The Mighty Blog

Trina Robbins

Ce mois-ci, nos chroniques s'intéressent particulièrement aux auteurs underground. Après Harvey Peckar, c'est le travail de Trina Robbins qui nous intéresse aujourd'hui, surtout qu'elle est une véritable LGBT Heroine en plus d'être une icône de la lutte féministe au sein du ComicDom.

trina-robbins-portrait

Trina Robbins aurait pu faire l'objet d'une chronique Indie Rocks tellement elle a marqué la BD indépendante américaine. Mais avec ses "petits" comics, elle révolutionna tout cet univers avec une histoire écrite pour le premier épisode de l'anthologie Wimmen's Comix #1.

Née en 1938, Trina est scénariste et dessinatrice de comics depuis les années 50. Elle se fait d'abord remarquer en concevant le costume de Vampirella pour Frank Franzetta en 1967 et en fait une femme fière de son corps et à l'aise avec sa sexualité.

vampi_trina_robbins

Elle travaille sur divers magazines de BD underground new-yorkais comme East Village Other et Gothic Blimp Works. Elle poursuit son travail dans l'anthologie It Ain't Me, Babe dans laquelle elle raconte des histoires féministes. Ce qui en soit est déjà quelque chose d'incroyable et révolutionnaire en 1970. La même année, dans le one-shot It Ain't Me, Babe Comix, elle raconte la première histoire de comics dans laquelle tous les protagonistes sont uniquement des femmes.

Itaintmebabe01

Féministe dans l'âme, elle n'hésita pas à s'attaquer à la grande figure du comics indépendant, Robert Crump qu'elle traite  de machiste et qui ne considérait pas l’évolution de la femme dans la société américaine. C'est aussi pour ces positions sur le rôle de la femme dans les comics (et dans la société) qu'elle était conviée aux panels de conventions de comics américains pour parler de ce sujet. En 1985, elle co-écrit également un livre sur le sujet avec Catherine Yronwode intitulé Women And The Comics. En 1994, elle fonde Friends Of Lulu, une association à but non-lucratif pour aider à promouvoir les comics créés par des femmes.

De part son statut de féministe activiste, DC Comics l'invita à écrire la série régulière Wonder Woman puis elle dessina la mini-série Legend of Woncer Woman écrite par Kurt Busiek (Marvels, Astro City...).

wonderwomanlegendof1

Mais c'est en 1972 qu'elle devient une "LGBT Heroine". En effet, dans une courte histoire nommée Sandy Comes Out parue dans Wimmen's Comix, elle présente pour la première fois dans un comicbook une femme qui se revendique ouvertement lesbienne. On rappelle que ces années-là, l'homosexualité était encore considérée comme une maladie. Introduire un tel personnage était donc osé et courageux.

1-1_Sandy-1

C'est ainsi que Trina Robbins a laissé sa trace dans l'histoire de la BD américaine : parler d'une réalité que les autres médias préfèrent ne pas traiter et que le reste du comic-dom n'osait aborder pour de nombreuses raisons. C'était en quelque sorte sa marque de fabrique.

Il s'agit donc d'une figure emblématique du comics pour l'image de la femme avec de nombreuses et notables actions allant dans ce sens. Et mine de rien, dans sa lutte pour améliorer l'image de la femme, elle a fait avancer les mœurs à sa manière sur le sujet de l'homosexualité.

Trina marqua assez les esprits pour que la chanteuse (et féministe) Joni Mitchell parle d'elle dans une chanson "Ladies of the Canyon" tiré de l'album du même nom sorti en 1970.