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Dark Nights: Metal #6

Scott Snyder et Greg Capullo finissent ensemble leur immense saga sur Batman et la Justice League dans Dark Nights: Metal #6, avant d'ouvrir le prochain chapitre de la vie de la Ligue. Pourtant, cette conclusion n'était vraiment pas nécessaire, et la saga non plus... Attention, on va spoiler certains points de résolutions de l'intrigue.

Noisybear avait été plus malin que moi en arrêtant de lire la série à son troisième numéro. Même si je suis intimement persuadé qu'il a continué de lire ça en cachette le soir sous la couette en criant parce qu'il déteste, j'avais respecté sa décision, parce que la série était vraiment bas du front. En la comparant à Axis de Marvel, à savoir le pire event à en sortir ces dix dernières années, il avait visé presque juste. En lisant ce dernier numéro, on comprend plutôt qu'on a affaire à un remake de Fear Itself, de Matt Fraction et Stuart Immonen. Mais un remake nul.

Après avoir saccagé la Terre (et massacré des millions de personnes), les Batmen du Dark Universe ont réussi à neutraliser la vraie Ligue, et sont prêts pour briser définitivement notre dimension. Pourtant, des héros et héroïnes continuent de se battre, et certains atouts et alliés surprises pourraient changer la donne... Si vous espériez bêtement que certains actes auraient des conséquences, notamment dans la destruction totale des premiers numéros, oubliez tout: tout est pardonné, tout est apparemment effacé comme par magie, les héros vont mieux, et les méchants disparaissent quasiment tous.

C'est d'autant plus gênant qu'une grosse promotion avait été faite autour des méchants Batmen, et que la plupart disparaissent sans aucun problème. Exit donc ces personnages surpuissants, beaucoup trop pour trouver une conclusion correcte dans un si petit numéro, et tous disparaissent, sauf le plus edgy, qu'on reverra prochainement. Pire encore, les moyens pour résoudre l'intrigue sont lourds et inélégants: en sortant de leurs chapeaux des artefacts magiques qui redonnent foi, vie, et énergie aux héros, les personnages prouvent que toute cette dévastation n'aura servi à rien.

Je sais que je ne suis pas le plus grand spécialiste du DC Univers, très loin de là même, mais le nombre de références à des Crises précédentes, des métaux (mais il y en a combien chez eux ?) ou des héros oubliés est élevé, et je pense que cette série n'est pas forcément faite pour les nouveaux. Si on comprend l'intérêt de chaque personnage et objet dans le schéma narratif ("ça c'est la bombe, lui c'est le détonateur, eux ils ont une arme magique), le name-dropping sans fin casse un peu la lecture, et rend ça plus verbeux que ça n'aurait dû l'être. Il y a quand même des moments funs, notamment dans les combats du vrai Batman, mais tout est mal fichu. Oui c'est fun de voir Batman mettre une patate dans un dragon Joker, mais est-ce que ça fait de Metal une histoire recommandable ? Non.

J'ai vraiment voulu aimer cet event. Déjà parce que j'aime Scott Snyder, un petit amour qui aime son travail et ses personnages, et aussi son lectorat. Mais il ne m'a vraiment pas aidé. J'ai eu l'impression de lire Fear Itself plusieurs années après: les héros brisés reviennent grâce à des armures magiques (certaines qui reprennent même le design de Stuart Immonen), le grand méchant est vaincu et disparaît temporairement, et les cris de ralliement se font toutes les trois pages. J'ai eu du mal à comprendre certaines actions, ce qui donnent un côté un peu ridicule pour moi (se donner la main et faire une prière pour remonter la Terre dans une autre dimension, allô?), et je suis frustré de la fin.

Tout est expédie en cinq secondes, la plupart des principaux point de tension de la saga disparaissent, et on a les dix dernières pages qui sont un teasing éhonté de la suite des séries DC. Si la partie dessinée par Mikael Janin me plait beaucoup grâce à ce qu'elle montre de la Ligue, les doubles pages qui teasent des séries à venir sont lourdes, mal amenées, et sincèrement inutiles. Le numéro avait déjà du mal à se tenir tout seul avec la profusion d'intrigues à résoudre (qu'il ne résout n'importe comment d'ailleurs), mettre ça à la fin alourdit le tout.

Greg Capullo arrive un peu à sauver les meubles, malgré son état de fatigue avancé qui se ressent parfois. Son Joker est toujours incroyablement flippant, les scènes d'action sont incroyables, et l'arrivée de certains personnages vaut le coup. Cela ne sauve malheureusement pas ce numéro, et plus globalement cet event. C'était joli, mais beaucoup indigeste, gras, et inutile au final. Aucune conséquence, aucun enjeu réel finalement, et encore plus de cartes magiques pour gagner que dans un épisode de Yu-Gi-Oh!: c'est dommage.

Dark Nights: Metal #6

DC Comics • Scénario : Scott Snyder - Dessins : Greg Capullo - Encrage : Jonathan Glapion - Couleurs : FCO Plascencia - Lettrage : Steve Wands • $3.99

Scott Snyder peut faire mieux, et il l’a prouvé. C’est encore une saga dont il n’assure pas la conclusion, et malgré quelques idées sympathiques (qui sont à mon avis là dès le stade embryonnaire du projet, et le guident à travers un torrent d’idées consternantes), Dark Nights: Metal ne convainc pas. On aurait pu avoir une grande saga, on a finalement une histoire oubliable, et maladroite.