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Lazarus Tome 1 - Pour la Famille

Vous le savez peut-être, Glénat a lancé une nouvelle gamme de comics menée par une toute nouvelle équipe. Le label, Glénat Comics, se démarque par son intention de publier des séries moins connues que celles de Panini, Urban ou Delcourt mais avec un bon niveau de qualité comme le démontre Lazarus. Publiée aux États-Unis chez Image Comics, elle est la création originale de Greg Rucka et Michael Lark qui ont travaillé ensemble sur Gotham Central, un bien bel argument de vente.

Lazarus est une de ces séries qui, lorsqu'on termine le premier épisode, nous a happé alors que nous avons l'impression de ne pas avoir tout compris. Il faut dire que la scène d'introduction capte l'attention autant qu'elle est prometteuse. Dans celle-ci, nous voyons des hommes abattre de sang froid Forever, l'héroïne de la série. Gisant sur le sol dans son propre sang, le bras déboîté, elle se relève avant d'aller foutre sa raclée aux hommes qui l'ont agressé, tout en silence mais avec une mise en scène incroyable. D'ailleurs, Rucka utilise à bon escient l'art séquentiel de Lark qui offre par la suite des scènes de combat incroyablement chorégraphiées. Quoiqu'il en soit, la lecture en format album est moins frustrante que celle en épisodes puisque, au fil des 4 épisodes reliés, la trame se dessine petit à petit.

Dans un futur dystopique, le concept de pays n'existe pas. Les territoires sont dirigés par des familles riches. Autour de ces domaines, il y a des gens qui crèvent la faim. Comme pour les autres familles, l'un de ses membres est désigné Lazare (Lazarus en V.O.). Il est ainsi amélioré par des implants cybernétiques. La famille Carlyle possède une partie de la Californie. Son Lazare est une femme, Forever, que le père de famille manipule en lui faisant croire qu'elle est sa fille. Aux prémices d'une guerre avec la famille dirigeant le Mexique, les Morsay, Forever découvre malgré elle une conspiration au sein de sa propre famille.

Il y a du Game Of Thrones dans Lazarus. De ma bouche, qui ne suis pas très fan de ce que j'ai pu voir de la série adaptée de l'oeuvre de G.R.R. Martin, ça pourrait être un reproche, mais pas du tout. Surtout que Rucka définit assez bien les protagonistes de la famille Carlyle avant d'introduire de nouveaux personnages. Justement, le point fort de ce premier tome de Lazarus est la caractérisation des personnages et, surtout, de Forever. Rucka lui donne une voix, une machine mais pas dénuée de caractère. Sa rencontre avec Joaquim, le Lazare de la famille Morsay, est touchante tellement il y a de l'innocence presque adolescente entre les deux.

L'intrigue se dessine petit à petit, Rucka dévoile les éléments de son histoire par à-coups forçant presque le lecteur à dévorer l'album, qui parait bien court tellement le scénariste arrive à nous rendre accroc à son univers. Le pire, ce premier tome se termine avec une grosse bombe rendant l'attente du prochain tome trop longue.

Je vous l'évoquais plus haut, Lark nous offre une partie graphique exceptionnelle. Les scènes sont sublimes. Il opte pour des plans rapprochés toujours judicieux et les scènes d'action sont toutes efficaces à souhait. La scène qui met en parallèle le combat de Forever et l'agression de se sœur Johanna est parfaite. Certaines scènes sont plutôt sanglantes sans aller jusqu'au gore. Rucka écrit une série mature mais pas excessivement violente pour faire du grim and gritty pour adolescent américain.

Malheureusement, il y a une mauvaise note. Pas de la part du comicbook de Rucka et Lark mais de l'édition de Glénat Comics. Je vous rassure, la traduction est de très bonne qualité mais il s'agit plutôt de l'album en lui-même. Je ne sais pas si tous les livres sortis sur ce label ont le droit au même traitement vu que leurs forme et aspect diffèrent. Ce n'est pas un reproche, cela fait moins uniformisé que chez Urban, par exemple. Mais ce tome de Lazarus bénéficie d'un papier glacé comme je les déteste gâchant l'encrage et la colorisation de Santi Arcas. C'est moins grave que sur les éditions Intégrales de Panini mais ce n'est pas glorieux. Ensuite, la qualité de la reliure est décevante, l'album craque lorsqu'on tourne les pages et le livre à tendance à se décoller. J'ai vu des exemplaires abîmés en magasin - me forçant à repousser l'achat.

lazarus-tome-1-couvertureLazarus Tome 1 - Pour la Famille

Glénat Comics • Par Greg Rucka et Michael Lark • 14€95
Lazarus est une oeuvre mature et intelligente. L'univers et l'intrigue se dessine lentement mais Rucka bonifie le tout avec la caractérisation de ses personnages. Plus, l'histoire avance plus le lecteur se prend au jeu. C'est un très bon choix de la part de Glénat de nous proposer en V.F. cette série qui risque fortement de trouver ses fans.