The Mighty Blog

Du vide, encore du vide...

Au prix des comics en VO, il y a une chose que je trouve honteuse de la part des éditeurs et des auteurs : les numéros vides, aussi bien de dessins que de scénario.

Le nombre de pages d'un comics a baissé avec le temps, pour arriver maintenant à 20 pages en VO (mais 32 au total, en incluant la couverture, les pubs, et les résumés), et c'est un modèle qui semble s'être imposé aux comics publiés par les deux grands. Je ne reviens pas sur cette décision qui semble bien marcher pour les éditeurs, mais je préfère noter que parfois, ils semblent en profiter au détriment du porte monnaie du lecteur. D'un côté, on a les doubles rations mensuelles de certaines séries (Avengers à une époque, Superior Spider-Man aussi) chez Marvel, et de l'autre DC qui lance des séries hebdomadaires (Batman Eternal, Futures End). En soi ce n'est pas dérangeant, et les séries concernées ne sont pas celles que j'accuse aujourd'hui, mais bien celles qui ont des numéros vides, que ce soit à cause des scénarios paresseux ou des artistes qui n'arrivent pas à les adapter.

Dernièrement, j'ai accusé le premier numéro de l'excellente série Ghost Rider d'être vide. Je comprends la volonté de Marvel de lancer des séries et d'en poser les bases rapidement, mais à un moment donné, il faut aussi se bouger et remplir les numéros, non ? Ce qui a motivé ce coup de gueule est la relecture du médiocre run de Daniel Way et Steve Dillon sur les Thunderbolts. Je peux comprendre que Dillon soit une légende vivante, mais son dessin actuel est une succession de la même forme encore et encore, sans la moindre variation. En moyenne, ses pages oscillent entre 4 et 5 cases, et les dialogues de Way sont des plus minimalistes.

Elektra et sa poitrine, la Dillonface partout, et deux cases au total pour un truc qui bouffe 5% du numéro et ne fait rien avancer. MERCI DILLON.

Elektra et sa poitrine, la Dillonface partout, et deux cases au total pour un truc qui bouffe 5% du numéro et ne fait rien avancer. MERCI DILLON.

Alors oui, c'est une question de rythme, et tous les auteurs n'ont pas besoin de faire des numéros étouffants (c'est un autre problème). Mais parfois, quand les numéros ne font rien avancer, qu'ils ne sont pas bien dessinés, et que le peu de dialogue ne sert à rien, le mieux est d'arrêter la série. On passera à côté de très bonnes choses (dans le cas des Thunderbolts, la suite est devenue beaucoup mieux depuis l'arrivée de Charles Soule), mais les éditeurs devraient parfois revoir leur modèle économique. Multiplier les séries est une chose, les rendre intéressante une autre...

J'avoue cependant être très grognon/biaisé face à Steve Dillon. Je n'en peux plus !!