connue de la résurrection du guerrier éternel dans une histoire bourrée d'adrénaline. Enfin, le livre s'achève avec notre héros devant traverser le purgatoire pour sa dernière quête : réunir sa famille.

J'aime particulièrement le début de la série pour son ambiance, et cette manière efficace de raconter les choses. Venditti laisse parler les dessins et arrive à trancher entre la paisibilité de la chaumière dans laquelle vit la famille de Gilad et la violence du monde des démons. Mais c'est certainement la troisième partie, Le Labyrinthe, qui est la meilleure partie du livre.

Fans du jeu Dark Souls, vous allez adorer cette histoire dans laquelle Gilad meurt continuellement et doit redémarrer au dernier "feu de camp" rencontré mais, à chaque fois, les ennemis sont revenus à l'exact même endroit. Gilad entre dans une boucle infernale et va jouer de la hachette pour tenter de se sortir de ce labyrinthe dans lequel il est enfermé afin d'être observé.

Je ne peux donc pas vous cacher que mes parties préférées sont celles dessinées par Raul Allen et Patricia Martin, des artistes incroyablement talentueux qui transforment ce qu'ils dessinent en or. Le découpage et les angles en vue imposent une ambiance. Avec le script de Venditti, ils arrivent à raconter énormément de chose avec peu de texte. Il est évident que Gilad et Leena s'aiment énormément en 3 cases, par exemple. Et les épisodes du chapitre dans le labyrinthe sont dynamiques et proposent une architecture incroyable montrant l'immensité de la prison du guerrier.

Le reste du livre est dessiné par Juan Jose Ryp  - vous retrouverez ses pages encrées à la fin dans les pages bonus - qui propose, comme à son habitude, un style brut avec des litres de  sang jaillissant de chaque case. Je ne suis pas fan de cette manière de glorifier la violence, de cette surenchère. La dernière partie est dessinée par Robert Gill dont le style est bien moins marqué que les deux autres artistes avec qui il collabore. C'est très lisible et tout aussi solide, mais assez générique, finalement.

Eternal Warrior

Bliss Comics • Par Robert Venditti, Raul Allen, Patricia Martin, Robert Gill & Juan Jose Ryp • 30€00
Bliss Comics fait bien de publier les 14 épisodes de la série dans un album unique, l'histoire de Venditti se lit tellement bien et est tellement passionnante qu'il aurait été dommage attendre un album tous les 3 mois. Mais la raison pour laquelle je vous invite à craquer est pour la partie graphique servie, entre autres, par Raul Allen et Patricia Martin qui sont des artistes comme on en voit trop peu et qui ont un sens de la mise en scène très plaisant.

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