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Secret Wars #7

Secret Wars s'approche dangereusement de sa conclusion, et autant dire que la pression est énorme. Sur les auteurs, Jonathan Hickman et Esad Ribic, déjà, pour ne pas décevoir un public échaudé, et sur les personnages, qui commencent à lancer l'assaut final...

J'ai beau adoré Jonathan Hickman(et je reste poli), mais j'ai peur de son Secret Wars. J'ai adoré les six premiers numéros, mais la recette m'inquiète. L'auteur n'est pas connu pour raconter une saga "immédiate", et si on savait que ça se lirait sur la durée, il faut avouer que là, le rythme est très plat par moments. Après un cinquième numéro quasi-entièrement récapitulatif, et un sixième numéro qui démarrait vraiment le dernier acte, j'ai ouvert ce septième plein d'impatience...

On l'aura compris, le Battleworld est en train de se soulever contre Doom, mené par certains des héros survivants de l'univers Marvel de base. Les alliances se forment entre les Reeds, classique ou Ultimate, Black Panther a trouvé l'arme ultime, et les Barons se tapent dessus. On nous avait promis de l'action, on en a. Sauf que pour tout bien apprécier, il faut vraiment accrocher au rythme imposé par Hickman, parce que sinon ça peut dérouter.

En effet, l'auteur n'a jamais été avare en ellipses, mais là il fait fort. Après le "trois semaines plus tard" d'un numéro un peu plus tôt dans la saga, là on retrouve nos personnages en plein affrontement, sans vraiment savoir comment certains héros sont arrivés là. Il n'y a rien d'incompréhensible, loin de là, mais on se retrouve un peu intrigué devant certaines situations. Encore une fois, la lecture de certains tie-ins est vraiment utile, comme par exemple Thors ou Siege, mais tout peut s'apprécier sans rien lire d'autre quand même.

Par contre, après les deux derniers numéros remplis de dialogues, ici l'action reprend ses droits, et permet à Esad Ribic de briller. Il y a un mois, Noisybear avait écrit à propos du précédent numéro que "tout s’accélèr[ait] lentement", mais là, c'est une claque. Une fois le numéro refermé, on reste abasourdi devant tant d'efficacité, tant la mise en scène des deux auteurs est remarquable, aussi bien dans les images terriblement iconiques (notamment la dernière scène, pleine de retenue et avec un impact fou) que dans les pages de Ribic, toujours riches, et qui prouvent que l'artiste est au delà de la concurrence. Même fatigué, même avec des pages un peu plus crayonnées que vraiment soignées, ça reste dingue dans la mise en scène et le cadrage. Les couleurs d'Ive Svorcina sont en plus magnifiques, on en prend plein la tête.

Il ne se passe pas un million de choses dans ce numéro, mais même si on enlève l'action, il reste quand même de très gros changements. Entre les personnages importants qui rencontrent un destin plus expéditif que prévu, ou ceux qui prennent de l'importance, le casting est riche et complexe. Chaque personnage a une voix bien particulière, et on se délecte du retour de Mister Sinister et Captain Marvel, qui forment le plus beau couple de toute l'année. Le numéro se dévore, déborde de retournements de situation et l'action fait un bond en avant monstrueux, bref, c'est une claque. Tous les acteurs sont en place, la violence est monumentale, et les enjeux gigantesques.

Du coup, à l'approche de la fin de la saga, il n'y aura que deux cas de figure possibles : soit Hickman rendra l'apothéose parfaite de son oeuvre commencée par Dark Reign Fantastic Four, soit ce sera un pétard mouillé monstrueux. Pour l'instant, vu l'action de ce numéro, vu le nombre de personnages présents, et vu le contexte, je ne vois pas comment il pourrait se planter. D'autres grands auteurs se sont cassés les dents avant lui, mais là, on est vraiment face à quelque chose de massif, qui donne tout. Je pense vraiment que le TPB sera absolument indispensable pour apprécier la saga d'une traite, ou alors en VF, espacée de "seulement" quatre mois. En tous cas, on voit bien sur ce numéro comment Hickman fonctionne, en surprenant constamment son lecteur, et en utilisant des pistes lancées des années auparavant. Quand on vous disait que Black Panther serait le Roi des Morts, ce n'était pas pour rien. Et on se sent très bête de ne pas l'avoir vu venir.

 

Secret Wars 7 coverSecret Wars #7

Marvel Comics • Par Jonathan Hickman & Esad Ribic • $3.99
Ce numéro est incroyable, et on reprend confiance en Hickman. Il n'est pas à l'abri d'une grosse erreur, mais j'ai foi en lui, et je le sais capable de rendre quelque chose de phénoménal. Ce numéro en est la preuve.

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