The Mighty Blog

Dark Knight III: The Master Race #9

Il aura fallu presque deux ans pour que la fin de Dark Knight III: The Master Race arrive entre nos mains. Brian Azzarello, Frank Miller et Andy Kubert signent ce dernier épisode spectaculaire et posant les bases d'un monde nouveau.

Peut-on dissocier l'homme de son œuvre ? Un scénariste, par exemple, a pour mission de raconter des histoires et d'inventer des univers. Mais, lorsque l'histoire devient politique ou sociale, est-il facile pour l'auteur de ne pas prendre position ?

Frank Miller est un neo-conservateur qui a fait des sorties de route après le 11 septembre 2001 parlant de combattre Al-Qaïda à tout prix sans vraiment faire de distinction entre les terroristes et les musulmans. L'auteur de Martha Washington, critique très juste de la politique extérieure des États-Unis à l'époque du Vietnam, a soutenu George W. Bush décevant un grand nombre de ses fans. Certains l'ont traité de nazi et ont vu en 300 (pourtant sorti en 1999) un pamphlet fasciste - alors que c'est tout le contraire. Et, Miller en rajoutait des couches avec son idée de Batman vs Al-Qaïda devenu plus tard Holy Terror.

Rien ne se perd, tout se transforme.

Nous retrouvons donc dans ce Dark Knight III la base de Holy Terror avec un groupe armé de fanatiques religieux qui refusent de vivre comme les autres et qui massacrent femmes et enfants au nom de leur cause. Au cas où nous n'ayons pas compris l'analogie, on doit habiller les méchants en djellaba et on doit voiler les femmes. Ainsi cette horde de religieux qui sont absolument tous fanatiques doivent affronter un petit groupe de héros - tous bien blancs d'ailleurs.

Si les pages sont spectaculaires - même lorsque les Kandoriens sont arrêtés par de simples chauves-souris (lol), le message véhiculé est à gerber. Et, ce n'est pas cette fin qui va rattraper le tir. Si Miller (et Azzarello) critiquent Trump qu'il juge trop extrême, il n'en reste pas moins que son discours nauséabond dans ces pages est justifié par ce qui est arrivé.

À côté de ça, les scénaristes bouclent ce qui a été ouvert en début de série mais ils viennent aussi à détruire ce qui a été vu dans les deux précédents chapitres de Dark Knight. Le mythe est rompu... Et puis, il y a Carrie Kelley qui endosse (encore) un nouveau costume, proche de celui de Batman, ce qui est une idée si les scénaristes ne brisaient pas le symbole en lui donnant le nom de Batwoman (pourquoi pas The Bat tout simplement ?).

Par contre, du côté de Lana, c'est un gros raté même si j'apprécie grandement sa dernière apparition. Son retournement de veste est trop rapide pour être crédible. En même temps, il était évident que Miller et Azzarello n'allaient pas la sacrifier.

Dark Knight III: The Master Race #9

DC Comics • Par Brian Azzarello, Frank Miller & Andy Kubert • $4.99
Si DC décide de remettre le couvert pour un quatrième chapitre de Dark Knight, cela sera sans moi ! Miller a beau se moquer de Trump, le message du livre est puant. Et même sans ça, l'histoire n'est pas terrible... Surtout lorsque nous comptons la somme investie (45 euros). De même, pour mes nerfs, je pense que je devrais éviter les prochaines histoires écrites par Miller.