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Forever Evil #1

Le mois dernier se terminait le cross-over Trinity War dans les pages de Justice League #23. Et Geoff Johns a fait du Geoff Johns. C’est à dire que plutôt de terminer son histoire, la fin de Trinity War ouvre un nouveau chapitre. Ou plutôt DES nouveaux chapitres. Et, devinez quoi ? Forever Evil en fait parti. Et là encore, Johns ne change pas ses habitudes dans son style narratif. Et c’est tant mieux ! C’est fluide et pourtant il se passe pas mal de choses. Très rapidement, Johns impose le ton de cet event et nous offre une premier numéro plutôt sympathique.

Le monde est au plus mal. Il semble qu’une guerre a dévasté le monde depuis l’arrivée du Crime Syndicate à la fin de Trinity War. Et c’est là où réside l’intelligence du récit. Il y a une ellipse entre la fin de Justice League #23 et Forever Evil #1. Le mystère est complet sur ce qui c’est passé réellement entre les deux épisodes. La seule chose que l’on apprend c’est que la Justice League est tombée. Bien sûr, nous, lecteurs, on y croit pas mais on sent que la foule de super-vilains y croit. Et c’est ça qui importe ! Mais l’épisode ne repose pas que sur ça. Il y a un passage choc qui risque d’avoir de grosses retombées à court terme sur Nightwing et, par répercutions, sur les autres titres de la Bat-Family. Ou pas. Vu le contexte – et sans utiliser Mephisto, un revirement de situation est possible. En tout cas, sur ce point, Johns a un plan et j’ai hâte de voir où il nous emmène avec ça.

S’il y a trois choses regrettables, elles ne sont pas liées à l’épisode en lui-même mais plutôt aux choses qui l’entourent. La première chose c’est la communication autour de Forever Evil. DC tenait le bon bout nous laissant croire qu’on allait lire un Dark Reign façon Justice League (alors qu’on est plus proche d’un Civil War en apparence). L’éditeur nous a gâché la surprise parce que l’épisode est construit autour d’un twist révélé à la presse deux semaines avant par Geoff Johns lui-même. La seconde chose, plus problématique mais symptomatique de DC, c’est le coté nombriliste du titre. Ça donne presque l’impression qu’il y a le monde DC créé par Geoff Johns et les autres titres (qui eux ne se soucient pas de ce que se passe forcément dans les autres titres, comme le Batman de Snyder par exemple). On l’avait déjà constaté sur Justice League Of America où le scénariste mettait à la benne le travail qu’avait été fait sur le titre solo Hawkman ou lorsqu’il repose son climax sur la mort d’un personnage dont le titre solo n’est pas affecté par le dit épisode. Bien sûr, on imagine mal que la série Nightwing (et indirectement Batgirl) ne soi(en)t pas affecté par le point choc de l’épisode. Mais ce constat repose sur le concept de « la League est tombée, vous n’avez plus d’avenir ». On nous montre bien les Teen Titans (la League junior) mais c’est tout. Où sont les StormWatch (dont faisait parti Martian Manhunter) ? Ou les Outlaws ? Et les sidekicks qui n’ont pas d’équipe ? Ou les proches de héros comme Mera ? Bref que Luthor forme la résistance pourquoi pas... Ça se tient même. Mais accompagné par les malfrats, on va dire que cet acte désespéré ne me semble pas tenir debout. Enfin, en parlant de Luthor, je trouve que le personnage sonne plus comme le personnage d’avant Flashpoint que celui des New 52. C’est peut-être une idée que je me fais mais les rapports entre les « nouveaux » Superman et Luthor ont toujours été moins cordiaux et respectueux que par le passé.

Point de vue graphique, je suis allergique aux traits de David Finch. Et je trouve que, quelque part, il gâche le travail de Johns qui joue avec l’ambiguïté des personnages (est-ce Superman ou Ultraman ?). Ici, on sait toujours qui est qui. Mais étrangement, cette force qu’il a sur ce épisode au casting important, est un défaut sur les passages où le scénariste veut jouer avec cette ambiguïté. Ensuite, pour le cadrage et la mise en forme, on reconnait pas la direction que Geoff Johns aime donner à ses dessinateurs. Si vous aimez Finch, je pense que vous ne serez pas déçus. Perso, je l’ai trouvé moins atroce que sur New Avengers par exemple.

Article originellement publié sur Comics Chronicles

forever-evil-1-cv1Forever Evil #1

DC Comics • Par Geoff Johns & David Finch • $3.99
Ce premier épisode est de bonne facture. On sent que Geoff Johns nous réserve une histoire épique et les mystères sont assez bien mis en place pour donner envie de découvrir la suite. Petit bémol concernant le destin de Nightwing qui est un pari risqué de la part de DC.