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La Balade de Lobo

Il y a quelques chose que j'apprécie fortement chez Urban Comics, c'est leur sélection de rééditions. Sincèrement, je ne m'attendais pas à voir paraître les deux mini-séries de Lobo de Keith Giffen, Alan Grant et Simon Bisley compilés en un album. Ça me fait d'autant plaisir que je ne les avais pas. La Balade de Lobo est pourtant un incontournable et c'est pour cela que j'ai craqué.

Lorsque Keith Giffen a inventé Lobo pour les besoins de sa série Omega Men, il ne pensait certainement pas que le public allait adorer ce pastiche ultra-violent de Wolverine. Au fil des années, le personnage pris de l'ampleur et il se démarqua du mutant griffu. Ce qui est assez drôle, c'est que lorsque Daniel Way réinventa le personnage de chez Marvel, Deadpool, il s'inspira fortement de Lobo. La boucle est bouclée.

Il y a trois choses à savoir sur Lobo : il a tendance à tuer et mutiler tout ce qui bouge même les morts, il est incapable de revenir sur un engagement lorsqu'il a donné sa parole, enfin, il est accompagné par un banc de dauphins de l'espace.

En 1990, DC Comics laisse carte blanche à Keith Giffen pour faire l'histoire de Lobo de ses rêves : quelque chose d'ultra-violent, de déjanté et de mature. Ainsi, Giffen s'entoure de deux créateurs venus de 2000 A.D. et qui ont bossé notamment sur Judge Dredd, Alan Grant qui coécrit la mini-série et Simon Bisley aux dessins.

Suite au succès légitime de la mini-série en 4 parties, Lobo, The Last Czarnian, le trio se reforme pour concocter en 1993 une autre mini-série, Lobo's Back. Étrangement, Urban Comics présente ces mini-séries comme l'incarnation de l'essence des années 90. Bien sûr, Lobo est un personnage hyper-musclé avec un comportement violent. Mais, il incarne, selon moi, une ouverture d'esprit de la part de chez DC. On retrouve l'ambiance si particulière des comics anglais comme ceux de 2000 AD. Ce n'est pas pour rien que Giffen coécrit les mini-séries avec Alan Grant. En somme, à l'instar de Hard Boiled, Lobo est l'héritage des années 80.

La Balade de Lobo compile donc les deux mini-séries. La mise en page permet de bien différencier les deux et de marquer une légère pause. En effet, Urban Comics a la bonne idée d'inclure les pages de jeux et les couvertures faussement censurées de Lobo's Back.

Tout commence avec Lobo, Le Dernier Czarnien dans lequel il part en mission pour L.E.G.I.O.N.. Il doit escorter une femme qui n'est autre que son institutrice et biographe . Une femme que n'apprécie pas trop Lobo mais il a tenu parole ; il doit la ramener en vie mais cela ne veut pas dire entière... Et puis, le tout part en vrille puisque Lobo et l'institutrice ont un sacré caractère et ils arrivent à se mettre à dos pas mal de monde, à tel point qu'on a presque l'impression que toute la galaxie est à leurs trousses. L'histoire est bien déjantée avec ses blagues potaches, le comportement de gamin terrible de Lobo face à son institutrice et des ennemis improbables. Giffen et Grant ont eu la bonne idée d'inclure entre les pages de la BD des extraits de la biographie imaginaire de Lobo nous expliquant bien qui il est. Tout cela avec un humour d'étonnant. Attention aux crises de rire !

La seconde histoire, Le Retour de Lobo, a un nom évocateur pour deux raisons. D'abord, il s'agit du retour de Giffen, Grant et Bisley sur une mini-série Lobo. Ensuite, il s'agit du retour de Lobo à la vie après avoir été tué. Enfin, pour être plus exact, il s'agit des tentatives de retour de Lobo à la vie. Et tout le récit repose là-dessus et comment ça va foutre les nerfs au Dernier des Czarniens. Je vous laisse les surprises mais notre antihéros va connaître des transformations importantes avant de pouvoir se venger. Au début, le lecteur peut être un peu perdu, ne comprenant pas comment Lobo a tronqué ses gentils dauphins par des pingouins rockeurs (au look excellent) mais ce n'est pas bien grave.

Bisley s'amuse à chaque page voire à chaque case. Il est complètement libre de laisser s'exprimer sa créativité. Ainsi, il aura le droit à dessiner les animaux tous mignons qu'il aimait tant massacrer dans les pages de Judge Dredd. On sent que le dessinateur a fait évoluer son style entre les deux mini-séries. En tout cas, la partie graphique est un élément essentiel de cette BD et elle contribue grandement à la provocation de fous rire.

La traduction est plutôt bien foutue surtout qu'il ne s'agit pas d'œuvres faciles à traduire. En effet, Giffen et Grant ont inventé tout un vocabulaire pour masquer les insultes. De plus, certains personnages parlent de manière désuète.

L'édition d'Urban Comics est comme d'habitude, belle avec un joli papier agréable au toucher. En revanche, je profite de cet album pour faire remarquer que les traducteurs et les lettreurs français ne sont pas crédités comme il le faudrait. En effet, il faut regarder les crédits à la fin du volume pour voir les noms de ceux qui nous permettent de lire des comics dans la langue de Molière. Je trouve ça dommage surtout lorsque Urban crédite avant chaque épisode le lettreur original  dont on ne voit pas ou peu son travail dans leurs éditions.

La Balade de LoboLa Balade de Lobo

Urban Comics • Par Keith Giffen, Alan Grant & Simon Bisley • 19€00
La Balade de Lobo est une tuerie dans tous les sens du terme. Impossible de ne pas se marrer avec les aventures rocambolesques du Dernier Czarnien ! Et c'est pourquoi je vous le recommande fortement.