The Mighty Blog

Le panel LGBT de la Comic-Con de San Diego

Lors des conventions de comics se tiennent des panels. Souvent pour les plus grosses comme celle de San Diego, on retient celles des éditeurs dévoilant leur programme des mois à venir. Pourtant, il y a d'autres conventions tout aussi intéressantes comme celle qui traite des LGBT au sein des comics. Surtout que celle-ci qui s'est tenue à San Diego en juillet dernier fait écho à un problème que les médias ont effleuré : comment proposer de la lecture LGBT-friendly pour enfants.

Le panel LGBT de San Diego rassemblait un panel large d'auteurs de de séries large et d'horizons différents. Ainsi chacun a sa propre approche de parler de la communauté LGBT dans leurs bédés.

Bien entendu, parmi les participants on retrouve Dan Parent, créateur de Kevin Keller et scénariste de sa série éponyme pour Archie Comics. Il fermait le panel (sous les applaudissements de l'audience) en parlant de comment il est venu à créer l'ami gay d'Archie, un personnage de comics destinés à un public jeune. Parent termine son allocution en se disant heureux que le public voit maintenant Kevin comme un membre du groupe d'Archie et pas comme le personnage gay de la série.

kevin-keller

Mais au-delà de la superstar qu'est devenu Kevin Keller, le panel mené par P. Kristen Enos de PRISM Comics - une association promouvant les comics gay - s'arrêtait aussi aux futurs comics LGBT. D'abord, Mahou Shonen Fight! de Dusty Jack et J.D. Saxon (absent du panel) qui s'inspire des mangas pour filles du genre Magical Girls (comme Gigi, Cutey Honey ou Sailor Moon) sauf que le héros est un homme. Le but de Jack et Saxon est d'offrir une histoire qui ne paraisse pas être destinée qu'aux homosexuels afin de parler aussi à tout le monde sans forme de discrimination. Notre "Magical Boy" n'est pas homo, il va se marier avec une femme transsexuelle. Dusty Jack insiste sur le fait que leur histoire couvre tous les sexes, ethnies et sexualités afin de raconter une histoire universelle.

mahou-shonen-fight

Était présente également Grace Ellis, l'une des scénaristes de Lumberjanes de BOOM! Studios. Il s'agit d'une série hors-norme dans le Comic-Dom puisque les 5 personnages principaux sont des filles dont deux sont en couple. Pensez Scooby-Doo version filles mais qui ne fait pas dans le cliché.

lumberjanes-a

Charles "Zan" Christensen était présent. Éditeur chez Northwest Press - un maison d'édition gay-friendly, il est également le scénariste de The Power Within, une série dont le personnage principal est un adolescent gay qui se fait malmener au lycée. Christensen révèle qu'il s'est inspiré des Uncanny X-Men et New Mutants de sa jeunesse dans lesquels il reconnaissait chez les mutants ce qu'il vivait au quotidien en tant que gay (comme je vous en parlais ici). Comme le scénariste l'évoque si bien, sous les apparences de comics pour enfants, Claremont y utilisait les mots justes pour décrire des choses graves. c'est ce qu'il tente de faire avec sa propre BD. Il ne voulait pas que sa série traite de la sexualité mais de la vie de tous les jours et de la lutte quotidienne pour vivre une vie normale dans un monde qui le rejette.

The-Power-Within-Digital-Cover

Enfin, les trois autres invités ont parlé d'un sujet qui hérisse le poil à certaines personnes dont je tairai le nom : les livres parlant de l'homosexualité destinés aux enfants. On a évoqué plus haut Kevin Keller de Dan Parent, mais d'autres auteurs ont suivi le pas. Comme Brian Andersen, l'auteur de So Super Duper. Il part du principe que lorsqu'il regardait Bugs Bunny enfant, il ne saisissait pas tous les messages dissimulés par les auteurs et il trouvait ça simplement hilarant mais que quelque part ça l'a forgé. En effet, toujours selon Andersen - et je ne peux que le soutenir dans ses propos, les enfants ne sont pas stupides. Même s'ils ne comprennent pas tout, ils stockent l'information et l'analysent plus tard. En soit, toute oeuvre qu'ils aiment les marqueront et les aideront à se développer. C'est dans cette optique qu'il a créé So Super Duper (avec Celina Herdandez aux dessins), pensant son histoire comme une BD pour les plus jeunes mais mettant en scène un personnage gay.

su-super-dumper

Elizabeth Watasin présente sa BD comme Grease avec des filles qui aiment d'autres filles. Charm School est donc l'histoire d'une sorcière vampire (John Travolta) qui drague une sorcière (Olivia Newton-John). La série dans le style Archie était éditée par Slave Labor Graphics mais Watasin a récupéré les droits et va l'auto-éditer.

CS_Digital_cover04

Enfin,le panel a présenté Little Rainbow Comics, des web-comics créés par Robert Paul, mettant en scène des élèves en CP. Il s'agit d'une sorte de Peanuts moderne (et un ton des fois proche de Family Guy ou South Park) avec des enfants plus intelligents qu'ils ne devraient et qui sont conscients de leur homosexualité - ce qui n'est pas évident pour les parents de la série qui, eux ni comprennent rien.

LittleRainbowComics

Ce panel couvre bien plus l'actualité des comics LGBT que celui dont on a eu à New-York et me donnant envie de découvrir certaines BD (je recommande d'ailleurs Little Rainbow Comics même si le site est très vieillot). Même si on peut déplorer l'absence des Big Two, on a une certaine visibilité d'autres séries et d'approches relativement intéressantes. À noter quand même, qu'après ce panel, Alex Alonso a dévoilé que Marvel allait bientôt dévoiler un personnage transgenre - et ce n'est pas Thor. En tout cas, l'initiative de créer des histoires pour enfants traitant des LGBT est quelques chose de fort noble et qui, espérons-le, aiderons à faire évoluer les mœurs dans le bon sens.

Merci encore à tous ces auteurs pour leur travail.

via CBR, Bleeding Cool et la photo des panélistes par Philip Nel.