The Mighty Blog

Old Man Logan #18

Départ de Sorrentino, Déluge d’émotions

Conclusion de l’arc en apesanteur de la série Old Man Logan. Une descente en enfer brillamment réalisée par Jeff Lemire, Andrea Sorrentino et Marcelo Maiolo.

Comment Logan s’est-il retrouvé dans ce pétrin ? Puck a lancé un appel d’urgence depuis l’espace, Logan s’est précipité munis d’une combinaison spatiale et de ses griffes aiguisées, le mutant a tranché de très vilaines bestioles extraterrestres, il s’est vu en même temps physiquement fracturé dans deux lieux différents, il a souffert de ce phénomène extrêmement troublant et, enfin, il a puisé dans toutes ses forces et dans sa poignée de lucidité pour se frayer un chemin vers la source du problème, qui se révélait être un visage très familier. Dans ce dix-huitième numéro de la série, notre griffu affaibli doit donc neutraliser cette menace tout en se préparant à plonger dans un voyage infernal...

Je ne sais pas ce que mange Jeff Lemire au petit déjeuner (du lion pimenté ?) mais, vraiment, il ne relâche jamais l’accélérateur et tend constamment à faire plus, à bousculer les choses, à remuer le couteau dans la plaie douloureuse de notre pauvre mutant. Et c’est proportionnel avec notre niveau de plaisir en tant que lecteur : plus Lemire fait souffrir Logan, plus le numéro est savoureux. Et on atteint ici des sommets en terme de sadisme avec un Logan confronté à des visions extrêmement horrifiantes. Des fantômes errants du passé lui criant à la gueule que c’est sa faute, que c’est un monstre sanguinaire, qu’il est très loin de porter le costume de héros. Un voyage apocalyptique brisant le mutant, le faisant énormément culpabiliser et le remettant surtout en question. Ce moment est bouleversant pour Logan et conduit à une grosse évolution chez le personnage désormais tourné vers un nouvel objectif surprenant.

De l'ingéniosité, de l'énergie, de l'audace, de l'ingéniosité, de l'énergie, de l'audace... Ça tourne en rond dans ma tête quand je revois les planches de l'incroyable Sorrentino. De la séquentialité des mouvements à l’inclusion d’ornements façon tableau en passant par un usage dément du point de vue subjectif (cette planche là est génialement glaçante), l’artiste rend honneur au récit de son collègue en déployant un storytelling à couper le souffle. Il apporte le grain de folie nécessaire pour vraiment transporter le lecteur et le rendre euphorique. C’est simple : Sorrentino nous fait penser de porter un bavoir avant d’entamer un de ses travaux. Marcelo Maiolo fait toujours un très bon boulot au niveau de la colorisation en apportant des teintes bouillantes pour renforcer cette traversée sanglante, mais je voudrais terminer cette partie en disant un grand merci à Andrea Sorrentino, merci pour m'avoir fait voyager avec tes somptueuses planches brutalisant notre bon vieux Logan.

Old Man Logan #18

Marvel Comics • Par Jeff Lemire & Andrea Sorrentino • $3.99
Quel final bouleversant pour cet arc ! Cela donnait presque envie de se planter les griffes dans les yeux tellement c’était horrifiant, glauque et asphyxiant pour notre mutant préféré. On s’approche petit à petit de la fin de la série, Jeff Lemire prépare sans doute un beau bouquet final mais ne se relâche pas pour autant en continuant de malmener Logan. Par contre, Andrea Sorrentino tire sa révérence, ceci avec total respect et grande classe. Chapeau l’artiste.