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Lettre à Chris Claremont

Cette semaine, la France accueille Chris Claremont, le scénariste phare de la fin des année 70 et des années 80 de Marvel Comics qui a créé les plus grandes sagas des X-Men. L'occasion pour moi de le remercier via cet humble article.

Vous avez certainement pu voir que Claremont vient en France à l'occasion du Festival International de la Bande Dessinée à Angoulême. Invité par Panini Comics, il sera présent sur leur stand. Il sera aussi présent à la librairie Pulp's de Paris en fin d'après-midi.

Cela aurait pu être l'occasion rêvée pour moi de rencontrer l'un des auteurs préférés de ma jeunesse, celui qui a fait que je me suis mis à adorer les comics plutôt que de simplement les aimer. Pourtant, je n'irai pas le voir pour lui demander un autographe. Non pas que je n'aimerais pas avoir une petite paraphe de Claremont sur un des nombreux comics que j'ai de lui mais je me retrouverai face à lui et je ne saurai quoi dire. Je balbutierais un "You made me love comics" maladroit, plein de sueur sur le front, et ça sera le moment que je partagerai avec lui... Je serai content, j'en suis certain mais un peu déçu parce que j'ai tellement plus à lui raconter.

Cher Chris Claremont,

Je me présente, je suis un lecteur qui a pris son pied sur les X-Men parmi les milliers qui existent dans le monde. Je n'ai rien de plus que les autres et c'est pour cela qu'il m'est difficile d'être face à vous et vous dire tout ce que je ressens dans les yeux.

J'avoue, mais cela reste entre vous et moi, j'ai pleuré lorsque j'ai vu que X-Men #3 de 1991 concluait votre run mythique sur la licence. Mon cœur était déjà lourd de voir Magneto mourir de la sorte mais ce petit encadré en fin d'épisode m'a encore plus attristé. J'avais peur de vous voir partir et de ce qu'allait devenir mes héros préférés sans vous. J'avais peur que les histoires qui allaient suivre ne m'apportent tout ce que les vôtres m'ont apporté.

En effet, vous avez participé à ma construction en tant qu'être humain. Je parle du message de paix, d'amour et de tolérance qui transperçait vos histoires. Encore aujourd'hui, je sais que mon discours sur certains sujets a été initié par certains de vos récits. Ils avaient cette force de me faire ouvrir les yeux sur des problématiques qui, parfois, m'échappaient complètement, ou qui me paraissaient étrangères.

Je n'oublie pas non plus que vos histoires sont celles de super-héros avant toutes choses. Vous nous avez proposé des moments iconiques que personne n'oubliera : les fastball special, lorsque Rogue embrasse Colossus pour lui emprunter son pouvoir, lorsque Storm privée de son pouvoir combat Cyclops, lorsque Jean Grey se sacrifie sur la Lune devant l'homme qu'elle aime, lorsque Wolverine poignarde le Skrull qui se fait passer pour le Professeur Xavier, lorsque Warlock combat son père, lorsque les Nouveaux Mutants vont se coucher dans des tombes la nuit tombée, et j'en passe. Cela est sans compter les grandes sagas qui m'ont marqué en tant que lecteur.

Mais, ce que je retiendrai surtout de votre passage sur les X-Men ce sont les personnages. Storm était un personnage que j'aimais suivre. Avec Wolverine, ils tenaient le rôle de grands frères et sœurs et savaient rassurer les autres dans les périodes de doute. Je me rappelle encore de Kitty et toutes les aventures folles que vous lui avez fait suivre. Son meilleur ami était un dragon, et c'était une superbe idée. Je me rappelle du lien qui unissait Rogue à Carol Danvers, et cette situation folle qui nous a amené des histoires aussi belles qu'émouvantes. Je me rappelle aussi des Nouveaux Mutants et ces adolescents qui devaient se serrer les coudes dans un monde qui les haïssait. La relation entre Mystique et Destiny était exemplaire. Et puis, il y a Larry Bodine et son histoire très émouvante.

Vous l'aurez compris, votre travail sur les X-Men (bien que j'aime aussi ce que vous avez fait sur Star-Lord, Sovereign Seven et Ms. Marvel) m'a marqué et pour cela je vous en serai toujours reconnaissant. Je n'aurais pas été capable de vous dire tout cela en face et j'en suis désolé, mais j'avais besoin de l'écrire. qui sait peut-être que quelqu'un vous fera lire ces quelques mots. En tout cas, et je suis certain que d'autres personnes se joindront volontiers à moi, j'ai envie de vous dire tout simplement : "merci".

Noisybear

  • Aric

    C'est beau.

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