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Bitch Planet #1

La nouvelle série de Kelly Sue DeConnick chez Image Comics me donnait envie mais, à l'instar de Pretty Deadly, je voulais la lire en Trade Paperback, et puis, lors de nombreux tops de fin d'année, plusieurs sites (non-axés comics) ont mis Bitch Planet dans leur top de l’année 2014. Et, ce, avec un seul épisode, ce qui m'a forcément intrigué et poussé à lire ce premier numéro.

Bitch Planet est le nom d'une prison mise en orbite où sont envoyées des femmes peu consentantes et au profil particulièrement agressif. Mais, ce n'est peut-être pas tout...

S'il y a un truc que je reproche souvent à DeConnick c'est son approche un peu simpliste et banale du féminisme. Elle imposa cette vision dès le début de son run sur Captain Marvel mais aussi à Pretty Deadly. On retrouve cela dans cet épisode. Pour être plus clair, tout cela sonne un peu comme le "girl power" de Beyoncé ou des Spice Girls. Sauf que cette approche est, je présume, volontaire et permet surtout à ne pas noyer sa narration et, surtout, sa caractérisation dans un discours politique.

Ici, si son féminisme me parait cliché. C'est peut-être parce que DeConnick reprend les codes des films de la BlaXploitation et les retranscrit au féminisme. Ce mouvement était bien connu pour ne pas prendre des détours. Heureusement, très vite, on découvre des personnages au potentiel très fort et qui risquent d'être attachants par la suite. En tout cas, cette approche créative est intéressante et elle est très atypique dans les comics actuels.

La narration employée par DeConnick est excellente. En effet, l'épisode a un rythme atypique avec des scènes qui s'entrecoupent, se croisent. Il y a notamment l'histoire de Marian Collins racontée par deux points de vue différents.

Et puis, les dessins de Valentine De Landro qui dessine des femmes aux formes humaines et les scènes de nue sont respectueuses des femmes. J'apprécie cette approche.

Enfin, il y a les à-côtés de l'épisode que je trouve sympathique. Même si cela fait très "girl power" (je parle de la photo), je trouve intéressant que DeConnick utilise sa notoriété et sa propre série pour parler de choses sérieuses et de laisser la parole à des filles qui agissent pour le droit des femmes. Apparemment, cela gêne certaines personnes (masculines) mais ce n'est pas problématique si on est bien avec soi-même.

Bitch-Planet-001-CoverBitch Planet #1

Image Comics • Par Kelly Sue DeConnick & Valentine De Landro • $3.50
Ce mélange entre la BlaXpoitation, le féminisme et la science-fiction pourrait devenir un gros titre par la suite. L'ambiance graphique et la narration donnent envie de lire la suite. Un très bon début mais un peu maigre pour dire qu'il s'agisse de l'une des meilleures séries de l'année.