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Doomsday Clock #5

Le titre événement de DC Comics est bel et bien Doomsday Clock, la maxi-série de Geoff Johns et Gary Frank : il a pour but de refaçonner cet univers de manière profonde. Ce cinquième épisode ne nous explique pas comment mais nous découvrons que les changements touchent absolument tout le monde.

Sur mes critiques de Dark Nights: Metal et de ses prologues, je reprochais au scénariste, Scott Snyder, d'user et d'abuser de références. Tel un gamin qui découvre une boîte à outils, il sortait tous les instruments un à un pour crier leurs noms puis les reposait ne sachant pas trop quoi en faire ou à quoi ils servent. Je trouvais ça pénible de lire autant de références de manière si vaine, surtout qu'elle était accompagnée d'une impression un peu lourde que le scénariste ne voulait pas utiliser le folklore de DC pour raconter des choses mais pour simplement se les approprier en se fichant pas mal de ce que cela impliquerait.

Geoff Johns a une toute autre méthodologie : il sort délicatement chaque outil, les place correctement et, dès, qu'il se sent prêt, il lance la machine et c'est au lecteur de se rendre compte que l'outil ici était un tournevis et l'autre là-bas une clef à molette. Clairement, la lecture reste pour le moins imperméable à quiconque qui ne connait pas bien le DC Universe mais, je trouve plaisant de voir cette machine prendre forme, et surtout elle est valorisante lorsqu'on arrive à reconstituer certaines pièces du puzzle. En plus, l'utilisation de personnages comme Firestorm est intelligente servant à la fois le trame scénaristique, desservant les super-héroïnes et les super-héros et créant un discours presque méta. C'est joliment trouvé.

Mais, si j'apprécie tant ce cinquième numéro c'est aussi parce que le scénariste ne prétend plus de raconter la suite de Watchmen, sortant du carcan dans lequel il s'est mis lui-même ; Doomsday Clock devient donc une histoire avec les personnages de Watchmen et cela fait une nette différence. Johns conserve tout de même la mise en page réputée de 9 cases par page et le conflit politique mais il nous sert avec tout cela quelque chose qui est lui est propre.

Et puis, Doomsday Clock s'installe dans une continuité celle que Johns aurait entamé avec Flashpoint. En tout cas, en retrouvant Lex Luthor nous retrouvons le personnage tel que le scénariste l'écrivait dans Forever Evil et Justice League, l'ellipse temporelle renforçant même la colère qui anime le personnage.

Nous ne sommes malheureusement pas près de découvrir la suite des événements. Johns et DC ont annoncé préférer laisser du temps à Gary Frank de dessiner afin qu'il soit l'unique artiste du livre. Je trouve ça très honorable de la part de l'éditeur même si j'aurais bien envie de découvrir la suite le plus rapidement possible.

Doomsday Clock #5

DC Comics • Scénario : Geoff Johns - Dessins : Gary Frank - Couleurs : Brad Anderson - Lettrage : Rob Leigh • $4.99

Jusque-là, Doomsday Clock était surtout un joli exercice de style qui était étouffé par ses ambitions initiales mais, avec ce numéro, Johns montre que cela n’était qu’une mise en place, que des choses plus qu’intéressantes en sortent. C’est très solide et rassure sur l’intérêt global de la maxi-série. Vivement la suite !

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