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Dark Knight III: The Master Race #8

La maxi-série Dark Knight III: The Master Race s'approche de la fin. Brian Azzarello, Frank Miller, Andy Kubert et Klaus Janson s'apprêtent à dire au revoir à leurs personnages dans un bain de sang.

J'ai pris pour habitude de finir les mini-séries ou maxi-séries que je commence parce que juger que sur un tronçon des histoires est compliqué. Surtout que, parfois, il peut y avoir un élément déclencheur qui fait que ce qu'on a pu ne pas aimer auparavant prend un tout autre sens. Par exemple, dans ce troisième volume de Dark Knight, je n'avais pas apprécié le traitement des Kandoriens qui sont facilement comparables aux islamistes qui se sont laissés engrainés par ce qui pourrait être Daesh. La comparaison manquait cruellement de relief donnant une impression gênante que Miller et Azzarello sont en train d'écrire que tous les islamistes sont des monstres sanguinaires qui souhaitent la destruction de ceux qui ne sont pas comme eux. Et puis, en ce début de huitième épisode, une lueur d'espoir, les humains réagissent à l'attaque repoussée des Kandoriens et font des amalgames... Mais la lueur s'est vite éteinte.

Les Kandoriens sont tous des barbares et il faut tous les tuer. Wonder Woman les coupe en morceau devenant un symbole d'une femme puissante imaginée par deux pervers. Je suis désolé mais j'ai vraiment l'impression que voir une femme découper des musulmans Kandoriens en morceau leur donne une érection. Ce n'est pas une femme forte comme Miller pouvait écrire Martha Washington ou Elektra. Et encore, Andy Kubert donne de la classe au personnage, un autre dessinateur aurait pu très vite dévier et donner l'impression de voir une de ses femmes en bikini sur les vidéos de fusil d'assaut. Et c'est encore plus visible avec la back-up story sur Bruno - la pire création de Miller et, peut-être bien de DC - avec cette femme à moitié nue portant un prénom et une coiffure de mecs et des croix gammée pour cacher seins et fesses. Le personnage affiche sans aucune subtilité qu'il est méchant comme si les actes ne suffisaient pas. Mais les croix gammée font porter l'attention sur les seins et les fesses et ça devient dérangeant. Et puis, l'histoire de cette histoire est vraiment sans subtilité bien loin des talents respectifs des deux auteurs.

J'essaie au fil des numéros de me dire que Miller est une personne intelligente que ses délires de neo-conservateur sont derrière lui... Mais, plus les épisodes passent et plus j'ai l'impression qu'il a réussi à fourguer son Batman vs Al-Qaïda. Forcément, je n'arrive pas à rentrer dans le récit... malgré le beau travail de Kubert (bien que mal mis en valeur par l'encrage de Klaus Janson).

J'ai un autre problème avec Dark Knight III, c'est que Miller renferme l'histoire sur elle-même. Il y a presque un côté nombriliste. Le fait de ramener Batman à son jeune âge (celui de Year One) et de ressortir sa vieille Batmobile est un clin d'oeil sympathique pour les fans mais cela reste dans le microcosme des histoires écrites par Miller rattachant superficiellement l'histoire des origines de Batman à celle de Dark Knight Returns. Ce n'était pas utile... mais, cela résume bien The Master Race.

Dark Knight III: The Master Race #8

DC Comics • Par Brian Azzarello, Frank Miller & Andy Kubert • $4.99
Il reste encore un épisode... Parfois, je me dis que je devrais avoir moins de principes et arrêter ce genre de maxi-séries. Azzarello et Miller écrivent une histoire bas du front avec des propos limites et rien n'arrive à redresser la barre. Avec Batman rajeuni, il est tout à fait possible que les auteurs nous sortent un Dark Knight IV, je n'espère pas. En tout cas, je ne le lirai pas mais je vous en conjure DC, sortez Andy Kubert de là, il mérite bien mieux !