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4001 A.D.: War Mother #1

Alors que l'event 4001A.D. continue chez Valiant Comics et après des mois de teasing, l'éditeur publie enfin le premier numéro d'une mini-série consacrée à un tout nouveau personnage : War Mother. Elle est confiée à Fred Van Lente et Tomas Giorello et flattée par de nombreuses couvertures variantes dont une signée David Mack, rien que ça.

Valiant met le paquet pour nous vendre son nouveau personnage. Dans le futur que nous avons déjà traversé dans les autres séries impliquées dans l'event 4001 A.D., nous sommes cette fois sur la terre ferme et non plus dans les méandres de la station Néo-Tokyo de Rai (tout ça est décidément très emprunt de culture manga). Là, une petite colonie mi-humaine mi-autochtone survit grâce à un système hyper perfectionné qui leur permet de rester isolés du reste du monde tout en étant presque totalement auto-suffisant. Presque. C'est à la War Mother que revient le job de fouiller les alentours pour trouver les quelques denrées nécessaires à la survie du groupe : cuivre et autres éléments impossibles à fabriquer. Une seule règle : elle est la seule à pouvoir sortir et la seule à pouvoir revenir, aucun autre être vivant n'est accepté à l'intérieur car le plus petit insecte risque de mettre en péril la vie de tous les habitants, de coloniser leur petit havre de paix.

4001A.D.: War Mother est emprunt de beaucoup d'influences. J'ai déjà parlé de celle des mangas avec une héroïne qui partage le nom et le look de la Mother Sarah de Katsuhiro Otomo, ajoutons à cela la fameuse Néo-Tokyo, qui fait à nouveau écho à l'oeuvre d'Otomo avec Akira, et nous avons là les bases solides d'un hommage qui devra veiller à ne pas tourner au plagiat. Rassurons-nous, ça n'est pas du tout le cas pour le moment et les références sont là pour que ceux qui les verront puissent les apprécier, sans entacher l'originalité du récit. En plus de cette influence, le titre résonne d'une ambiance à la Mad Max pas dégueu. Une communauté rendue presque primitive entre nature et technologie de pointe, une femme puissante envoyée pour récupérer des matériaux, un despote entourée de ses femmes servantes, un univers extérieur dangereux, chaotique, flirtant carrément avec le post-apocalyptique (même si l’héroïne s'en défend), tout ça contribue à ce ressenti. A nouveau, ce n'est pas dire que War Mother est juste un vaste amas d'influences sans âme, sans volonté propre, au contraire, la série use de légères altérations de ces références pour sortir de la masse, se créer une personnalité.

war mother 3

Pour ce qui est du récit, il s'avère pour le moment assez simple mais emprunt de détails à fort potentiel. Après tout, ça n'est qu'un premier numéro, pour un nouveau personnage, il passe donc beaucoup de temps à introduire l'univers, ses règles et ses personnages. On appréciera donc l'I.A. (Flaco) qui accompagne Ana dans sa recherche de denrées et les relations que la planète entretient avec Néo-Tokyo, l'influence que les événements qui se déroulent dans la station a sur ceux qui doivent survivre sur terre. L'attachement de la War Mother aux enfants de sa communauté fait partie intégrante du personnage et, même si les ficelles scénaristiques sont un peu grosses, on a envie d'en savoir plus sur ce qu'elle est capable de faire pour eux. Ce sont cependant des cibles faciles et je suis partagée entre l'espoir de les voir disparaître pour donner à Ana une raison d'agir et celui de la voir les protéger au contraire de dangers extérieurs qui n'ont pas encore été introduits. Dans tous les cas, on veut de la baston, des enjeux et des sacrifices, l'univers l'exige.

Une seule chose me dérange dans tout ça : un twist prévisible et une War Mother qui manque un peu d'épaisseur. Trop lisse, trop belle dans un univers qui suinte le danger, elle n'incarne pas vraiment le personnage puissant qu'elle est censée être. Soit elle est War Mother depuis très peu de temps et n'a pas encore eu l'occasion d'être abîmée (mais ça n'est pas du tout ce que semblent dire les autres habitants de la communauté), soit son design passe effectivement à côté de sa personnalité et de son rôle de chasseuse protectrice. Surtout qu'on nous l'avait vendu comme un personnage marqué par les batailles. Enfin, l'avenir nous le dira.

Dernier détail : l'association du dessin et de la couleur. C'est le seul vrai défaut du titre (ses faiblesses pouvant par la suite être déconstruites, modifiées, améliorées). colo war motherJe vais illustrer mon propos avec deux version d'une même page : une avec les dessins de Tomas Giorello et la seconde colorisée par Brian Reber. Je n'apprécie pas le fait que les aplats de couleurs soit posés sous des dessins au crayon, ça donne un résultat final qui ne semble pas fini, pas complet. Ça n'est ni entièrement la faute de Giorello dont on sait qu'il n'encre pas son travail, ni celle de Reber qui aurait du réaliser que la couleur sur du crayon donnait un résultat quelque peu douteux. Pour certains, le problème n'en sera pas un, du moins cette association n'est-elle pas à mon goût.

war mother couv4001AD : War Mother #1

Valiant Entertainment • Par Fred Van Lente & Tomas Giorello • $3.99
Le personnage de War Mother est un peu lisse mais a du potentiel même s'il n'est qu'à peine exploité dans ce premier numéro. L'I.A. qui l'accompagne est sans doute l'élément le plus cool et intriguant du bouquin qui se repose énormément sur des bases connues qui, on l'espère, s'avéreront être des hommages plutôt qu'un vaste plagiat. C'est très beau même si le travail de couleur ne mettra pas tout le monde d'accord et on est impatient d'en découvrir plus car, pour l'instant, il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent.

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