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Doomsday Clock #1

Cette semaine a débuté un gros événement qui devrait changé notre perception de l'univers DC Comics. Avec Doomsday Clock, Geoff Johns et Gary Frank sortent une suite au cultissime Watchmen mais dont l'intention affichée est de faire le lien entre les personnages d'Alan Moore et l'univers DC.

L'action démarre 6 ans après les événements qui se sont déroulés dans Watchmen. Le monde a survécu mais semble être dans la même décrépitude qu'avant. Sans trop dévoiler ce qui a pu se passer entre la fin de la maxi-série d'Alan Moore et de Dave Gibbons et maintenant, Geoff Johns emmène un personnage qu'on pensait mort faire évader deux anciens vigilantes, des personnages inédits qui, à l'instar des personnages originaux, sont également des versions détournées des personnages de Charleston Comics.

Il y a des choses qui surprennent lorsque vous connaissez bien l'univers Watchmen mais elles trouvent très vite sens. En tout cas, Johns et Frank ont assimilé l'essence de la série culte en terme de narration avec le découpage en 9 cases par page mais aussi en se souvenant de là d'où viennent les personnages de cet univers.

Ce que j'ai également apprécié c'est que Geoff Johns fait du Geoff Johns et n'essaie en aucun cas de singer Alan Moore. Le récit est maîtrisé et il arrive à ménager les effets de surprise rendant le récit accrocheur alors que, de manière factuelle, il ne se passe pas grand chose. On apprécie sans tout parce que ça se lit très bien, on comprend facilement la situation et que les dessins de Frank sont magnifiques.

Maintenant, pouvons-nous parler de suite de Watchmen ? Très clairement, DC brave l'interdit en offrant une suite à une oeuvre culte pour satisfaire celles et ceux qui l'attendent. Je n'ai jamais considéré qu'une œuvre que j'ai adoré devait conduire nécessairement à une suite, encore moins lorsque celle-ci n'est pas entre les mains de celles et ceux qui nous ont raconté l'originale. Finalement, c'est DC qui me l'a fait constater en proposant une suite (puis une autre) à Dark Knight Returns. En aucun cas, cela m'a gâché les lectures de l'œuvre originale mais nous sommes en droit de nous demander pourquoi proposer des pseudo-suites pour raconter autre chose et avec moins de talent.

En s'arrêtant à ce premier épisode, j'ai l'impression que Geoff Johns s'est posé la question et qu'il a envie de se détacher du monde de Moore et de Gibbons en proposant ce qui pourrait être un monde parallèle. En tout cas, il n'a pas l'air de toucher à ce qui est acquis mais, je pense qu'à l'instar de Before Watchmen, il s'agit du cap à ne pas franchir.

Le fait est qu'il est difficile d'assimiler ce que nous lisons ici à l'univers de Watchmen dans le sens où la finalité est de faire le lien entre cet univers et celui de DC alors que Moore souhaitait absolument ne pas faire une histoire de super-héro•ïne•s traditionnelle ; il voulait montrer des personnages sombres et montrer comment ça serait défaillant et dangereux. Ce qui est drôle c'est que Jim Lee a clairement injecté cet aspect grim'n gritty à DC devenant tout ce que critiquait Moore à l'époque et voir que les fondations de cela seraient liées à Watchmen, c'est finalement assez ironique.

Doomsday Clock #1

DC Comics • "That Annihilated Place" • Scénario : Geoff Johns - Dessins : Gary Frank - Couleurs : Brad Anderson - Lettrage : Rob Leigh • $4.99

Si la lecture de ce premier épisode est plus que plaisante,  nous sommes tout de même  en droit de nous poser – sans vilain jeu de mots – la question même de l’existence d’un tel projet. DC me force presque la main de lire ce qui s’apparente à la suite de Watchmen, reniant certaines de mes convictions parce qu’il me promet aussi de reforger son univers. Impossible pour le moment de savoir où ça va mais j’espère que ça vaut véritablement le coup.

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