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Auteurs de BD en danger !

Aujourd'hui, on ne va pas vous parler de comics directement mais de politique. Bien sûr, il y a un rapport avec la bande-dessinée... mais française cette fois. En effet, une réforme fera que les auteurs de BD devront obligatoirement cotiser une centaine d'euros par mois pour leurs retraites. Une somme extravagante pour la pluspart d'entre eux.

Le Régime des Artistes Auteurs Professionnels - ou plus simplement la RAAP - vient de réformer les cotisations des retraites des auteurs (de BD, romanciers, etc.) en les faisant augmenter drastiquement à partir de janvier 2016. En effet, ils devront verser 8% de leurs revenus.

En cette période de crise et avec tout l'argent jeté par la fenêtre ces dernières années, il est normal d'essayer de récupérer de l'argent et, pour aider à faire remonter la pente au pays, il est "normal" de demander à tout le monde d'être solidaire. Mais, avouons que certaines réformes sont injustes. Les auteurs (pas que dans la BD d'ailleurs) n'ont pas de forts revenus. Il est même difficile pour certains de finir les fins de mois ou de pouvoir trouver des contrats permettant de manger.

Le problème - et on pourra appliquer cet état de fait au monde de la musique et du cinéma, c'est qu'à entendre la RAAP et notre Ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, tous les auteurs sont  des Albert Uderzo, Jean Van Hamme ou Marc Lévy, avec du succès et des revenus élevés. Sauf que ce n'est pas le cas, loin de là. Dans ce contexte, mettre tout le monde à la même échelle, c'est clairement faire preuve d'une totale ignorance de la réalité de la vie des auteurs. Autant, on pourrait excuser le Ministre de ne pas maîtriser le sujet - ça serait triste quand même, mais que peut-on dire à propos de la RAAP qui semble se voiler la face ?

L'autre problème, c'est qu'encore une fois, la France crée une élite : les auteurs qui sont capables de cotiser. Ce n'est pas une question de talent mais de porte-feuille. Alors que vont faire tous ces jeunes artistes qui débutent et qui veulent percer dans le monde de la bande-dessinée ? La solution : partir à l'étranger. En effet, qu'est-ce qui empêche réellement un Olivier Coipel ou un Paul Renaud de continuer de déclarer leurs revenus en France, eux qui travaillent chez les éditeurs américains ?

C'est la migration des talents, ce qui semble être de plus en plus courant dans le domaine culturel français. Ce mouvement touche autant le monde de l'animation et du cinéma, ou celui du jeu vidéo, puisqu'on ne laisse pas la chance à la culture de pouvoir s'installer en France. C'est réellement dommage. J'espère que le Ministre écoutera les doléances des auteurs et réagira afin d'éviter de voir la culture française mourir à petit feu.

Si vous souhaitez avoir plus d'informations sur la réforme et sur les actions envisagées par les auteurs, je vous invite à lire cet article très complet sur le site de Comicbox.