The Mighty Blog

Reviews Express

New Avengers #33 / Avengers #44

Fin de l'immense saga de Jonathan Hickman sur les séries Avengers, juste à temps pour Secret Wars. Tout espoir est perdu, les héros sont brisés, et la fin est là. Hickman détruit l'univers Marvel, aidé par Deodato, Caselli, et Walker...

Il m'est impossible de parler de ces épisodes sans spoiler certains détails de Time Runs Out, tellement ils sont denses, et la conclusion de choses amenées depuis les premiers numéros de chaque série. On retrouve dans ces deux numéros la suite de l'histoire liée à Doom, parti détruire les Beyonders avec le Molecule Man, ainsi que la confrontation finale sur Terre. D'un côté, les Avengers contre la Force Galactique qui veut détruire la planète, et de l'autre, Steve Rogers qui retrouve Tony Stark pour une dernière confrontation... Tout doit mourir.

New Avengers 033-000aNew Avengers #33

Marvel Comics • Par Jonathan Hickman & Mike Deodato • $3.99
On avait laissé Strange, Doom, et Molecule Man sur un mystère : comment le Dictateur Latvérien en était arrivé à mener un culte qui luttait contre la destruction de chaque univers. C'est donc ce sur quoi est basé ce numéro, qui est une lecture relativement complexe. Je n'ai jamais eu de problème sur les Avengers d'Hickman, mais j'ai eu besoin de deux tentatives pour bien tout saisir.

On comprend donc pourquoi Doom est devenu Rabum Alal, et même après l'explication, il reste énormément de zones d'ombre. Comme toujours chez l'auteur, on a ce côté "Deus Ex Machina", cet impératif forcé sur le lecteur, qui permet de tout expliquer par magie. Ici, le rôle de Molecule Man, amené à la dernière minute dans la saga, est expliqué, mais reste quand même un peu absurde. On nous annonce ce qui doit lui arriver, et c'est tout. C'est dommage, mais c'est toujours ainsi avec l'auteur...

Par contre, la mise en scène est grandiose. On comprend le parcours de Doom sur ces dernières années, la formation des Swans, et c'est plutôt logique au final. Je regrette que Doom n'ait pas eu un rôle plus développé sur la longueur dans le run, surtout après avoir relu la saga FF de l'auteur, mais ça marche quand même. Doom dégage une puissance et une prestance comme jamais, et la mise en scène de Deodato est grandiose dans les dernières pages.

L'artiste se fait plaisir pour la rencontre finale entre Doom et les Beyonders, et livre un travail impeccable tout du long. C'est un peu facile sur certaines pages, vu qu'il reprend carrément des cases, mais ce n'est pas gênant à la lecture. Par contre, Hickman grille une de ses dernières cartes pour Time Runs Out, et finit d'installer la menace finale, les Beyonders. C'est très réussi, et on ouvre le dernier numéro d'Avengers impatient.

Avengers (2012-2015) 044-000Avengers #44

Marvel Comics • Par Jonathan Hickman, Stefano Caselli, Kev Walker • $3.99
Le numéro commence donc par un flashback qu'on attendait, la dernière discussion posée entre Stark et Rogers. Bien évidemment, ça ne marche pas, et on se retrouve dans le présent pour voir comment les héros de la Terre s'en sortent.

C'était peut-être trop demander du dernier numéro, mais j'aurais aimé avoir plus de réponses concernant ce qu'il s'est passé durant les huit mois de Time Runs Out. Il y a énormément de mystères non résolus (le bras d'Hawkeye, le sort de Franklin Richards), mais encore une fois, il faut se laisser porter par l'auteur. Comme pour le numéro au-dessus, il finit de détruire l'univers qu'il a patiemment mis en place depuis 43 numéros, et massacre une bonne partie de l'univers Marvel sans aucune pitié.Sans titre

Toutes ces actions font beaucoup trop penser à un retour au status quo précédent après Secret Wars, tant la situation n'est même plus désespérée, mais littéralement apocalyptique. Pour ce dernier numéro, qui est à mon avis un des plus réussis du run, les menaces viennent de partout, et la mise en scène est absolument dingue. Le speech de Thanos sur l'univers 616 est glaçant, les décisions de l'univers Ultimate sont dramatiques, mais c'est surtout la confrontation finale entre les deux amis, héros, et ennemis, qui en jette un maximum.

Kev Walker ne plaît pas à tout le monde (y compris à Noisy), ses visages m'énervent parfois, mais je trouve qu'ici, la bataille finale a une violence brute, presque animale, qui traduit bien la rancœur des deux hommes (même si on le sait tous, Steve Rogers n'est qu'un hypocrite #TonyWasRight). Stefano Caselli dessine la partie centrale du numéro, et comme toujours avec lui, c'est parfaitement réussi, et très propre dans l'ensemble.Sans titre

On referme ces deux numéros en étant plus qu'impatient d'enfin lire Secret Wars, mais aussi inquiet pour la suite. Hickman a méticuleusement détruit tout la mythologie Marvel, ou en tous cas une bonne partie. C'est ce sens du désespoir, de l'urgence et de l'horreur qui fait tout le sel de ses séries, et il nous en fait là une démonstration fascinante. Conclusion brillante à un run brillant, ces deux numéros sont l'ouverture parfaite à un event qui se devra d'être gigantesque pour satisfaire nos attentes.

 Avengers (2012-2015) 044-001