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Les super-héros, de mauvais héros de jeux vidéo ?

Avez-vous joué à de bons jeux adaptés de nos comics préférés ? Oui, cela arrive mais ils sont rares. L'essence même du super-héros qu'on lit dans nos comics permet-elle d'en faire des personnages agréables à jouer ? Aujourd'hui, on va se pencher sur la question.

En tant que fans, on aime voir des versions héros un peu partout : jouets, LEGO, livres, films, jeux de plateaux, cartes à collectionner ou encore jeux vidéo. Mais le jeu vidéo a quelque chose d'unique : la possibilité d'incarner et de contrôler un héros. Et c'est pour ça qu'on cherche impatiemment à trouver de bons jeux vidéo mettant en scène nos super-héros préférés. Pourtant, ils sont rares ces bons jeux.

Il y a plusieurs raisons à ça, la première étant pécuniaire. La seconde, c'est qu'en terme de création, il est difficile de bien rendre un personnage aussi bien défini dans les comics intéressant dans un jeu. Je ne dis pas impossible, mais pas évident. C'est la raison pour laquelle la plus part des jeux des 90's adaptant des comics étaient des brawler - du genre de Street Of Rage. Des jeux résolument faits pour l'arcade où le challenge provenait du Level Design - c'est à dire l'architecture des niveaux.

Mais si on veut des jeux plus élaborés comme un jeu d'aventures, il manque aux personnages un paramètre important pour éviter que le jeu soit répétitif : l'évolution. C'est le cœur même de jeux comme Metroid, Legend of Zelda ou Castlevania : faire évoluer son personnage pour qu'il puisse atteindre toutes les zones du jeu et qu'il arrive jusqu'à la fin. De manière habile, les développeurs de chez Rocksteady ont trouvé un moyen de le faire sur leurs jeux Batman avec certes l'expérience qui débloque des nouveaux coups mais aussi dans le fait de devoir retrouver son équipement éparpillé afin d'atteindre de nouvelles zones (et débloquer aussi de nouvelles possibilités de coups). Si on enlève cette dernière mécanique de jeu, on obtient le jeu Wolverine Origins (2009) qui n'est pas un mauvais jeu mais qui souffre de répétitivité.

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Le problème d'un jeu comme Wolverine Origins est tout simplement que le personnage - par sa nature de héros de comics - n'est pas fait pour évoluer. Il a ses griffes, son squelette d'adamantium et son pouvoir auto-guérisseur. On peut trouver un moyen de le lui retirer tout ça et de le lui faire récupérer au fur et à mesure de l'histoire mais le fan ne reconnaîtra pas son héros. Et, il est inimaginable de lui rajouter des pouvoirs comme un "Sonic Boom" ou un rayon X pour créer cette évolution.

Dans d'autres cas, si le personnage a des pouvoirs trop contraignants cela peut empêcher la cohérence de jeu. L'exemple parfait est Green Lantern. Il est capable de tout faire avec sa bague, alors comment faire comprendre au joueur qu'il ne peut créer tel objet qu'à tel moment et puis qu'il ne peut pas créer tout ce qu'il veut.

Je ne parlerai pas du cas des équipes qui apporte aussi sa complexité puisqu'il faut faire attention que chaque capacité de personnages soit utilisable dans les niveaux et ne bloquent pas la progression d'autres personnages jouables. Bien qu'on imagine fortement des combos entre plusieurs personnages comme faire sauter plus haut Black Widow en bondissant sur le bouclier de Captain America.

En gros, on revient au principal problème des adaptations de comics en jeux vidéo : l'argent. Pour pouvoir adapter avec toutes ses contraintes, il faut du temps et donc de l'argent mais la plus part des jeux actuels sur les comics sont des adaptations de film, des productions qui ne bénéficient pas des budgets d'un Call Of Duty ou d'un Gears Of War.

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Heureusement, certains développeurs arrivent à ne pas se limiter à ces contraintes comme par exemple l'excellent Spider-Man: Shattered Dimensions développé par Beenox dans lequel le joueur alterne de héros de niveau en niveau. Du coup, plutôt que d'opter pour une évolution du personnage coupant la répétitivité, Beenox a préféré changer carrément certaines mécaniques de gameplay. Cela marche très bien.

Sinon, il y a la solution Sucker Punch qui a créé son propre super-héros dans In Famous avec un héros régit par les codes du jeu vidéo tout en conservant l'imagerie du comics.

On trouve d'autres très bonnes adaptations de personnages de comics et on en reparlera certainement. Malheureusement, elles sont trop rarement égales à ce que l'on en attend.