The Mighty Blog

Jeff Zewanderer

Jeff Zewanderer est l'homme derrière le site Comictalk, un site qui traite de comics... mais autrement. Il offre à ses lecteurs des dossiers toujours très bien documentés et argumentés et leur ressort régulièrement des pépites qu'il nomme ses trésors. Alors si vous souhaitez lire des critiques de The PulseDawn ou The Unwritten, je vous invite à vous rendre sur son site. Aujourd'hui, il nous présente une sélection de 5 séries qui l'ont marqué.

Gotham Central

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DC Comics • Par Greg Rucka, Ed Brubaker, Michael Lark… • 2003 - 2006
Le crime à Gotham vu par les flics ordinaires. Non seulement cette série fut un excellent polar avec de vraies bonnes enquêtes, mais en plus elle nous permit de porter un autre regard sur Gotham et sa criminalité. Un regard plus réaliste, mais surtout plus humain. Cela par le biais de petites touches inspirées, comme les règles pour utiliser le bat-signal sans violer la procédure judiciaire, mais surtout grâce à une galerie de personnages magnifiques. Harvey Bullock, Marcus Driver, Maggie Sawyer, Crispus Allen, Josie Mac, et surtout Renee Montoya, autant d’hommes et de femmes complexes et attachants, à la psychologie travaillée. Peut-être les vrais représentants de Gotham.

Usagi Yojimbo

Usagi-Yojimbo

Fantagraphics / Mirage / Dark Horse • Par Stan Sakai • 1984 - 2012
La meilleure série avec des animaux anthropomorphisés depuis les Picsou de Carl Barks. Usagi Yojimbo c’est l’histoire de Miyamoto Usagi, lapin, ronin, lancé dans le musha shugyo, le pèlerinage du guerrier. Récit épique allant du pur shambara à l’aventure et au fantastique en passant même parfois par le polar, les péripéties d’Usagi sont aussi l’occasion de découvrir un japon féodal plus vrai que nature grâce à l’érudition de l’auteur. S’ajoutent à cela quelques références (à Lone Wolf & Cub par exemple), une galerie d’alliés et d’ennemis géniaux (le grincheux Gen, le terrifiant Jei, la noble Tomoe…) et un héro à la psychologie riche. Et c’est aussi une référence absolue en matière de story-telling.

Nikolai Dante

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2000AD • Par Robbie Morrison, Simon Fraser, John Burns… • 1997 - 2012
Nikolai Dante, c’est l’archétype de la série culte. Son héros est un vaurien hyper charismatique, « too cool to die » selon ses propres dires. Voleur, dragueur, soldat, pirate, rebelle et bien plus encore, il a tout fait, il a tout été. Bâtard de la famille la plus puissante d’une Russie des tsars revue et corrigée façon Science-fiction (avec jets et palais volants), armé d’une technologie extraterrestre, amoureux de la fille des ennemis de sa lignée, Nikolai va de mésaventures en péripéties. Provocateur, toujours prêt à sortir un bon one-liner, il s’avère aussi être un personnage remarquablement complexe et fouillé, à la psychologie subtile et à la morale ambiguë. Et les peintures splendides de John Burns sont la cerise sur le gâteau.

Lucifer

Lucifer

Vertigo • Par Mike Carey, Peter Gross, Ryan Kelly… • 2000 - 2006
Ce spin-off de Sandman débute juste après que Lucifer ait rendu son tablier, fermé les enfers et décidé d’ouvrir un jazz-bar à Los Angeles. Mais ce n’est que le début, et la série devient vite une fresque épique et mystique à mesure que Lucifer se mêle des affaires des dieux, des démons et d’à peu près tous ceux qu’ils croisent. Tout cela dans le seul but d’accomplir son rêve ultime : se libérer de la tyrannie divine. Etre fascinant, charmeur et terrifiant à la fois, amoral plus qu’immoral, Lucifer est l’âme de cette série. Tout tourne autour de lui, même lorsqu’il n’apparaît pas. Mike Carey développe tout au long de la série un univers fantastique incroyablement riche qu’il peuple de personnages marquants allant de la guerrière Mazikeen à la néo-démiurge Elaine Belloc. L’élève Mike Carey égale voire dépasse le maître Gaiman.

Hawkeye

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Marvel Comics • Par Matt Fraction, David Aja, Annie Wu… • 2012 - ???
Parce que je ne pouvais pas finir cette liste sans au moins un titre Marvel. Parce que les mésaventures solos de l’archer des Avengers sont un modèle de construction scénaristique, avec leur narration subtilement déstructurée mais toujours claire. Parce que le dessin de David Aja, un peu européen, un peu « arty », très stylisé, donne un cachet unique à la série. Parce que ce Clint Barton loser mais bien intentionné est un héros hyper attachant. Et la pétillante Kate Bishop, avec qui il partage la vedette, n’est pas mal non plus, aussi peste que délurée, toujours prête à se fourrer dans les ennuis. Deux héros pour deux ambiances : pur polar noir à NY,  noir tendance hipster à LA. Mais surtout Hawkeye incarne le renouveau de Marvel, ayant lancé selon moi une mode de petites séries innovantes et fraîches, existant chacune dans leur petit coin du Marvel U (Ms Marvel, Black Widow, Iron Fist, Elektra…).