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Bloodborne Tome 1

Le jeu vidéo culte arrive en comic-book !

From Software a publié un des meilleurs jeux existants, Bloodborne. L'univers Lovecraftien, ésotérique, gore et sombre du jeu pouvait être adapté avec brio, et c'est Ales Kot et Piotr Kowalski qui ont cet objectif !

J'ai beaucoup aimé Bloodborne. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, c'est un jeu sorti sur PS4, un action-RPG qui ressemble un peu à un Dark Souls (des mêmes développeurs) en plus nerveux. On y incarnait un personnage qui se réveille dans la ville de Yarnham, en pleine nuit de la chasse : des monstres horribles et difformes ont pris d'assaut la ville, et une longue conspiration pourrait bien être derrière tout ça. Je vous passe les détails, mais les inspirations sont nombreuses, et le titre est beaucoup plus riche qu'il n'y parait. Quand je dis que j'aime énormément ce jeu, j'en ai même une petite partie tatouée sur le bras. Donc autant dire que l'adaptation en comic me faisait peur.

Je m'étais infligé deux numéros de Dark Souls en comic-book, et je m'étais juré de ne plus jamais ouvrir ces choses infâmes, faites uniquement pour attirer les fans sans respecter la mythologie, ou sans même proposer une histoire intéressante. Pourtant, Ales Kot, qui est un excellent auteur, est aussi un grand fan du jeu. Il l'aurait fini plusieurs fois selon ses dires, et c'est une déclaration qui laissait espérer pour le titre.

Et étonnamment, j'ai eu raison de donner une chance au titre: il est franchement réussi, si vous aimez le jeu. On suit la nuit de la chasse du point de vue d'une chasseuse qui est complètement déboussolée, et qui va se retrouver à protéger un enfant un peu particulier. Si vous avez joué au jeu, vous allez vite voir venir les twists, mais là n'est pas la question.

Ales Kot écrit son histoire en ayant aimé le jeu, et ça se sent. Tous les codes de l'univers sont là, mais sans jamais tomber dans la copie conforme sans âme. Il mélange les endroits vus dans le jeu, reprend certains monstres et en laissent de côté d'autres, et arrive à véritablement retranscrire l'atmosphère du jeu. Si on commence par une scène de chasse gore qui va vite se conclure par une mort immonde, on part ensuite sur quelque chose de plus solitaire, de plus sobre, mais qui reprend là aussi ce qui faisait le succès de l'aventure. J'ai pris plaisir à revoir certains personnages ou certains monstres, qui ne sont pas utilisés bêtement pour remplir les pages d'action.

Il y a un vrai respect de la richesse de l'oeuvre source, et c'est admirable tant j'ai retrouvé ce que j'aimais à l'époque: de la violence certes, mais aussi du désespoir, l'incapacité de mon personnage à triompher, et une mythologie riche et intrigante. On n'aura pas toutes les réponses à la fin de ce volume, et j'espère vraiment que les suites sortiront en France, parce que je veux lire la suite. En attendant, on ne peut que recommander ce premier chapitre de l'histoire. Piot Kowalski est d'ailleurs excellent malgré quelques visages un peu étranges: il reprend les codes architecturaux, visuels et monstrueux du jeu, mais se les approprie pour en faire quelque chose qui rend vraiment bien sur papier. C'est beau et laid à la fois, et il dessine des combats horribles, qui rappellent parfaitement ceux du jeu.

Urban Comics a publié ça dans une édition VF propre, bien traduite et respectueuse de l'univers, et à un prix raisonnable, donc autant dire que vous pouvez vous laisser tenter. J'ai fait lire l'histoire à une personne qui n'avait jamais joué au jeu, et si de son propre aveu il y a quelques éléments peu clairs, mais on peut se laisser prendre au jeu et apprécier la lecture. En l'état, je vous déconseille de l'offrir à des néophytes de l'univers, ou à un lectorat occasionnel, mais vous pouvez tout à fait donner une chance au titre.

Bloodborne Tome 1

La Fin du Cauchemar

Urban Comics • Scénario : Ales Kot - Dessins : Piotr Kowalski - Couleurs : Brad Simpson • 14€50

J’aime le jeu, et j’ai aimé le comic-book. C’est rare qu’une adaptation soit réussie, donc il faut le signaler. En respectant l’univers tout en se l’appropriant, Ales Kot réussit son pari, et montre tout son amour pour ce qui est un des meilleurs jeux vidéo existants. On attend impatiemment la suite.