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La méthode Kickstarter

Voilà la tendance qui a émergé il y a seulement quelques années : le crowdfunding. Il s'agit demander au public intéressé de devenir producteur d'une création originale en investissant une somme d'argent pour que l'oeuvre puisse voir le jour. Le public devient alors producteur et en quelque sorte choisi ce quil veut liee ou non. L'un des sites emblématiques du crowdfunding s'appelle Kickstarter, un site qui veut mettre en avant des créateurs indépendants mais on  en a eu vite des dérives.

Si tu as des idées, un concept fort que tu es près à mener à bout mais pas les moyens financiers ; l'Internet est là. Tu peux te faire "crowdfunder". Si tu perçois la somme demandée, tu t'engages à offrir aux investisseurs l'oeuvre finie. Sur le papier c'est intéressant mais dans la pratique ce n'est pas évident.

En effet, le crowdfunding est devenu la méthode à la mode pour trouver des investisseurs chez les indépendants. Une méthode plus accessible qu'aller démarcher chez les éditeurs. En apparence seulement. Cela nécessite un marketing web et d'investir dans de la communication. Sans ça, le projet en question risque d'être caché dans les méandres du site de crowdfunding. Heureusement, pour les comics, assez peu de projets sont mis sur ces plateformes du coup, il y a assez de visibilité. Mais souvent ceux qui ressortent du lot sont ceux lancés par des artistes reconnus. Eux ont la reconnaissance du public, une fan-base installée et le soutien de la presse et des sites internet facilitant le financement. Ainsi on a pu avoir 5 numéros gratuits de Cyber Force, la série culte de Marc Silvestri, Brigade de Rob Liefeld, une anthologie nommée Café Racer de Sean Murphy  (un projet un peu atypique où l'auteur collaborera avec de jeux artistes) ou plus récemment Storykiller de Kelly Thompson qui regroupe les travaux de nombreux artistes comme Kris Anka, Ross Campbell, Stéphanie Hans ou Dustin Nguyen.

Autant je trouve l'idée de base excellente  - produire un projet auquel tu crois, autant les dérives me gênent. On a vu le cas dans les jeux vidéos avec tous les grands noms passés qui proposent des projets qui souvent ressemblent à ceux qui ont fait leur gloire. Là, c'est la même chose. Le retour de Cyber Force a surfé sur l'estime du public pour cette série et Silvestri a bien montré les couvertures qu'il dessinait alors qu'il ne s'occupe pas du tout de l'intérieur (ni même du scénario mais on ne le blâmera pas sur ce point). Ou encore Liefeld qui propose une série comme il fait d'habitude (action écervelée).

C'est un peu triste de voir cela et ça n'encourage pas les jeunes talents à vouloir s'essayer à cette pratique. Je ne dis pas qu'ils n'ont aucune chance mais c'est moins évident.