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A History of Valiant : la revanche de Jim Shooter

Valiant Entertainment ou Valiant Comics est revenu dans la paysage du Comic-Dom en 2005 après quelques années de silence. L'éditeur a su convaincre les anciens fans tout en amenant des nouveaux. Afin de vous faire découvrir d'avantage cet éditeur de plus en plus important, Indie Rocks va s'intéresser pendant 3 mois à Valiant Comics et, pour commencer, on va présenter son illustre créateur, Jim Shooter, et, surtout, à la motivation qui le poussa à créer sa propre maison d'éditions.

Partie 1 sur 3 : Jim Shooter.

À travers l'histoire des comics, il est notable que la création d'une maison d'éditions laisse une trace indélébile à celle-ci. On retrouve ainsi du Timely Comics dans l'ADN de Marvel Comics et son Marvel-way tout comme les nombreux achats de licences de DC Comics font ce qu'il est maintenant. Valiant Entertainment ne déroge pas à cette règle. Il est même intéressant de voir dans quel cadre il a été créé et, surtout, par qui et dans quel but.

JimShooter

À l'initiative de la maison d'éditions, on retrouve Jim Shooter, une figure emblématique du Comic-Dom. D'ailleurs, si Valiant a su se faire un nom à la fin des années 80, c'est avant tout grâce au nom de son créateur et des auteurs qui ont répondu présent à son appel.

Jim Shooter a commencé comme scénariste avant de devenir éditeur chez Marvel Comics dans le milieu des années 70. En 1978, il prend la place d'Archie Goodwin et devient ainsi le 9ème éditeur-en-chef de Marvel Comics. Il est assez jeune lorsqu'il commence puisqu'il n'a que 27 ans. À l'époque, Stan Lee lâche les rennes de Marvel Comics afin de s'intéresser à la production des sériés animées et des projets de film. De ce fait, Shooter se retrouve avec plus de libertés que ses prédécesseurs. Dans un sens, Shooter industrialise Marvel Comics imposant des deadlines aux auteurs afin que les fascicules sortent à des dates précises. Il aime également participer aux processus créatifs. Il découvre de nombreux talents et il est à l'origine de runs exemplaires et légendaires comme l'âge d'or des X-Men par Chris Claremont et John Byrne, comme les Fantastic Four par Byrne, les Avengers par Roger Stern, le Daredevil de Frank Miller ou, encore, le Thor de Walt Simonson. Shooter lance également de nombreuses nouvelles séries et certaines dépassent les espérances en terme de ventes - comme celle sur Dazzler.

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Je pense qu'il ne serait pas faux de décrire Jim Shooter comme le Steve Jobs de Marvel Comics tellement, en tant qu'éditeur-en-chef, il s'applique à allier qualité d'histoires et marketing. La preuve est certainement Secret Wars, une maxi-série qu'il scénarise et qui est connectée à toutes les autres séries de Marvel Comics. Il s'agit du premier crossover de la Maison des Idées et qui restera une référence en terme de format pour l'éditeur. Mais, Secret Wars, avant d'être une histoire avec des super-héros qui se frappent dessus, est une ligne de jouets. Et, l'événement est, en fait, un catalogue de jouets. Shooter voit là, également, l'opportunité de faire parler des comics grâce aux jouets - c'est grâce aux jouets Secret Wars que j'ai acheté un peu plus d'un an après mon premier comicbook.

À côté de ça, Shooter a également élargi le panel d'offres de comics qu'avait à offrir la Maison des Idées. En 1982, il lance le label Epic qui regroupe des séries "creator-owned". Il s'agit de l'illustre ancêtre du label Icons (Kick-Ass, United States of Murder Inc., ...) avec un côté Marvel Max puisque le label a publié des séries Marvel plus matures comme Elektra de Frank Miller et Meltdown (la mini-série unissant Wolverine et Havok) écrit Louise et Walt Simonson. Dans les séries originales, on y retrouve Dreadstar de Jim Starlin, Tomb of Dracula de Marv Wolfman et Gene Colan, Shadowline Saga scénarisé par Archie Goodwin ou, encore, Marshal Law de Patt Mills et Kevin O'Neil.

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Quelques années avant de fêter le 25ème anniversaire de Marvel Comics (en 1986 - puisque, à l'époque, la Maison des Idées non comptait pas les années Timely Comics), Jim Shooter décide de préparer quelque chose d'énorme : un nouvel univers. Sobrement appelé The New Universe, Jim Shooter en attend beaucoup ; quelque chose qui doit marquer le second quart de siècle de Marvel Comics. L'éditeur a confié les rennes à Tom DeFalco (Spider-Girl, Thor...) qui doit créer un univers cohérent capable de rivaliser d'intérêt avec celui de l'univers "classique". Autant dire que ce fut un échec. Malgré un certain intérêt, les séries ne prennent pas. Cela pourrait s'expliquer par la manière dont Shooter a de gérer les projets chez Marvel. De plus en plus, de créateurs partent chez la concurrence. Roy Thomas explique des années plus tard que l'éditeur-en-chef voulait avoir la main sur tout, qu'il contrôlait tout. Le scénariste des X-Men et West Coast Avengers continue en disant que plutôt donner les grandes lignes directrices aux séries, il rentrait dans tous les moindres détails.

En 1987, Jim Shooter se fait virer de Marvel Comics et il est remplacé par Tom De Falco. Apparemment, Shooter digère mal ce remplacement puisque le limogé accuse le nouvel éditeur-en-chef d'avoir saborder New Universe. Pour enfoncer le clou, au départ de Shooter, au sein des bureaux de New Universe, le slogan de cet univers est "The New Universe: it doesn't suck anymore" ("Le New Universe: ça ne craint plus" en français) et l'équipe qui a travaillé avec Shooter décide de créer une série nommée The Pitt dans laquelle Pittsburg, la ville natale de leur ancien patron est détruite. Tout un symbole.

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Mais Jim Shooter prépare sa revanche. Il devient un paria des affaires et il arrive à monter une entreprise afin de racheter Marvel Comics. En effet, en 1988, l'ancien éditeur-en-chef de Marvel s'associe avec Steven J. Massaskyy (un ancien manager) et d'autres investisseurs. Sauf qu'ils ne mettent pas assez d'argent sur la table et la Maison des Idées est rachetées par Ronald Perelman.

Ne perdant pas le nord et afin de se placer en concurrent direct de Marvel, Shooter et Massarsky montent la société Voyager Communications en 1989 grâce à un financement par capital risque de Triumph Capital, une entreprise de gestion de porte-feuilles. La société publie ainsi des comics sous la bannière Valiant Comics.

Ainsi né le label de comics, Valiant, mais il ne s'agit pas de comicbooks pouvant rivaliser avec ceux de Marvel. Loin de là, puisque les investisseurs, eux, ont une autre vision que celle de Shooter.

À suivre.