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A History of Valiant : de Nintendo à Acclaim

Valiant Entertainment ou Valiant Comics est revenu dans la paysage du Comic-Dom en 2005 après quelques années de silence. L'éditeur a su convaincre les anciens fans tout en amenant des nouveaux. Afin de vous faire découvrir d'avantage cet éditeur de plus en plus important, Indie Rocks va s'intéresser pendant 3 mois à Valiant Comics. Ce mois-ci, nous nous intéressons aux débuts de la maison d'édition et comment Jim Shooter, son co-créateur, va arriver à ses fins en créant ses propres super-héros.

Partie 2 sur 3 : De Nintendo à Acclaim

Derrière la création de Valiant, il y avait un homme, Jim Shooter. Licencié de son poste d'éditeur-en-chef de Marvel, il veut continuer dans l'industrie des comics et, surtout, à créer des univers de super-héros.

En 1989, Shooter s'associe avec Steve J. Massarsky, un financier, ancien manager des Waillers et de Cindy Lauper, pour créer la compagnie Voyager Communications Inc. et publier des comics sous le label Valiant Entertainment. Shooter et Massarsky ont pu fonder leur entreprise grâce à un financement par capital risque réalisé par Triumph Capital, une entreprise de gestion de porte-feuilles.

Valiant

Shooter a envie de faire des histoires de super-héros et, ainsi, rivaliser avec Marvel et DC Comics. Il décide d'acquérir le catalogue de Gold Key Comics et de relancer certains de ces héros. Pour l'aider dans la tâche, il embauche une assistante, Laura Hitchcock.

Mais, Shooter allait perdre le contrôle de son projet qui lui tenait à cœur. Il n'a fallu attendre qu'un mois après la création de Voyager Communications Inc. pour le comprendre.

Shooter raconte que le 22 décembre 1989, le dernier jour de travail avant Noël, il sortait du bureau avec son associé Massarsky. Alors qu'ils sont sur le point de se souhaiter un "Joyeux Noël", Steve lui annonce qu'il a une relation secrète avec Melanie Okun, l'une des deux dirigeants de Triumph Capital, investisseur de Voyager Communications Inc.

Shooter s'empresse de le dire à son autre associé, Winston Fowlkes. Ce dernier, bien conscient du conflit d'intérêt gênant, attend la fin des vacances et il va voir Michael Nuget, l'autre dirigeant de Triumph Capital, afin de lui expliquer la situation et de lui demander de faire quelque chose puisque cela pourrait porter préjudice aux deux sociétés.

Nuget a fait quelque chose, ironise Shooter. En effet, en convenance avec sa partenaire - et son amant, il limoge sans plus attendre Fowlkes parce qu'il "ose s'opposer au projet".

Shooter se sent dans une impasse. Il sait que quoiqu'il advienne, Massarsky est en lice avec les actionnaires et que, lui, il est dorénavant seul.

C'est dans ce cadre, que Shooter se voit également contraint de tirer un trait sur son projet de comics de super-héros. En effet, Massarsky arrive un matin en annonçant qu'ils vont faire des BD à partir des licences Nintendo. Avec Shooter, et avant  ils sont allés voir Stan Weston, le dirigeant de LCI. Shooter connait bien  Weston puisque il avait déjà eu à faire à lui pour négocier la licence des jouets Micronauts pour Marvel. L'idée des propriétaires de Voyager Communications Inc. était de faire un partenariat d'ordre financier avec LCI. Sauf que lorsque Shooter n'est pas là, Wassarsky réussit à promettre à Weston des comics sur les produits que représentent LCI, à savoir Nintendo et la WWF (World Wrestler Federation).

À cause de la pression, Shooter accepte mais il convient que c'est une idée rentable. Nintendo a un succès commercial et une bonne estime auprès du public. Aussi, la licence Mario Bros. génère pas mal d'argent. Et le constructeur de console japonais va sans doute être bientôt sous les projecteurs avec l'arrivée imminente de leur console de salon 16-bits, la Super Nintendo. De plus, le marché des comics de super-héros est saturé par Marvel Comics et DC, se mettre en face est un risque non-négligeable.

De même, la licence WWF génère des millions de dollars. Avoir la couverture médiatique d'un tel événement ne peut être que bénéfique à l'entreprise. D'un point de vue créatif, cela est plus risqué en revanche.

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À cause des licences - en plus du rachat inutile du catalogue Gold Key Comics, les coûts de production de ces BD sont importants. Avec des dessinateurs de renom, le coût des comics WWF peuvent être équivalents à ceux de Marvel Comics.

Afin d'amoindrir ces coûts - et faire des bénéfices, Shooter décide de faire un partenariat avec l'école Kubert - fondée par Joe Kubert. Ainsi, Valiant récupère des élèves qui dessinent leurs comics pendant leur cursus scolaire. Ainsi, David Lapham (Stray Bullets...) a commencé en dessinant des histoires WWF.

