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Old Man Logan #2

Brian Michael Bendis et Andrea Sorrentino nous ramène Old Man Logan, le héros déchu qui doit vivre avec la mort de ses familles sur la conscience. Mais le scénariste ne veut pas nous raconter une simple suite mais profiter pleinement de Secret Wars afin de... Eh bien, on ne sait pas  quel est son but, justement.

Logan vit dans les Wastelands, l'une des Warzone du Battleworld créé par Doom. Il a décidé de faire du monde, un monde meilleur. Mais, il n'est plus le héros d'antan et il refuse de l'être. Enfin, au fond lui, il souhaiterait le redevenir. C'est pour ça, qu'il décide de franchir le mur qui sépare sa warzone d'une autre afin d'enquêter sur une tête d'Ultron qu'il a trouvé au pied du mur qui sépare son monde d'un autre.

Bendis décide donc de faire braver l'interdit à son héros, lui, qui ne se l'est jamais interdit auparavant. C'est surtout la motivation qui le pousse à franchir le mur qui est forte. Il essaie de sauver un monde qui refuse de l'être et, je pense, qu'il veut voir s'il ne peut pas être utile ailleurs.

Mais la série se transforme radicalement en autre chose. Il y a toujours le rythme que Bendis impose qui s'accélère avant de se calmer lorsque Emma Frost apparaît dans ses pensées avant que le rythme s'accélère crescendo jusqu'au cliffhanger. C'est d'ailleurs l'une de ces techniques qui démontre que le scénariste est très bon dans ce qu'il fait et qui le démarque.

Par contre, la chose qui est agaçante chez lui - et problématique pour les critiques qui, comme moi, veulent chroniquer ses épisodes mensuels - c'est sa manière de penser ses histoires pour le format album. Il y a une sensation de vide dérangeante parce qu'il manque la globalité de l'histoire. Attention, il s'en passe des choses. Il rencontre une Thor étrange - qui n'est pas Storm - puis il rencontre les habitants de l'autre côté du mur.

L'idée de faire de Logan un baroudeur est plutôt très bonne et le confronter à une autre facette de sa propre histoire. Mais cela rappelle - et là les gens vont hurler - Age of Ultron. C'est exactement la même technique qu'emploie Bendis en emmenant les personnages dans autre chose que ce qui est attendu afin de les confronter au problème initial et qu'il prenne une décision par rapport à ce qu'ils ont vécu. Sincèrement, en album, Age of Ultron est très bien. Il ne s'agit pas de la meilleure histoire de Bendis et encore moins de celle des Avengers face à Ultron mais le rythme de Bendis et la manière dont il construit son histoire rend le tout passionnant à la lecture. Alors qu'en format mensuel cela semble plutôt déconstruit. Et, là, on a la même sensation.

Dommage, cette idée de faire sortir Old Man Logan du monde de Millar et le mettre face à autre chose est une très bonne idée mais il est impossible de savoir pourquoi et il faudra attendre certainement le dernier épisode de la série afin de comprendre pourquoi Bendis a fait tout ça.

Andrea Sorrentino et Marcelo Maiolo font des ravages. Clairement, le travail du dessinateur italien est indissociable de celui de son coloriste. Je serais intrigué de voir justement l'un sans l'autre. En tout cas, l'alchimie est palpable. Souvent lorsqu'on constate ce genre de travail c'est lorsque le dessinateur fait lui-même ses couleurs - je pense notamment à Chris Bachalo ou à Paul Renaud. Mais là les deux travaillent au diapason et savent ce qu'ils veulent faire ensemble.

Old-Man-Logan-002-CoverOld Man Logan #2

Marvel Comics • Par Brian Michael Bendis, Andrea Sorrentino & Marcelo Maiolo • $3.99
On va être patient et on va attendre l'album pour juger l'histoire. Au moins, ça a le mérite d'être intriguant, d'avoir de bonnes idées et d'être sublimement mis en images.