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DC Saga Présente #2

En marge de l'événement retentissant qu'est Forever Evil, DC Comics s'est décidé à unir les séries de sa ligne Dark pour un événement parallèle, Blight (l'Ombre pour la publication française). Jetons un œil aux six premiers chapitres de ce cross-over dans leur publication chez Urban Comics.

La revue d'Urban Comics DC Saga Présente est à peine introduite qu'elle sert déjà de bien sombres desseins : la publication du cross-over Blight, publié en marge de Forever Evil dans les pages des séries Justice League Dark, Constantine, Trinity of Sin: Phantom Stranger et Trinity of Sin: Pandora. Si le premier numéro servait à publier du matériel ancien (les premières apparitions du criminel Wrath en marge de son apparition dans la série Detective Comics), celui-ci et les deux prochains serviront donc les séries sombres des New 52.

Un point éditorial intéressant à soulever car, dès lors, les motivations de la création de cette revue deviennent floues. Son avenir passé le quatrième numéro (fin décembre) est dès lors parfaitement incertain et il faudra réellement guetter les annonces d'Urban Comics sur la question.

Mais revenons à ce qui vous intéresse sûrement le plus : le contenu de DC Saga Présente #2 ! L'événement commence timidement sur un numéro centré sur Constantine, qui a échappé on ne sait comment au Syndicat du Crime de Terre-3. Plus introspectif que percutant, ce premier chapitre permet de poser les enjeux de cet autre cross-over : une entité maléfique, l'Ombre, somme de tous les petits maux cumulés des habitants de Terre Prime (la Terre de la Renaissance DC) a fini par se matérialiser suite aux répercussions de la Guerre de la Trinité.

Dès lors, à charge pour le détective de l'occulte de constituer une nouvelle Ligue des Ténèbres afin d'affronter cet adversaire invisible, peu recommandable et diablement retors. D'autant que la menace est aussi retorse que les alliés se font rares. Si les deux plus célèbres membres de la Trinité du Péché finissent par rejoindre Constantine dans son combat, ce dernier s'appuiera avant tout sur l'Infirmière Infernal (Nightmare Nurse) et la Créature des Marais (déjà croisée dans des épisodes précédents de Justice League Dark).

On pourrait difficilement reproché à Blight de manquer de cohérence car, à l'instar de Trinity War précédemment, seuls deux scénaristes sont réunis sur son écriture, J-M DeMatteis et Ray Fawkes. Et si le premier maîtrise toujours aussi efficacement les intrigues surnaturelles et horrifiques (cf. sa prestation globale sur la série Trinity of Sin: Phantom Stranger), le second reste désespérément un écrivain ennuyeux, si bien que les épisodes des séries Constantine et Trinity of Sin: Pandora s'avèrent lourds à la lecture.

En ce qui concerne le contenu de cette revue, le découpage fait que l'on termine sur le #26 de Justice League Dark qui emmène la nouvelle équipe dans un décor différent des chapitres précédents et permet de retrouver, non sans humour et avec une certaine surprise, un autre super-héros que l'on pensait disparu.

Côté graphismes, le duo Mikel Janin (dessins) et Jeromy Cox (couleurs) est éclatant sur Justice League Dark. C'est de très belle facture, ça regorge de détails et les visages, au centre de la narration du premier chapitre par exemple, sont criants de vérité. Dans un style plus crayonné, Fernando Blanco(dessins) et Brad Anderson (couleurs) ne déméritent avec Phantom Stranger, même si évidemment la différence de traitement graphique peut se faire sentir. Bien qu'Aco bénéficie sur Constantine du même coloriste, ses dessins font plus brouillons et jurent vraiment avec le reste. Et par ailleurs, que déduire des deux pages dessinées par Ben Lobel, en pleine action, qui contrastent encore plus ? Pas grand chose à dire sur Francis Portella et Staz Johnson sur le chapitre de Pandora, c'est dire s'ils m'ont marqué...

DC Saga Présente #2

Urban Comics • Par Jean-Marc DeMatteis, Ray Fawkes  & Mikel Janin, Fernando Blanco, ACO, Ben Lobel, Francis Portela, Staz Johnson • 5€90
Blight est un événement sympathique mais qui n'a pas le rythme de Trinity War ni l'envergure de Forever Evil. Outre cet enjeu fort mais au final peu percutant, ce cross-over souffre vraiment de la comparaison avec son grand frère. Le principal intérêt reste et demeure donc la prestation scénaristique de DeMatteis et la qualité graphique correcte et relativement homogène de l'ensemble. Le tout pour un prix défiant largement celui de la VO.