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The Darkness (X-Box 360/PS3/PC 2007-2012)

Retour aujourd'hui sur deux FPS pas assez connus, et adaptés du comic éponyme : The Darkness, crée par David Wohl, Marc Silvestri, et Garth Ennis... Que vaut l'adaptation vidéo-ludique ? 

Ne partez pas tout de suite si vous ne connaissez pas les comics dont il est question, je dois avouer moi même ne les connaître que de nom. Pour résumer vite, Jackie Estecado, un membre d'une organisation criminelle, va hériter des pouvoirs du Darkness. Ce dernier est un démon ancestral qui se nourrit du cœur de ses victimes, et va mener Estecado vers une croisade meurtrière...darkness_ii-1

Je ne critiquerai pas la série que je n'ai jamais pu lire correctement, et m'attarderai uniquement sur les deux jeux, publiés en 2007 et 2012. Scénarisés par Paul Jenkins (The Sentry, Wolverine Origins, Hulk, The Darkness), les jeux prennent le même postulat de base que la série, à savoir un malfrat, un démon, et énormément de mafieux à tuer. Énormément. Vraiment. Les deux jeux sont donc des FPS extrêmement sanglants, sans la moindre once de subtilité, et bien évidemment (génération console oblige) sous forme de couloirs.

On jongle avec les armes à feu et les pouvoirs du Darkness, un peu à la manière d'un Bioshock : on peut d'une gâchette vider un chargeur, et d'une autre attraper un ennemi, lui dévorer le cœur pour regagner de la vie, ou le lancer sur des ennemis (fonctionne aussi avec des éléments du décor). Du coup, si on a fait Bioshock qui gérait l'alternance parfaitement, le gameplay semble fade, mais ce n'est pas de ce côté là qu'il faut chercher la réussite de la série. On notera quand même le fait que le Darkness craint la lumière, et qu'il faudra avant chaque affrontement éclater les lumières pour pouvoir profiter pleinement des pouvoirs et rester en vie, ce qui amène une pression supplémentaire dans les combats.

The Darkness - Dead Bloke

Le premier jeu tente un peu d'avoir un monde ouvert, en proposant le métro de New-York en guise de zone centrale, mais tourne vite en rond. Le second est quant à lui un pur couloir avec de temps en temps un passage par la maison de Jackie, mais qui ne réussit pas à égaler le métro poisseux du premier opus.

Les jeux en eux-même sont donc des FPS calibrés pour les consoles, avec tous les défauts que ça entend : une aide à la visée, une aventure pliée en environ 10 heures pour le premier, et cinq pour le second (!!!!), et un gameplay répétitif au possible. Du coup, si on y joue seulement pour avancer et tuer, les jeux ne sont pas incroyables, et même en promo, on pourra trouver mieux. Il y a quelques bonnes idées, comme le Darkling, un petit démon alcoolique, obsédé, et vulgaire, qu'on peut lancer sur ses ennemis, ou voir les "tentacules" du Darkness se battre pour dévorer le cœur arraché sur une victime.

La réussite se trouve surtout du côté de l'histoire et de l'ambiance. Paul Jenkins a fait un travail d'adaptation remarquable dans le premier jeu, en créant des personnages riches et une atmosphère complètement dingue. Je me suis surpris à m'attacher aux personnages, et à être sur le cul à certains moments de l'histoire, notamment dans l'intrigue liée à Jenny, la petite amie du héro. En plus de ça, les développeurs surprennent en nous transportant durant des séquences mémorables dans la Première Guerre Mondiale, dans une atmosphère très franchement dérangeante et horrible. Le second jeu échoue dans sa tentative de ramener une atmosphère aussi dingue, et tourne beaucoup en rond, en dépit d'un cell-shading pour les graphismes assez sympathique.
thedarkness03

Le casting vocal est par ailleurs excellent en VO, avec notamment Kirk Acevedo (Fringe) pour doubler le personnage principal, et Mike Patton (Faith No More!) pour les hurlements du Darkness. Les graphismes du jeu sont (pour l'époque!) plutôt bons dans le premier, et le cell-shading du deuxième fonctionne vraiment bien.

Du coup, que faire ? Il est judicieux de prendre uniquement le premier jeu, et la suite si on veut la fin (mal écrite et mal mise en scène) de l'histoire. The Darkness premier du nom est une petite perle d'atmosphère, qui compense son gameplay mou et déjà vu par une histoire et une ambiance rarement égalée pour moi dans un FPS. Prenez le temps de personnage torturé par son démon.

Les deux jeux se trouvent en général à 5€ pendant les soldes Steam, donc attendez peut-être Halloween pour les faire. Prenez uniquement le premier, et le second si vous voulez connaître la fin de l'histoire (même s'il se suffit à lui même).