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Old Man Logan #4

Brian Michael Bendis et Andrea Sorrentino envoient le Old Man Logan mourir au fin fond du Battleworld créé pour Secret Wars. Personne n'en réchappe vivant. Normalement...

Il y a quelque chose chez Bendis qui m'insupporte, sa tendance à n'écrire qu'à moitié des histoires vides, laissant des dialogues paresseux et des intrigues molles faire le reste. J'ai détesté ses Guardians of Knowhere, et certains numéros de sa saga sur les mutants, mais ici, il me met une claque à chaque fois avec Old Man Logan.

Pourtant, c'est tout ce que je reprochais à Bendis à la base. Dans ce numéro, il ne se passe rien ou presque. Je vais spoiler le numéro, mais en gros, Logan est envoyé dans les Deadlands du Battleworld, territoire peuplé de zombies, pour y être dévoré. Il va se battre, et c'est quasiment la seule action du numéro. Même la page finale n'avance pas énormément, et reste sur la même structure que depuis le début de la série.

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Alors pourquoi ça marche ? Je déteste les Gardiens parce que rien ne bouge, et là c'est pareil ! C'est difficile à expliquer, mais Bendis a finalement tout gagné avec cette série. Il a un des meilleurs artistes du moment, et un pitch en or : Old Man Logan, le Wolverine le plus cool de la décennie, est un personnage au background déjà installé avec brio par Mark Millar, et là, il le met dans des situations dingues. Après trois numéros d'exploration du Battleworld, l'auteur remet ça avec l'exploration des Terres Mortes, avant de finir de la même manière dans le dernier chapitre.

Pourtant, ça marche, à un point proche de l'indécence. Bendis écrit très peu dans ce numéro, que ce soit des dialogues ou de la narration par Logan, et pourtant, c'est grandiose. Son Logan est viscéral, puissant et sauvage, et fait vraiment plaisir à lire. Son combat désespéré est hallucinant, avec notamment certaines des meilleures scènes de violence de l'année, et la résolution est plutôt bien amenée, même si elle reste facile.

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Andrea Sorrentino fait le plus gros du boulot sur ce numéro, et gère avec un talent ahurissant le script bien maigre de Bendis. Ses pages sont violentes, sanglantes, brutales, mais toujours avec une beauté fascinante. Il découpe ses splash pages en petite case, pour mieux enfermer son héros, et recentre toute l'action de son point de vue. La violence des combats est parfaitement traduite, et on en prend plein la tête. La fin, avec la chute de Logan dessinée de son point de vue, est une petite merveille à elle seule.

Du coup, le numéro se finit comme les trois précédents, et on ne sera pas plus avancé sur les mystères du nouveau monde de Logan. Si ça avait été n'importe quelle autre série, j'aurais hurlé, mais là, je ne peux rien dire de mal. C'en est au stade où c'est tellement beau que sur ce numéro où il ne se passe rien, j'ai quand même salement adoré. C'est le plaisir coupable poussé à son paroxysme, la lecture vide mais tellement parfaite qu'on ne peut qu'aimer.

Old Man Logan (2015-) 004-000Old Man Logan #4

Marvel Comics • Par Brian Michael Bendis & Andrea Sorrentino • $3.99
Ca ne devrait pas fonctionner, mais l'union de Bendis et de Sorrentino fait des merveilles, et c'est peu dire. L'auteur a un artiste au talent fou, et le numéro est insolent de réussite. Une des énormes claques de l'event.