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Forever Evil 1 sur 7

Ça y est, deux ans après la Renaissance DC Comics (The New 52), l'éditeur offre un premier cross-over à son univers, Forever Evil. Décryptons dès à présent ce que nous propose Urban Comics pour couvrir l'événement.

Vendu au même prix que les autres revues, Forever Evil #1, prévu en sept itérations, regroupe les numéros VO suivants : Forever Evil #1, Flash #23.1 (Grodd) et #23.3 (Rogues), Detective Comics #23.3 (Scarecrow) et Batman #23.4 (Bane). Passons en revue ces cinq chapitres.

Forever Evil fait suite à l'événement Trinity War qui a traversé les trois séries Justice League (et sur lequel nous reviendrons certainement...). Forever Evil commence peu ou prou après les dernières pages de Justice League #23, lorsque le Syndicat du Crime (l'équivalent maléfique de la Ligue de Justice venu d'une Terre Parrallèle, la Terre-3) met les pieds sur la Terre des New 52, clamant que "Ce Monde est à Nous".

Ce numéro introductif permet rapidement de comprendre quels seront les enjeux des proagonistes principaux de l'événement : Lex Luthor (qui ouvre le bal), Nightwing, les Lascars, une partie des patients d'Arkham et évidemment le Syndicat du Crime. Seuls héros visibles de tout l'épisode, les Teen Titans, témoins malgré eux et comme le reste du monde du destin de Dick Grayson.

C'est un bon premier numéro qui permet de comprendre déjà facilement les motivations de chacun et quelles seront les possibles failles du plan du Syndicat du Crime. Et "Villains Month" oblige, l'absence remarquée et remarquable de super-héros dépeint le désespoir dans lequel cette histoire prend place. C'est d'autant plus marquant que, si l'absence de la Justice League se fait sentir, aucune piste sur leur devenir ne nous est donné.

Sur la partie graphique, l'événement a été confié à David Finch, que l'on a connu en meilleure forme. C'est clairement visible à la deuxième page de cet épisode, sur le visage de Lex Luthor en particulier. Le niveau est bon mais pas excellent comme le devrait et le mériterait le chapitre d'un cross-over. La suite se fait attendre en tout cas, vivement le mois prochain pour voir les plans de chacun se mettre en branle.

Vous n'êtes sans doute pas sans le savoir si vous suivez la série The Flash depuis le début des New 52, mais les Lascars ont bien changé depuis l'ancienne continuité. En effet, ils sont maintenant dotés de super-pouvoirs qui s'apparentent pour certains (le Maître des Miroirs, Liza Snart la sœur du Captain Cold) à une malédiction.

Ce numéro du Villains Month revient autant sur cette particularité des Lascars modèle New 52 que sur la culpabilité de Captain Cold (responsable de ce changement) mais aussi leur leit-motiv : ce ne sont pas des super-vilains, ils ne s'en prennent pas aux civils et tuent encore moins. Une très bonne idée de la part de Brian Buccellato.

Du coup, leurs réactions par rapport aux événements de Forever Evil et aux actions du Syndicat du Crime sont parfaitement logiques et présagent d'un avenir incertain autant qu'intriguant pour la fine équipe, comme l'annonce la mini-série Forever Evil: Rogues Rebellion qui débutera le mois prochain. Aux dessins et aux couleurs, Patrick Zircher et Nick Filardi livrent une belle prestation, même si Francis Manapul se fait regretter.

Parmi la multiplicité des adversaires de Flash, Grodd est probablement un des plus touchés par les changements de la Renaissance DC Comics. Outre ses pouvoirs télépathiques, il peut désormais puiser dans la Force Véloce. S'il déteste toujours autant les humains et Flash, il se pose plus en tyran massacreur qu'en conquérant rusé.

C'est un épisode plus faible que le précédent. L'entente entre les gorilles, menés par Solovar, et les humains est perturbé par un Grodd aussi vindicatif qu'apathique. Ce manque de motivation et d'entrein, induit par son récent séjour dans la Force Véloce, le rend diminué et lui fait perdre énormément de son charisme. Sur la partie graphique, Chris Batista livre des dessins plutôt génériques, sans personnalité. Sympathique mais pas marquant.

Les deux derniers épisodes de ce magazine Forever Evil introduisent aussi une prochaine mini-série, Forever Evil: Arkham War. En effet, l'Épouvantail et Bane vont chacun mener un camp composé de super-vilains gothamites. Le premier joue la carte de l'introspection, défilant de vilain en vilain pour se trouver de nouveaux alliés autant que savoir qui menace le nouveau statu quo de Gotham City.

Ce numéro ne révèle finalement pas grand chose, que ce soit des événements en cours, de la psyché du Docteur Crane voire de son passé. Il est intéressant mais pas transcendant, dommage pour du Tomasi. Szymon Kudranzky (Spawn, Penguin: Pain and Prejudice), aux dessins, a déjà été vu plus efficace par ailleurs.

La note finale revient donc à Bane, célèbre pour avoir terrassé Batman par le passé et pour avoir un cerveau loin d'être atrophié. Pourtant, la Renaissance DC Comics ne l'a pas épargné avec son apparition des plus discutables dans la série Batman: The Dark Knight. Cet épisode vaut à peine mieux, notamment à cause des dessins trop simplistes de Graham Nolan.

Pourtant, avec Peter Tomasi au scénario là encore, on aurait pu espérer de réelles fulgurances. Mais sans doute le cahier des charges et les objectifs éditoriaux quant au contenu de cet épisode lui ont laissé trop peu de champs libres pour être véritablement inspiré. Bane capture le pénitencier de Blackgate afin de reprendre Gotham City des mains du Syndicat du Crime. Il pourra ainsi compter sur les super-vilains enfermés là-bas ainsi que sur une armée de révolutionnaires caribéens dopés au Venin.

Ces deux numéros du Villains Month ont au moins pour mérite d'attiser notre curiosité sur la future mini-série Forever Evil: Arkham War, c'est toujours ça de pris.

Forever Evil #1

Urban Comics • Par Geoff Johns, Brian Buccellato, Peter J. Tomasi  & David Finch, Patrick Zircher, Chris Batista, Szymon Kudranski, Graham Nolan • 5€60
Forever Evil s'annonce comme un bon cross-over. L'idée de base est là, est respectée et on sent vraiment que l'univers DC est en difficulté. Dommage par contre que les numéros Villains Month, bien que fortement lié à cet événement, soient d'une qualité plus discutable (en dehors de l'épisode sur les Lascars).