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Convergence #1-2

DC se lance dans son gros event annuel avec Convergence, qui oppose toutes les versions des personnages de DC dans un impitoyable combat à mort ! Les héros de Earth 2 découvrent les règles du jeu, et le lecteur doit subir ça. Attention, on spoil la fin d'Earth 2 !

Après une bataille contre Darkseid, alors que la Terre des héros de Earth 2 est sur le point d'exploser, les rares personnages survivants sont enlevés à leur monde, et amenés dans une arène gigantesque, constituée d'autres cités du DC-Verse. Là-bas, le héraut de Brainiac les force à se battre pour survivre, afin qu'il ne reste plus qu'un seul univers. Pourquoi ? Aucune idée, vu que je ne me suis pas infligé les douze séries hebdomadaires qui menaient à ça, et que le prologue a été une lecture tellement indigeste que j'ai bien failli arrêter les comics.

Convergence (2015) 001-000Convergence #1

DC Comics • Par Jeff Parker, Scott Lobdel, Carlo Pagulayan & Jason Paz • $4.99
Mais ne nous arrêtons pas à ce prologue consternant, et découvrons ce numéro qui est....tout aussi mauvais. C'est le summum du numéro raté pour un début d'event : on force le lecteur à suivre une seule équipe de héros, qui reste relativement peu connue (qui a réussi à suivre tout Earth 2 sans déprimer ?), mais on prend le lecteur pour un idiot en lui narrant tout avec une lourdeur déconcertante. C'est bien simple, Parker et Lobdell écrivent ce numéro comme une fan-fiction (et c'est insultant pour ces chouettes histoires!), en abusant d'une narration interne indigeste, de rappels à des événements antérieurs inintéressants, et avec des dialogues consternants.

Les auteurs se servent des dialogues des personnages comme des perches pour éviter de s'embêter avec la narration, à base de "comment sommes nous arrivés là ? Parce qu'avant nous étions ailleurs, et je vais vous faire un gros flashback alors que tous mes interlocuteurs connaissent déjà l'histoire", ou de références aussi grosses que mal amenées à la mythologie DC (le speech de Telos avec les noms des grands arcs de DC, au secours!), et le numéro passe extrêmement mal.

Pour un event qui est quand même censé pouvoir attirer du lecteur néophyte, je ne pense pas qu'amener la suite d'Earth 2 et toutes les versions du DC Verse ainsi était une bonne idée. Le numéro prend un temps monstrueux à se lancer vraiment, et les hésitations et les conflits internes des personnages d'Earth 2 sont aussi fastidieux qu'interminables.

En plus de ça, la partie artistique est très moyenne, ce qui est dommage pour un event de cet ampleur. Pour Forever Evil, DC avait au moins sorti David Finch, mais là, on retrouve Carlo Pagulayan (le très moyen Iron Man de Kieron Gillen) aidé de Jason Paz. Les deux sortent des pages sans grande inventivité, plombée par les dialogues lourds et interminables des auteurs, qui ne permettent pas aux artistes de se faire plaisir. C'est propre mais sans aucune âme, et on dirait un numéro basique d'une série mensuelle. Aucun effort de ce côté là par l'éditeur, c'est vraiment dommage.

En fait, on a l'impression que cet event a été sorti en urgence, pour donner un mois de pause aux équipes des séries régulières, et pour faciliter le changement de siège de DC. Sauf que huit numéros pour ça, sans compter les douze millions de tie-ins, c'est impardonnable.

Convergence (2015) 002-000Convergence #2

DC Comics • Par Jeff King & Carlo Pagulayan • $3.99
Et comme on ne change pas une équipe qui gagne, le second numéro est mauvais aussi ! Je ne m'éterniserai pas autant, vu qu'on retrouve toutes les mêmes erreurs, mais en pire : une narration interne qui occupe des pages entières, des occasions ratées d'écrire des scènes émouvantes, et une lourdeur insupportable.

La rencontre entre deux versions de Batman aurait dû être mise en scène avec une émotion véritable, mais non, on ne voit que les images et c'est Dick Grayson qui nous fait la narration de tout ça. Sauf qu'il n'était pas là, et ne fait que supposer, et le lecteur ne peut pas savoir ce qui s'est dit. Où est l'intérêt de la scène, du coup ? On dirait que King évite le travail nécessaire pour cette scène, et préfère se concentrer sur des affrontements sans aucun enjeu ou aucun intérêt.

Les quelques retournements de situation du numéro sont consternants, à base de "Oh nous sommes coincés ! Mais je suis plus fort, et comme j'ai de gros muscles, c'est fini!", et je pense que je vais arrêter les frais avec cette série. C'est vraiment douloureux, ça n'a aucun intérêt, il n'y a aucun enjeu, aucune mise en scène, et alors qu'on pouvait avoir une énorme baston, on se retrouve avec une bagarre sur deux cases, une fuite, et un personnage qui vient dire qu'il a vu des choses horribles mais qu'il a dû fuir. La paresse a son paroxysme.

Du coup, c'est aussi fainéant que mauvais, et pour une série qui est censée être la réponse de DC à ce que prépare Marvel, c'est presque parodique. On dirait qu'ils ont confié une histoire aux artistes encore disponibles, mais pas forcément les meilleurs... Ne vous infligez pas ça et passez votre chemin !