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Civil War II #3

Civil War II prend une tournure dramatique dans cet épisode de Brian Michael Bendis et David Marquez. On tentera de ne pas trop spoiler même si on fait confiance à tous les "sites" de la Terre pour le faire, mais venez prudemment , on révèle certains détails.

Qui dit "event" dit forcément "conséquences et morts". Chaque event quasiment a eu son lot de morts, plus ou moins marquantes, et Civil War II ne déroge pas à la règle. Malheureusement, j'avais découvert avant la lecture la personne qui mort la poussière, et j'avais un peu peur en lisant. Même sans ça, j'ai encore une fois adoré ce numéro, qui m'a surpris autant qu'il m'a donné envie de lire la suite.

Bendis fait des merveilles sur cet évent depuis le début, et sans être surprenant vu qu'il arrive à bien écrire beaucoup de ses titres, c'est appréciable. Pour cet épisode, censé donner un gros coup de fouet à la saga, il adopte une structure un peu différente, en lançant ça sous la forme d'un procès, entrecoupé de nombreux flashbacks. L'idée n'est évidemment pas nouvelle, mais elle passe bien en comics, et donne un intérêt certain au titre. L'action fait donc plusieurs bonds dans le temps, vu qu'on reviendra encore en arrière après pour finalement voire les conséquences de ce procès, et ce rythme est parfaitement géré. Le lecteur n'est jamais perdu, c'est d'une clarté irréprochable, et ça donne une vraie tension au récit.

Du coup, même si on n'a pas vu un des 100 spoils disponibles sur chaque page web, on sent bien qu'il va se passer quelque chose, et c'est le cas. Il y a effectivement quelque chose d'important, pas nécessairement bien amené vu qu'il faut passer par une explication sous la forme d'un flashback pour le justifier, mais c'est là, et l'exécution est brillante. Bendis peut remercier David Marquez, qui est à un autre stade de génie, tant il rend la scène sublime, mais ses scripts sont quand même surprenants. Là où la première Guerre Civile était propice à des grosses scènes d'action, on est pour l'instant dans quelque chose d'étonnamment calme, et ce n'est pas un mal.

Il y a peu d'action, ce qui est surprenant pour un event estival, et c'est appréciable. On prend le temps de comprendre les motivations des deux camps, et "l'accident" n'est finalement pas si anodin que ça, vu comment il est construit. C'est quelque chose qui aura des répercussions sur la suite, et même au delà de Civil War II (même si on peut facilement annuler en se souvenant que Banner a été soumis à Extremis il y a quelques mois), et ça montre que la saga veut diviser le lectorat, plus que de donner de l'action à tout prix.

Enfin, on retrouve certains habitudes de Bendis, et cette fois les meilleures. Son Tony est humain, dramatiquement même, et j'aurais tendance à être de son côté dans cette saga. On ne s'attarde pas beaucoup sur la mort du numéro, et on montre plus le traumatisme de Stark, et c'est plus original qu'une énième cérémonie officielle ou enterrement. Par contre, j'ai l'impression que Carol Danvers n'est pas forcément compréhensible, et les événements de ce numéro lui donnent tort. Le début de la saga m'avait laissé perplexe dans le choix, là, j'ai apparemment décidé. En prime, la fin directement sortie de Spider-Men est frustrante au possible, et nous apprend que le prochain numéro d'août est beaucoup trop loin.

On l'a déjà dit depuis trois numéros, donc on ne reviendra pas sur le travail de David Marquez, qui est ahurissant. Il sort des pages grandioses, pleines de personnages détaillés, et se surpasse dans la mise en scène. C'est puissant, évocateur, et sublimé par les couleurs de Justin Ponsor, donc rien que pour la partie visuelle, ça vaut le coup. Olivier Coipel revient faire un coucou pour ce numéro, pas en grande forme mais pas forcément motivé, donc on le mentionnera juste.

Civil War II #3 coverCivil War II #3

Marvel Comics • Par Brian Michael Bendis & David Marquez • $3.99
Il y a énormément de pièges pour un event, et depuis trois numéros, Bendis les évite avec brio. Là, pour le "numéro où quelqu'un meurt", c'est original, touchant, et ça motive vraiment à lire la suite. J'espère avoir eu tort de douter de l'auteur jusqu'au bout. Pour l'instant, c'est génial.