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Grant Morrison devient l'éditeur en chef de Heavy Metal

Le bimestriel culte Heavy Metal n'est pas mort. Les ventes sont très basses mais les propriétaires maintiennent le magazine. Au début de l'année prochaine, ils s'apprêtent à dépoussiérer le contenu qui, dans l'imaginaire collectif, fait vieillot en engageant un éditeur-en-chef de renom, Grant Morrison.

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Depuis quelques années, le magazine Heavy Metal peine à trouver son public. Les ventes qui effleuraient 240.000 unités au début des années 80 plafonnent maintenant autour de 16.000. Une perte colossale d'un magazine qui ne s'est jamais remis en question et, surtout qui peut paraître daté auprès d'un public plus jeune.

Né en 1977, Heavy Metal est l'homologue français du magazine Métal Hurlant mais très vite il trouve sa propre entité. La revue est une anthologie de courtes histoires qui voit se succéder Jean Gireaud alias Moebius, H.R. Giger (le père du xénomorphe des films Alien) , Bernie Wrightson, Richard Corben, Howard Chaykin, Enki Bilal, Milo Manara, Walter Simonson ou, encore, Kevin Eastman le co-créateur des Tortues Ninja. Ce dernier est devenu le propriétaire du magazine en 1992. Il avait commencé à travailler avec Robert Rodriguez afin de faire de Heavy Metal un film anthologique, mais rien n'est sorti. Malgré d'autres tentavices de relance, la machine n'est jamais repartie. Eastman l'a vendu l'année dernière à David Boxenbaum et au producteur de films, Jeff Krelitz. Il est tout de même resté éditeur du magazine.

Comme je l'écrivais ci-dessus, le public ne s'intéresse plus au magazine. Souvent présenté comme le Playboy pour les geeks, l'image de la revue ne donne pas spécialement envie de s'y intéresser plus que ça. À l'instar de Métal Hurlant, les histoires présentaient souvent des histoires de science-fiction politiquement engagées avec des femmes à la poitrine nue, aux tétons qui pointent et aux implants qui les torturaient et les poussaient à avoir des orgasmes violents imposés par des hommes viles et sans scrupules.

Peut-être que les récits qui composent les récent Heavy Metal ont changé mais il s'agit toujours de cette manière que l'imagerie collective représente la revue. Ce féminisme daté n'a plus vraiment de place dans notre société[1] et il parait évident que le public ciblé se soit tourné vers autre chose. C'est d'ailleurs certainement ce qui a poussé Boxenbaum, Krelitz et Eastman à engager Morrison comme éditeur en chef de leur magazine.

Lors de leur interview sur le site Entertainment Weekly, les trois hommes vantent les mérites de leur nouvel éditeur-en-chef tout en piochant dans ses œuvres cultes afin de montrer que leur choix est cohérent avec la ligne éditoriale de leur magazine. Ils citent Arkham Asylum, le graphic novel qu'il a écrit en 1989 avec Dave McKean à la partie graphique, mais aussi la quasi-totatilé de la carrière de l'écossais en pointant le fait qu'il a une patte particulière.

Morrison veut, je cite, "ramener l'énergie punk qui animait Heavy Metal dans les années 70 mais mis à jour et à nouveau frais". Le scénariste rajoute le fait qu'il va écrire quelques histoires pour les prochains numéros. Il rajoute également que l'une des choses qu'il adore faire dans son boulot c'est de remanier les licences en allant piocher les idées aux racines de ses projets et d'en faire ressortir ce qu'il y a de meilleur tout en y injectant de nouvelles choses. Cela ressemble beaucoup à la recette qu'a employé le scénariste sur All-Star Superman.

Grant Morrison prend en charge le bimestriel début 2016, en attendant, le dernier numéro de l'année proposera le travail du King, Jack Kirby. En effet, Heavy Metal proposera de publier les travaux que le créateur des Fantastic Four a créé pour le film Lord of Light, un faux projet créé par la CIA pour permettre des diplomates américains réfugiés à l'ambassade du Canada à Téhéran (Iran)[2]. Ces visuels n'ont jamais été publiés complètement et ils le seront ici ainsi qu'en couleur.

via Entertainment Weekly.


[1] Je vous invite à regarder ce reportage (déconseillé aux moins de 16 ans) pour mieux comprendre ce que j'insinue.[^]

[2] Ces faits sont retracés dans le film de Ben Affleck, Argo.[^]