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Annihilator #4-5

À chaque épisode de Annihilator, la mini-série en 6 parties de Grant Morrison et Frazer Irving, je me demande ce que je vais écrire. Pourtant, j'ai envie de vous en parler afin de vous inciter à lire cette histoire.

Ray Spass (prononcez "Space") est scénariste de films de science-fiction. Il a connu la réussite en écrivant les avantures de Max Nomax, un brillant aventurier. Alors qu'il est en train d'écrire la suite, on diagnostique chez Spass une tumeur au cerveau. Le scénariste préfère mourir de suite. C'est alors que Nomax débarque dans son salon et l'empêche de se tirer une balle dans la tête. L'homme de l'espace lui explique qu'il ne s'agit pas d'une tumeur mais des souvenirs de Nomax que lui-même à cacher dans la tête de Spass. Ce que ce dernier pense être un scénario est en fait la vraie histoire de Nomax.

L'homme de l'espace, alors amnésique, explique qu'il a besoin que Spass finisse d'écrire son histoire afin de savoir ce qu'il a fait de la formule qui permet de ramener les morts à la vie. Nomax a, en effet, trouvé cela alors qu'il souhaitait redonner vie à sa bien-aimée, Olympia. Mais, le méchant Vada veut mettre la main sur cette formule alors Nomax a préféré se faire oublier quelques temps.

Annihilator 004-CoverAnnihilator #4

Legendary Comics • Par Grant Morrison & Frazer Irving • $3.50
Spass va mourir. Il perd pied et succombe de plus en plus à la folie que provoque la tumeur (ou plutôt les souvenirs de Nomax). Il va ainsi voir son ex qui, elle, n'est pas très heureuse de le revoir. Avec ce troisième personnage, Morrison effleure le sujet d'Hollywood et comment ce monde de strass et de paillettes n'apporte pas forcément ce qu'on y attend. Et c'est peut-être là le seul problème de Annihilator, c'est cette impression que Morrison part dans toutes les directions et ne fait que effleurer les sujets abordés. Des sujets qu'il connait bien et qu'il a déjà travaillé dans d'autres séries.

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Legendary Comics • Par Grant Morrison & Frazer Irving • $3.50
L'histoire prend un tournant important. Nous découvrons le véritable visage de Nomax. Littéralement. Cela n'aide pas Spass à ne pas divaguer. Il y a quelque chose d'étrange dans le comportement du scénariste qui semble avoir de plus en plus de lucidité à propos de l'histoire qu'il écrit et de moins en moins dans le monde qui l'entoure. Si Nomax n'interagossait pas avec les personnages extérieurs, j'aurais bien dit qu'il était une voix intérieure poussant le scénariste à écrire son dernier script avant de mourir. D'ailleurs, ce n'est toujours pas exclu.

Ces deux épisodes ne permettent toujours pas de voir plus clair dans les intentions de Morrison. Impossible de savoir si c'est du lard ou du cochon tellement l'auteur brouille les pistes. Mais, justement, il fait ça très bien en suivant une ligne directrice.

L'inversion des tendances entre les deux épisodes est flagrant. Dans le premier, le passé de Nomax était obscure et la réalité semblait normale alors que dans le cinquième épisode cela semble inversé.

En tout cas, Morrison écrit un parfait terrain de jeu pour Frazer Irving qui s'éclate sur la série. C'est magnifique de bout en bout. Il s'amuse également avec le cadrage et les mouvements des personnages pour rendre le tout encore plus fou. Et puis, il y a les scènes avec Oorga et Vada qui sont tout simplement incroyables. D'autant plus que Irving s'occupe également de la colorisation.

J'ai hâte de lire la fin de la mini-série tellement j'ai envie de savoir ce que Morrison nous a réservé en surprise finale. C'est passionnant et, surtout, tellement beau à regarder. Irving est au sommet de son art. Ça fait plaisir.