Un jour, Jim Shooter reçoit la visite de Steve Dikto, le père de Spider-Man. Ce dernier venait d'être licencié de Marvel Comics. Shooter - qui est ami avec le dessinateur - lui propose alors de dessiner un épisode WWF (cf visuel ci-dessus) pour le dépanner et lui faire oublier sa mésaventure avec la Maison des Idées.

En tout cas, les comics Nintendo et WWF ne se vendent pas. Massarsky et les actionnaires de Triumph Capital sont obligés de se rendre à l'évidence que ce n'était pas une bonne idée. Ils donnent ainsi carte blanche à Shooter de relancer les comics de Gold Key, tout en cherchant un plan B - ce qui n'aboutit à rien, apparemment.

Ainsi, en mai 1991 apparaît Magnus, Robot Fighter #1 co-écrit par Jim Shooter et Laura Hitchcock et dessiné par une ancienne star de Marvel Comics, Bob Layton (Iron Man) aidé par Art Nichols.

Magnus Robot Fighter

Jim Shooter se voit alors rejoint par d'autres personnes issues de Marvel et DC qui veulent se lancer dans cette aventure comme Don Perlin, Bob Layton ou, encore, Janet Jackson.

S'en suit alors d'autres séries comme Solar, Man of the Atom qui sort en septembre 1991. La série est dessinée par Barry Windsor-Smith sur un scénario de Jim Shooter. En janvier 1992, c'est Harbinger qui voit le jour. Il s'agit de la première création originale de l'éditeur. Toujours écrite par Shooter, c'est Lapham qui dessine le titre. S'en suit X-O Manowar dessiné par Bart Sears (Justice League Europe...), Rai par David Lapham et Shadowman co-écrit par Steve Englehart (West Coast Avengers...) et dessinée par le très prolifique Lapham.

Valiant innove d'un point de vue marketing. En effet, il ose des choses que les autres éditeurs n'ont pas fait - mais qu'ils copieront allègrement pendant tout le reste des années 90 - comme la couverture chromium, le numéro 0 ou, encore, les coupons à l'intérieur des comics pour les échanger contre des numéro gratuits.

Les ventes ne sont pas exceptionnelles. La profession reconnait pourtant l'oeuvre de Shooter; Il reçoit de nombreux prix notamment un Lifetime Achievement Award (le prix pour "l'accomplissement d'une vie") pour avoir créer son propre univers, prix également décerné à Stan Lee pour avoir créer celui de Marvel. Mais en interne, ni Wassarsky ni les actionnaires de Triumph Capital ne sont satisfaits. Ils voient le temps qui passe et l'argent qui sort. Mais, Shooter insiste. Il a un plan

En 1992, il continue son oeuvre avec un cross-over afin de solidifier l'univers qu'il a mis en place qui mélange vieille licence avec nouvelles, héros du présent avec voyageurs temporels et personnages du futur. Bref, pour créer un univers propre et cohérent, il décider de les unifier grâce à Unity. Ainsi, de nouvelles séries voient le jour comme Eternal Warrior et Archer and Armstrong.

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Jim Shooter ne lésine pas sur les moyens et il offre le "plus grand cross-over jamais fait" puisque Unity compte pas moins de 18 chapitres ! Il commence avec le #0 puis chaque épisode se concentre sur l'un des personnages de l'univers Valiant avant de se terminer avec Unity #1.

Le cross-over se termine en septembre 1992 et cela lance de nouvelles séries comme BloodshotNinjak, H.A.R.D. Corps, Second Life of Dr. Mirage et Timewalker. Pour la petite histoire, Ninjak voit les débuts d'un dessinateur nommé Joe Quesada qui deviendra Editeur-en-Chef de Marvel Comics quelques années plus tard.

Massarsky et Triump Capital ne voient pas d'amélioration financière après Unity et ils décident de virer Jim Shooter sous le prétexte qu'il "a une idée différente quant à la direction de la société, et il a été demandé de partir".

En 1993, d'autres séries apparaissent mais les ventes ne décollent pas. L'univers mis en place plait au public et aux professionnels mais le départ de Shooter a des conséquences. Même s'ils lancent de nouvelles séries comme Turok, Dinosaur Hunter, un autre héros issu du catalogue Gold Key Comics, rien y fait et Voyager Communication Inc. est en faillite.

Acclaim_entertainment

En 1994, l'éditeur et développeur de jeux vidéo Acclaim Entertainment (Simpsons, X-Men...) rachète Voyager Communications Inc. et acquière ainsi des licences Valiant Comics. Il fonde ainsi le label Acclaim Comics et créé un label Acclaim Comics/Valiant.

Le nouvel éditeur arrête toutes les séries en cours et les relance toutes une par une en repartant de zéro. C'est ainsi, une nouvelle ère qui commence.

À suivre.