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Death Vigil #1

Pour de nombreux lecteurs de comics, le nom de Stjepan Sejic est autant associé à l'image un peu beauf de Top Cow (gros muscles et pin-ups à gogo) mais aussi à l'excellente remontée de la série Witchblade lorsqu'il dessinait pour Ron Marz. Le voir naviguer en solo sur une série occulte pas forcément innovante avait de quoi attirer un minimum l'attention.

Récemment, Stjepan Sejic s'était essayé à l'écriture, avec une certaine efficacité, dans le récit d'héroïc-fantasy Ravine, aidé à la plume de son compère Marz. Ici, pour Death Vigil, Sejic s'occupe du scénario et du dessin sans aucune aide. Et ça commence très bien !

Cette nouvelle série se concentre sur les Vigil, les gardiens des morts, chargés de protéger l'âme des défunts des dangers qui peuvent les atteindre, malgré leur trépas, comme les nécromanciens. Chacun à son attirail, ses pouvoirs ou ses alliés (mention spéciale pour le corbeau). Rassurez-vous, on est loin d'avoir en face de nous un clone occidentalisé de Bleach.

Samuel, le personnage principal, est devenu un Vigil sous les ordres de la faucheuse Bernadette après avoir été tué dans un sauvetage héroïque d'une demoiselle en détresse. Une mort qui s'avère bien clichée mais tournée avec assez d'humour pour qu'on pardonne la facilité. Tous deux vont croiser la route d'une jeune femme parfaitement en dehors de toutes ces intrigues occultes, Clara.

Un des problèmes principaux des comics, c'est qu'avec 20 ou 24 pages seulement, il est souvent difficile d'exposer tout l'univers, les enjeux et les protagonistes principaux qui serviront l'intrigue. Death Vigil n'a pas ce problème puisque ce premier numéro en compte 42. Dès lors, le récit se montre généreux, il prend son temps mais ne s'épargne pas quelques scènes d'action. Et avec la patte de Stjepan Sejic, c'est évidemment magnifique.

Il y a évidemment quelques défauts à pointer, comme le déroulement du scénario, assez convenu et manquant de réelles surprises. Les personnages manquent d'une caractérisation forte mais sans doute ne les a-t-on que survolés dans ce numéro. Enfin, et c'est le plus gênant avec une pointure graphique comme Sejic, ça manque cruellement d'audace au niveau du découpage.

Si, de la même manière, les trois dernières pages mystérieuses et le cliffhanger de la dernière page sont dignes du scénario d'un apprenti auteur de comics, elles ont le mérite d'intriguer suffisamment pour souhaiter poursuivre l'aventure. Et à vrai dire, le reste du comic-book donne aussi cette envie !

Death Vigil #1

Top Cow • Par Stjepan Sejic• $3.99
Sous ses dehors classiques et déjà-vu, Death Vigil #1 a le mérite d'être généreux, tant graphiquement que sur la quantité. L'introduction des trois personnages principaux, leur univers et leurs enjeux s'appréhende facilement et promet des aventures aussi rocambolesques qu'occultes. Attendons de voir désormais si Sejic manie aussi bien la plume que le crayon pour faire de Death Vigil plus qu'une énième variation des esprits protecteurs des morts.